Monday, March 8, 2010
une société de l'asservissement panoptique : voulons-nous vivre dans un monde de "rats" ?
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L'asservissement panoptique est un procédé aussi vieux que le monde, et il peut se passer de satellites, même s'il s'en sert parfois.
Il vise à contrôler, contraindre, entraver et asservir autrui par la surveillance visuelle, quasiment en continu et si possible de manière maladroite. Et il est fondé sur une fausse éthique ou même un mépris total de toute morale, et bien entendu des libertés fondamentales qu'il foule rageusement au pied.
Il se connecte très souvent à un maillage très serré par quartier, vieille méthode issue du Moyen-Age, notamment en France. Il n'est donc nullement l'apanage des dictatures ou oligarchies identifiées comme telles.
Quelle est la légitimité de cette méthode ? Très franchement aucune, sinon à la base, un besoin et un souci maladif de l'autre. Car il faut franchement n'avoir rien d'autre à faire pour la pratiquer jour après jour.
Au travail, on peut considérer que les personnes dont ce n'est pas le métier et qui passent leur temps à faire ça, pour elles-mêmes, mais le plus souvent sur ordre, volent littéralement ce temps sur leur temps de travail non effectif. Peut-être tout simplement, leur vrai travail les ennuie-elles, ou le méprisent-elles profondément, pour avoir un besoin irrépressible de ce dérivatif facile, peu honorable et glauque.
Et la pause-cigarette ou "crapottage" prolongée sera souvent l'occasion rêvée d'accomplir cette "fonction" moucharde miteuse. Il faut cependant dire qu'il peut y avoir des "heures sup'" après le travail ou les jours non ouvrables, pour ces personnes qui n'ont aucune vie personnelle ou la trouvent si vide et inutile.
Mais au royaume de la punaise et du cafard, rien n'est trop laid, pour survivre de façon "blafarde".
Cette société sans âme est l'héritière de celle des sombres années 40, où entre deux et trois millions de "bons français ou de bonnes françaises" dénonçèrent allègrement les compatriotes qui avaient l'insigne malheur de les côtoyer ou de les connaître.
Impuissantes dans leur vie, ces personnes ont des pulsions de "tueuses ou de prédatrices de l'ombre", même si le plus souvent elles sont particulièrement visibles à la lueur du soleil : tout le monde ne peut pas être doué.
Cachées dans les angles morts, elles ont des destins de "coins de rue", car elles affectionnent les carrefours, telle la cruelle Hécate à triple tête de lion, de chien et de jument sur un corps de femme de l'antiquité grecque.
Elles souffrent d'"espionnite aiguë" toutes ces personnes qui ne seront jamais Octopussy, ni James Bond.
Et l'on se plaît parfois à rêver d'un vrai retour de la Guerre Froide, "façon" John le Carré, pour qu'elles aient enfin à prendre quelques risques, et à frémir un peu dans leur activité malsaine, ou en allant se coucher.
Car nous vivons malheureusement tous dans une société profondément grincheuse et malade, à la "Tatie Danielle". L'excès de sécurité provoque souvent la plus grande insécurité, un malaise diffus mais non moins réel, et un stress volcanique à provoquer des chaînes d'infarctus du myocarde.
Cette fausse société de la performance pourrit et gâte tout ce qu'elle touche. Elle cherche pernicieusement à "délégitimer" les droits de chacun en nous opposant les uns aux autres. Elle est délétère, sans espoir, et sans avenir.
Son leitmotiv réel est la ségrégation masquée derrière les mots doubles de la "langue de coton", ou les paroles brutales et trompeuses des adeptes du "parler vrai" !
Elle débouche sur l'"apartheid" douloureux et démentiel subi par une partie grandissante de la population, et ce quelle que soit son origine, sa religion, sa couleur, ou même ce qui est de plus en plus "toqué", sa classe sociale quelle qu'elle soit - tant on a tendance à baigner dans un absurde monde de "rats".
Peut-on décemment souhaiter que ce type de société perdure ?
Non, il ne saurait en être question ! Pouah, quelle horreur !
Quelqu'un doit enfin avoir le courage de dire "stop !", et de proclamer souverainement que c'est terminé désormais !
Car cette société "qui marche sur la tête" doit irrémédiablement disparaître, pour laisser place à quelque chose de meilleur, de plus équilibré et de plus sain. C'est l'intérêt de tous et de toutes.
Il y en a marre de cette société de médiocres où les plus minables se font passer pour des "anti-héros" ou des "anti-héroïnes", et squattent les meilleures places, parce qu'ils sont des adeptes de la "peau de banane" sur laquelle ils glissent parfois eux-mêmes inopinément.
Ils ne sont tout simplement rien, point : décidons-le une bonne fois tous ensemble, par Saint Denis et par Saint Jean !
Thursday, March 4, 2010
Eloge d'une solitude finalement acceptée : sur un fleuve étincelant de sérénité malgré tout !
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Perdre un être cher, c'est également perdre une partie de soi-même.
On y est souvent attaché au-delà même de ce qu'on aurait pu concevoir, par delà le temps et l'espace. Mais ce n'est pas si surprenant, dès l'instant où on l'avait pressenti au premier regard.
Tout le monde n'a pas la chance d'avoir rencontré son âme-soeur en cette vie. Et quand on a eu cet incroyable don de Dieu, ou des dieux, on sait en apprécier toutes les saveurs, grâce à la puissance d'évocation des souvenirs. Il est difficile d'expliquer cela aux partisans de la "Bobo life" (vie bourgeoise), tenants d'une vie de "posture" préécrite, quelque peu "m'as tu vu ?", politiquement correcte et "friquée", eux les "futur(e)s oublié(e)s" de l'histoire.
Mais ce n'est que justice, puisque ces gens pensent à tort, de façon un peu hâtive, que personne n'est irremplaçable. Or sans s'en rendre compte, ils se contemplent dans un miroir usé, en citant à l'envi et hors de son contexte parlementaire la phrase de Georges Clémenceau (1841-1929), devenue "un lieu commun".
Pour paraphraser Bouddha (VIème siècle av. J.-C.), autant il est dur de vivre sans ceux ou celles qu'on a aimés, autant il est préférable de ne pas choisir de vivre avec ceux ou celles que l'on n'aime pas. On évite ainsi de faire des efforts vains et de se rendre malheureux pour une personne égoïste, froide et distante, ou encore toujours absente ou "indisponible" quand nous avons besoin d'elle.
Et surtout, on finit par se rendre compte qu'il est tout de même possible de réédifier son bonheur sur le souvenir des merveilleux instants restés intacts dans notre esprit. En même temps, on peut rendre un hommage renouvelé à une personne qui le méritait vraiment, et dont on peut parfois arriver à sentir la présence amicale.
De cette manière, l'amour que nous avons éprouvé peut traverser le néant et s'imposer à lui, pour acquérir une dimension d'éternité. Il devient alors un trésor intime dont nul(le) ne peut nous priver, parce que totalement immatériel et impalpable. Ainsi, notre être n'est plus jamais seul, et ne passe pas à côté d'un bonheur serein sans le voir.
C'est mille fois mieux que d'avoir à supporter une nouvelle personne lunatique qui ne sait rien faire de ses dix doigts, et se donne des faux airs d'intellectuelle, comme on en trouve tant ici. On voit tellement de ces personnes "précocement âgées", dont certaines commencent à avoir des cheveux blancs à 25 ou 26 ans - et les maux qui vont avec !
Elles hésitent sur tout, parce qu'elles ne peuvent se référer à rien de solide. Il leur faut "dix ans" pour prendre une décision et s'y tenir.
Et elles ne sont même pas sûres d'avoir pris la bonne, tant elles sont ballotées par les attentes de la famille, de leur entourage qui ne veut soit-disant que leur bien, ou encore d'"unetelle" ou d"'untel", en émettant les grands "Pffou ! Pffou!..." d'un insoutenable effort. Car l'aspiration à la "Bobo life", peut plus ou moins rapidement se transformer en une vie de carcan étouffante : l'exténuante "Pffou!!! life".
Si elles devaient assurer la renaissance quotidienne du soleil, comme Eôs (la déesse de l'Aurore) aux doigts de rose, dans la mythologie religieuse grecque, il y aurait un risque pour l'humanité de rester plongée dans le noir plus que nécessaire.
Eôs, fille du Titan Hypérion et de la Titanide Théia, était en effet la soeur d'Hélios (le Soleil) et de Séléné (la Lune ), selon la "Théogonie" d'Hésiode datant de 371 avant Jésus-Christ. Elle s'était attirée la colère d'Aphrodite (Vénus), parce qu'elle avait dormi avec Arès (Mars).
Bien qu'elle fut mariée à Astraeos, elle fit de nombreuses conquêtes amoureuses. Et après avoir connu Ganymède (le Verseau), elle s'amouracha de Tithonos - ou Tithon -, le fameux prince royal de Troie qui fonda par la suite la ville de Suse en Assyrie, devenue notamment célèbre pour ses mariages mixtes alexandrins.
Il est dit que la belle Eôs, après sa course quotidienne pour ramener le soleil sur le monde, était pressée lorsqu'arrivait le crépuscule, de venir s'allonger et se blottir auprès de Tithon, bien que sa barbe ait blanchi. Et elle restait près de lui jusqu'au petit matin désolée de devoir repartir pour accomplir son devoir en tant que l'"Aurore".
Elle est souvent représentée sur des vases grecs poursuivant de ses assiduités et de son désir Tithon, "le rhapsodiste" de la lyre, qui semble curieusement réticent. Cela ne les empêcha pas, à dire vrai, d'avoir deux enfants (des garçons), Aemathion et Memnon.
Monday, March 1, 2010
Thalestris, la Royale Amazone, et Alexandre, le Macédonien Invincible II : retour vers un futur improbable !
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Que pourrait faire de nos jours, Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.), s'il lui était possible de revenir d'entre les morts ?
Resterait-il le macédonien invincible, ou sombrerait-il dans l'oubli de la banalité ambiante ? Pourrait-il faire le pont entre l'Occident et l'Orient pour établir une paix durable et juste en Afghanistan et en Iraq (sur lesquels il régna), ou permettre d'établir enfin un dialogue qui ne soit pas "de sourds" avec l'Iran (dont il a été le Shah) ?
En tout cas, il est probable qu'il retrouverait intacte l'admiration, mêlée de fascination, de ces peuples qui célèbrent encore la mémoire du grand "Iskander".
Alexandre, le disciple d'Aristote "le stagirite" (384-322 av. J.-C.), son précepteur, ne serait sans doute pas complètement dépassé par la modernité. Lui qui fut à la pointe du progrès de son temps, avec ses géographes de campagnes, et se montra un précurseur de l'ouverture aux autres cultures (il se maria avec Roxanne - "la lumineuse" - de Sogdiane selon les rites perses), par le biais de sa politique de tolérance religieuse et de mariages mixtes, pourrait se trouver fort à l'aise en notre temps.
N'oublions pas qu'il fit rayonner la culture grecque sur le monde plus par la fusion, l'acceptation et le ralliement que par la simple soumission, comme jamais personne avant lui ni même après lui !
Dans un précédent article du 29 janvier 2010, nous avons renouvelé la question inédite de la rencontre amoureuse de Thalestris, dernière reine des Amazones, et d'Alexandre le Grand en Hyrcanie (330 av. J.-C.), notamment rapportée par le grand historien romain du Ier siècle avant Jésus Christ, Quintus Curtius.
Nous avons incidemment abordé la question de la survivance de sa descendance. Précisons ici que son fils posthume, Alexandre Aigos né en 323 avant Jésus Christ, et qui devint l'éphémère Alexandre IV de Macédoine, fut mis à mort à Amphipolis (cité grecque de Macédoine orientale) avec sa mère Roxanne sur ordre de Cassandre de Macédoine, fils du général Antipater, douze ans plus tard. Et l'existence cachée des faux jumeaux de Thalestris, sonnait comme un demi-échec pour la politique d'élimination systématique des héritiers d'Alexandre le Grand menée par une partie de ses "diadoques".
Egalement, nous avons fait mention de l'acheminement tout à fait épique du petit "Vania" (c'est-à-dire Jean en français), à l'âge de 5 ans en Gaule (donc vers 324 av. J.-C.), et du rôle bénéfique joué pour sa survie et celle de sa descendance par l'aspect légendaire volontairement donné aux Amazones, pourtant bien réelles.
Cette légende a perduré jusqu'à ce qu'on lui donne un nouvel éclairage, puisque désormais les temps le permettent.
Mais quand bien même une descendance éventuelle aurait silencieusement survécu jusqu'à nos jours, il resterait une difficulté non résolue. En effet, qu'adviendrait-il si le survivant et héritier de cet imposant héritage, mais dépourvu d'une épouse bien aimée et d'une descendance masculine, venait à disparaître à son tour ? Eh bien, le précieux sang d'Alexandre qui fut mêlé à celui valeureux de Thalestris, son ADN unique, serait perdu à jamais pour l'histoire et pour le monde - dont il se lança à la conquête, en partant de Macédoine, avec seulement 35 000 hommes.
Et c'est tout l'héritage macédonien - et collatéralement amazone -, qui s'effondrerait à son tour, d'un seul coup après plus de 2300 ans d'histoire, pour se disperser inexorablement dans le néant.
Toi, Alexandre, descendant de Zeus comme tu te plaisais à le dire, grand roi de Macédoine et de Grèce, Pharaon d'Egypte, roi d'Asie, Shah d'Iran, et roi d'Afghanistan notablement, tu vivrais une seconde mort !
On a là le problème qui se pose à toute dynastie en voie d'extinction silencieuse. Sur le moment, beaucoup pourraient penser : tant mieux !
Et puis, lorsque l'événement fatidique se sera accompli, une angoisse prenante et persistante succédera au triomphe éphémère et stupide pour toujours. Ce sera la nuit noire et irréversible pour l'éternité. Or l'éternité, c'est long, oui vraiment très long !
Dans l'Histoire, la chute des civilisations qui paraissaient pourtant solides, est souvent due à la conjugaison imprévisible de facteurs climatiques exceptionnels, alliée par coïncidence au prosaïsme le plus banal, sur un fond d'indifférence totale. Et somme toute, l'Histoire rangera tout cela au rang des impondérables ou d'un fatum à l'antique.
En sens tout à fait opposé, pour réaliser cet opus incertum du sauvetage in extremis, faudrait-il adresser une supplique à Zeus via son messager, Hermès (Mercure) comme le fit le poète romain Horace (Ier siècle av. J.-C.), en son ode à Mercure :
"Mercure, éloquent petit-fils d'Atlas, toi qui, voyant les moeurs farouches des hommes, nouveaux sur la Terre, fus adroit à les polir par la parole et par l'usage de la palestre qui donne la beauté ; c'est toi que je chanterai, messager du grand Jupiter et des dieux, père de la lyre courbée...
"C'est toi dont la ruse, jadis, avait dérobé les boeufs d'Apollon, et, à l'instant où il te menaçait, petit enfant, d'une voix terrible, si tu ne les rendais point, allégé de ton carquois le dieu éclata de rire.
"Mieux encore, sous ta conduite, le riche Priam put, sortant d'Illion, tromper les orgueilleux Atrides et les feux thessaliens et le camp ennemi de Troie.
"C'est toi qui mets les âmes pieuses dans le séjour fortuné et, sous ta baguette d'or, rallies la troupe légère, chère aux dieux d'en haut et d'en bas."
Friday, February 19, 2010
"Fourberie-sur-Seine" II : le "Fluctuat et mergitur" de la double triche !
par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Il faut partir de l'idée qu'à "Fourberie-sur-Seine" (surnom d'une capitale très connue), presque tout n'est qu'apparence et irréalité. Rien pratiquement n'est vrai ni sincère. Tout le monde se moque de tout le monde, mais si possible en groupe, et avec la plus grande désinformation possible.
Or ces trompeurs ou trompeuses - souvent honteux intérieurement - y sont plutôt pusillanimes et impressionnables, et le poids du collectif leur permet de se rassurer, ...même si ce n'est que furtivement la plupart du temps.
Cela fait toujours l'étonnement parfois amusé, mais le plus fréquemment attristé des touristes étrangers ou des provinciaux, d'ailleurs.
Le persiflage dont certains sont si fiers, qu'ils en cherchent avec ardeur l'origine historique, en donnant au mot sa date de naissance (1734), est une seconde nature.
Cela pourrait-il finir par s'inscrire dans le code génétique ? Si l'on en croit "la théorie de l'évolution des espèces par voie de sélection naturelle" de Darwin, tardivement publiée en 1859, qui sait !
En fait, on ignore souvent que ce premier ouvrage n'incluait nullement les Humains dans sa démonstration qui fit tant de bruit. Car ce n'est qu'en 1872, avec "L'expression des émotions chez l'homme et les animaux" qu'il s'attaque vraiment au mythe de l'homme, en considérant qu'il n'y avait entre l'intelligence animale et l'intelligence humaine qu'une différence de degré et non de nature.
Forts désagréables y sont les gens mielleux, qui vous dorent la pillule par devant, pour vous griffer jusqu'au sang par derrière, ou se montrer soudainement sous leur vrai jour parce qu'ils se croient les plus forts.
Ils se comportent comme de mauvais "cafards", dont la bêtise est savamment entretenue.
Souvent, on arrive à les dépister avec facilité : leur attitude est si stéréotypée que même un singe borgne pourrait les voir.
Mais le pire, ce sont les provocateurs qui singent souvent les autres. Ils utilisent différentes techniques éprouvées : regard glacial du faux dur, paroles au débit ralenti pour donner plus d'intensité, phrases déjà préparées et répétitives d'évaluateur, tendance nettement hautaine avec des accents un peu snobs, mais surtout caractère dominateur et implacable, et usage du mode assertif qui bloque le lobe occipital - comme dans les sectes.
Comment s'en défendre ? En fait, la situation n'appelle pas une grande inventivité. La première chose, mais la plus difficile, est de ne pas se sentir vexé ni blessé intérieurement, en demeurant impassible. La deuxième qui découle éventuellement de la première, est de montrer le ridicule de la situation, car à "Fourberie-sur-Seine", on le sait depuis Beaumarchais - "Le mariage de Figaro" -, le ridicule peut tuer : en tout cas, c'est ce qu'ils pensent, même s'ils sont toujours en vie,... en se faisant tout petit, petit, petit ! Et nous en venons tout naturellement à la troisième chose, la loi du "juste retour" qui est facultative : elle consiste à piéger les piègeurs, en appliquant l'adage du renard furtif échappant aux chasseurs : "tels sont pris qui croyaient prendre"!
Beaucoup de gens ici croient en Darwin plus qu'en Dieu, même s'ils trichent avec les deux finalement pour chercher à les mettre en défaut. Car bien sûr, ils ne souhaient pas qu'on leur applique leurs propres normes, sinon aïe, aïe, aïe !
Ainsi leur darwinisme ne fonctionne qu'"au tour extérieur", pourrait-on dire.
Peut-on quelque chose pour eux ? Très franchement, ...non ! Leur destin est déjà scellé depuis longtemps, et pas par Darwin qui n'était qu'un humain, mais par Dieu. Il peut donc être sage, judicieux et prudent de s'en souvenir pour le moment tant craint, qu'il soit tôt ou tard venu.
En général, ils parviennent à pièger leurs victimes "consentantes" assez aisément, si peu qu'elles doutent d'elles-mêmes, ne s'aiment pas ou se croient peu manipulables.
C'est pourquoi, les personnes chaleureuses, gaies, naturelles et optimistes sont leurs plus grandes ennemies, nolens volens. C'est d'autant plus vrai, qu'elles n'ont rien à prouver à personne, quant elles. Elles vivent les choses avec intensité et spontanéité, tout simplement.
Là, les mesquineries apparemment sans importance, sont en réalité un signal objectif de détection du phénomène de prédation.
Mais la prédation peut aller beaucoup plus loin en créant une dépendance, qui vire au vampirisme urbain.
Donnons un exemple simple pour mieux être compris. De nos jours, beaucoup de couples sont constitués sur des bases purement matérielles, sans amour véritable. Et la dépendance au logement, donc souvent l'état de nécessité, sera la cause déterminante d'un changement de destin, à travers un déni de choix de vie. Ce genre de couple ira vite en "brimguebalant" du reste. Là l'individu piégé - et au lobe occipital souvent bloqué -, aura tendance à construire sa résilience sur la reconstruction d'une cohérence, en cherchant à aimer qui n'est pas aimable ni aimant (aimante pour une femme).
Cette hypothèse, plus fréquente qu'on ne croit dans les nouveaux couples, est la plus triste de toutes. Et elle s'accompagne de grandes frustrations et d'une incompréhension "épidermique". L'excès de réalisme mène à la plus grande banalité (métro, boulot, dodo ou pas d'ailleurs, petites sorties, et belle-famille au moins un week-end sur deux, comme pour la future garde des enfants). Et il s'avère nécessaire de plus en plus fréquemment de prendre le large.
Car l'aventure à "Fourberie-sur-Seine" est plus faite pour les corsaires et les flibustiers, que pour "madame et monsieur tout le monde". Et la vie d'un ou d'une "bobo" (bourgeois ou bourgeoise), peut s'avérer encore plus ennuyeuse, voire... "mortelle" que celle de Mme de Reynal, dans "Le rouge et le noir" de Stendhal.
On n'est ni dans "le grand soir" ni dans l'exaltation du petit matin ! Et bien plus tard, au crépuscule de sa vie, l'on aura plus qu'à faire le décompte du bonheur qu'on n'a pas vraiment eu, ou de celui "différent" qu'on a laissé filé par manque de volonté individuelle, d'esprit d'à propos, voire d'un peu d'audace.
L'année dernière, sans doute effrayés par les conséquences de la crise financière du 15 septembre 2008, les néo-darwinistes britanniques qui célébraient les 150 ans de la théorie de l'évolution de leur maître à penser, insistaient sur les qualités d'altruisme recherchées chez un conjoint ou une conjointe. Selon eux, cela guidait notre choix dans la fondation d'une famille.
Et il n'hésitaient pas à extrapoler cette explication, essentiellement post-darwiniste en réalité, pour l'appliquer à l'édification de toute une société. Or là, on s'est considérablement écarté du "struggle for life" (la lutte pour la vie) originel de ses écrits.
Désormais, le slogan, c'est "vive l'amour et la gentillesse" et "adieu à la brutalité et à la rudesse" ! Les rustauds et les rustaudes n'ont vraiment plus la cote, et il est important de le leur faire savoir pour leur mise à la page.
Ceci dit, tant mieux, car la vie sera plus facile pour tout le monde. Et puis si Darwin peut se réconcilier avec Dieu post mortem, c'est peut-être une grande chance pour tous !
Sur le plan de l'éthologie (science du comportement animal qui inclut l'homme, en tant que mammifère supérieur, d'ailleurs), on parle beaucoup de l'"alpha", dans le sens originel d'"alpha-mâle", c'est-à-dire de chef de meute - à l'instar du loup. Cependant, il faut bien faire la différence entre le vrai et le faux alpha.
Le vrai alpha a un charisme naturel, qui s'exerçait déjà quand il était bébé - éveillé ou endormi -, et a perduré dans le temps. Il a une sorte de soleil intérieur, que l'on ressent, et dont la lueur peut être captée extérieurement. Quand il est là, tout se met en marche quasi-automatiquement, et en son absence prolongée rien ne va.
Le faux alpha a au contraire une autorité dure et artificielle, qui s'éteint quand il dort, et qu'il n'avait pas quand il était un bébé braillard. Et il peut être fort lunatique. Lorsqu'il est là, tout va souvent de travers, et dès qu'il est absent les choses semblent aller mieux, voire de mieux en mieux.
De nos jours, compte tenu de l'évolution et du poids de la féminisation de la société, on appliquera en pratique ce terme d'"alpha", aussi bien à un homme qu'à une femme.
Dit encore plus clairement, le "vrai alpha", c'est celui ou celle qui malgré les difficultés a tendance à toujours remonter à la surface et à émerger : "Fluctuat nec mergitur" (il flotte mais ne coule pas). Et au contraire le "faux alpha", c'est celui ou celle qui en dépit des facilités, sombre souvent : "Fluctuat et mergitur" (il flotte et coule) !
Finalement, à trop favoriser la mise en avant des "faux alphas" dans ce jeu de la double triche vis-à-vis de Darwin et de Dieu, "Fourberie-sur-Seine" pourrait donc avoir à changer la devise figurant au-dessus de la nef d'Isis, dans un futur proche : elle deviendrait alors "Fluctuat et mergitur" (elle flotte et coule, la nef) !
Mais il est vrai qu'à côté des "alphas", il y a également dans l'amusante classification éthologique qui précède, les "bêtas" (les suiveurs) et les "epsilons" (les non-penseurs les plus complets).
Friday, February 12, 2010
Le VIX, "indice de la peur" : même les marchés sont émotifs !
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Le VIX (Volatility Index) est l'indice de volatilité du "Standard and Poors 500", sur le marché des options de Chicago, deuxième plus grande bourse américaine.
Quand le Dow Jones ou le Nasdaq américains, le "footsie" (FTSE) britannique, ou le CAC 40 français sont à la hausse, c'est bon signe.
Mais pour le VIX, c'est tout le contraire. Il agit en quelque sorte comme un thermomètre avec la fièvre, tel un "indice de la peur" : c'est une mesure de ce qui est anticipé du marché au plan de la volatilité pour les 30 prochains jours, que ce soit à la baisse ou la hausse d'ailleurs.
Du fait de son caractère nettement prédictif, il se présente impavide et inexorable. Et à ce titre, il engendre la crainte chez les investisseurs du monde entier et à toute la surface de la planète, d'où la plupart des critiques à son encontre.
Du 4 au 5 février 2010, il est passé de 21,6 à 26,11. Et en ce moment, il semble se stabiliser en dessous de 25. Pour mieux apprécier la situation, il faut préciser que sur longue période, de 1990 à 2008, sa moyenne était de 19,04, et donc inférieure à 20. Techniquement, entre 10 et 20, la volatilité est considérée comme faible, entre 20 et 30 comme forte, et au-delà comme très forte, voire angoissante.
Les records atteints en 2008 (on est passé de 31,7 le 15 septembre 2008 à 89,59 le 24 octobre 2008), après la chute de Lehman Brothers, sont liés à la crise non résorbée des subprimes. Or celle-ci a été initiée en réalité en 2007, et si elle a touché de plein fouet le Royaume-Uni et l'Irlande, sa propagation à la Grèce est maintenant acquise (elle couve toujours en Espagne, au Portugal, ...voire même en France).
Le VIX apparaît ainsi comme un indice d'incertitude dont l'amplitude fait écho à l'"émotivité" plus ou moins grande des marchés. Et il appelle de vastes opérations de couverture du risque ("hedging"), par le biais de ce qui peut apparaître comme des contre-opérations sur le marché des options.
Une option est un dérivé financier. Mais en fait, on peut l'analyser comme une assurance contre un risque. La prime demandée par le vendeur d'option, qui peut également être une option de change (Euro/Dollar par exemple), dépend donc du risque anticipé par les marchés.
En d'autres termes, il mesure le comportement irrégulier et erratique des marchés. Mais normalement et heureusement, les périodes de volatilité très hautes sont de courte durée.
Le VIX a connu un grand succès en tant qu'instrument de mesure : il a été fréquemment transposé sur d'autres marchés d'options dans le monde. Il est ainsi devenu un outil standard au service de l'investisseur institutionnel ou non, par rapport à ses craintes de pertes et à ses attentes de profits.
De cette manière, à l'instar du VIX, sorte d'indice-mère, on utilise par exemple le LPBX pour les obligations, telles que celles de la Grèce dont le budget est sous le contrôle de L'Union Européenne et du FMI depuis le 11 janvier 2010. Car l'exposition au risque obligataire, avec effet de contagion, est considérable actuellement, pour les pays détenteurs comme le Royaume-Uni, l'Irlande et la France surtout - et à un degré moindre pour l'Allemagne, l'Autriche, et singulièrement la Suisse.
Tuesday, February 9, 2010
Les curieuses "rougeurs" de Pluton : les défis à la science terrestre d'une "planète naine"
par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Le vendredi 5 février dernier, on annonçait un phénomène curieux à la surface de Pluton. Cette planète rougissait littéralement, en passant par différentes catégories de rouges plus précisément, sans encore atteindre la couleur de Mars. Cet effet de rougissement aurait crû de 30 à 40% depuis l'an 2000, alors que rien de semblable ne s'était produit durant les 43 années d'observation précédentes.
Les astronomes du monde entier se demandent les raisons de ce changement, tout en apportant d'une certaine manière une réponse : l'astre "nain" subirait de très fortes tempêtes solaires.
A ce jour, Pluton est la seule planète du système solaire à ne pas avoir été visitée par une sonde terrestre. On ne la connaît donc pas bien, même si la concernant, on parle d'une atmosphère extrêmement faible de méthane, de diazote et de monoxyde de carbone (CO). Or parler de monoxyde de carbone sous-entend automatiquement la présence d'oxygène sur cet astre.
En y regardant de plus près, Pluton est un véritable défi à la science terrestre. Ainsi son diamètre supposé a grandement oscillé de 6800 km (en 1965), en passant par 3500 km (1976), pour se rétrécir à 2300 km, voire à 2274 km dans les années 2000, d'où sa requalification en "planète naine".
Personne semble-t'il ne s'est interrogé sur les raisons de ces énormes variations de mesures, attribuées à la seule progression de la technologie terrestre, et non à un phénomène plutonien inconnu de "contraction", même pour une partie infime.
On ignore en réalité à quoi ressemble sa surface, présentée comme solide à 70% et constituée d'eau glacée pour les 30% restants, à l'instar de Triton, le plus gros satellite de Neptune. Et il est important de signaler que le télescope spatial Hubble est incapable de distinguer les détails de sa surface.
On semble avoir oublié que Pluton a été découverte le 18 février 1930 par erreur, à partir de calculs fondés sur les perturbations orbitales de Neptune, qui se sont avérés faux par la suite. C'est un assistant de l'Observatoire Lovell de Flagstaff aux USA (Arizona), Clyde W. Tombaugh qui l'a trouvée en cherchant la "planète X" devant logiquement se trouver au-delà de Neptune. Ceci dit, il est mieux de trouver quelque chose dans le cosmos avec des calculs erronés, que rien du tout avec des calculs terrestres justes.
Son nom provient en partie des initiales de Percival Lovell (P L), à qui on voulait rendre hommage, et de la suggestion de la petite-fille d'un astronome anglais pour cet astre situé dans les ténèbres du fait de son éloignement maximal du Soleil, que d'autres qualifient plutôt aujourd'hui d'astre très "contrasté".
"(134340) Pluton" est la désignation officielle donnée par l'Union Astronomique Internationale à Pluton. Car Pluton, le 24 août 2006 a été reclassée, de façon encore controversée, par l'Union Astronomique Internationale, en tant que "planète naine" ou que "plutoïde", lors d'un important congrès. Et actuellement, avec ses trois "lunes" (Charon découverte en 1978, ainsi que Nyx et Hydra découvertes par Hubble en 2005 ), elle est davantage perçue comme un objet céleste parmi d'autres de la Ceinture de Kuiper.
On a dit qu'Alan Stern, l'investigateur principal de la mission "New horizons" qui lui est consacrée par la NASA, n'avait pas pu être présent le jour du vote des résolutions B5 et B6 reclassant Pluton, dans une ambiance un peu rocambolesque. En effet, il est dit que ce jour là, il préféra aller chercher l'une de ses filles au lycée, ce qui peut paraître curieusement "terre à terre", mais interroge sur les enjeux réels de la question du statut de Pluton.
Si la mission spatiale "New Horizons" peut la survoler comme prévu, à 9600 km de distance, le 14 juillet 2015 à 11 h 59 (Temps Universel Coordonné), ce sera un grand moment.
Cependant, il est normalement prévu que les observations débutent 4 mois avant la phase d'approche, et que les données collectées soient retransmises 9 mois plus tard.
La vitesse de la sonde est passée de 50 000 km/h à 75 000km/h , grâce à l'effet de fronde gravitationnelle de "Jupiter la gazeuse", lorsqu'elle l'a dépassée, en fonçant sur Saturne, Neptune et Pluton.
Cette sonde lancée le 19 janvier 2006 de Cap Canaveral (Floride, USA) a coûté 700 millions de dollars, et tire son énergie combustible de plutonium russe. Car cette mission doit s'étendre au survol de Charon, le principal satellite de Pluton, et à l'observation de la Ceinture de Kuiper.
Elle dispose de 7 équipements scientifiques, dont 3 spectromètres : outre le spectromètre à ultraviolets Alice, les deux autres - SWAP et PEPSSI - permettront de mesurer d'une part, le taux d'échappement de l'atmosphère de Pluton et son interaction avec les vents solaires, et d'autre part, la composition et la densité du plasma s'échappant de son atmosphère.
La "longue année" de Pluton dure 248 ans et 249 jours terrestres, soit le temps qu'elle met à tourner autour du Soleil, avec un mouvement de rotation inverse des aiguilles d'une montre, à l'instar de Vénus, mais à la différence des autres planètes du système solaire.
La température y est très froide, puisqu'elle oscillerait entre - 228° C et - 238°C, d'où le grand étonnement des astronomes de la voir actuellement "rougir". En outre, elle était plus proche du Soleil de 1979 à 1999, que maintenant.
On ne connaît pas non plus exactement sa masse (supposée 5,6 fois plus faible que celle de notre Lune), ni sa densité (évaluée à 2 g/cm3), sur lesquelles la mission "New Horizons" devrait nous apporter des précisions.
Pluton est la planète la plus éloignée du Soleil dans le système solaire, normalement. Mais que penser de cette "planète naine", dont l'orbite est tellement excentrique qu'elle est parfois plus proche du Soleil que Neptune ?
Pourtant, il y a un élément rassurant : bien que l'orbite de Pluton, dont la période est 1,5 fois plus longue que celle de Neptune, croise régulièrement cette dernière, on pense sur Terre que jamais elles ne pourront entrer en collision. Seul Charon, le principal satellite de Pluton, serait le produit d'une collision de Pluton avec un autre corps céleste.
Enfin, si Pluton parvient à être soumise à de puissantes tempêtes solaires qui la font "rougir" à une aussi lointaine distance du Soleil, on peut légitimement s'interroger sur la force et l'impact réels de ces mêmes tempêtes sur la Terre, qui elle en est beaucoup plus près !
Friday, February 5, 2010
Pyrrhus Ier Eacide (v. 318- 272 av. J.-C.) : les jeux d'hécatombe de la Grèce
par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Né vers 318 avant Jésus-Christ, Pyrrhus Ier régna successivement sur l'Epire de 306 à 302 avant Jésus-Christ, puis de 295 à 272 avant Jésus Christ, en étant enfin reconnu "roi des Molosses".
De fait, il était le successeur de la dynastie éacide, qui se proclamait descendante de Molossos, fils d'Andromaque et petit-fils du héros grec Achille, qui régna en Grèce sur l'Epire. Molossos donna son nom à son peuple, qui devint de cette manière celui des Molosses.
Pyrrhus, dont le prénom signifie "roux" en grec, est associé à la danse guerrière d'Achille (la danse pyrrhique). Il était un cousin éloigné de feu Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.), dont la mère Olympias était elle-même une princesse Molosse.
On connaît souvent sans le savoir la dynastie éacide, par rapport à ses chiens de combat, surnommés eux-mêmes par extension des "molosses" : le grand chien d'Alexandre se nommait ainsi Péritas.
Le père de Pyrrhus Ier avait été assassiné et son royaume usurpé par son neveu Neoptolème. Il fut restitué à Pyrrhus lorsqu'il eût atteint l'âge de douze ans (vers 306 av. J.-C.), par le roi Glaucias d'Illyrie qui l'avait recueilli. Mais Neoptolème allait le dépouiller à nouveau de l'Epire (302 av. J.-C.)
Privé de royaume, il participa avec bravoure et un sens remarqué du commandement , à la grande bataille d'Ipsos en Phrygie - Turquie - dont l'enjeu était la domination de la Grèce et de la mer Egée (301 av. J.-C.). Ce fut sans doute l'une des plus grandes batailles d'éléphants de l'histoire, dont les 400 de Séleucos donnés par le prince hindou Chandragupta Maurya. S'affrontèrent à cette "bataille des rois", comme on l'appela, Séleucos et Lysimaque, anciens généraux d'Alexandre, d'un côté, et Antigonos le Borgne, également général macédonien, de l'autre.
Ptolémée, allié à Séleucos et Lysimaque, ayant reçu la fausse nouvelle de la victoire de leur opposant, Antigonos, qui pourtant n'avait que 75 éléphants de guerre, ne fit finalement pas sa jonction avec eux.
Pyrrhus était du mauvais côté, celui d'Antigonos qui s'était fait proclamer roi de Macédoine cinq ans plus tôt et mourut durant cette bataille ; et il fut emmené comme otage de Ptolémée, en Egypte.
Ptolémée était en effet devenu pharaon (305- 283 avant Jésus Christ) sous le nom de Ptolémée Ier Sôter - "le sauveur", en tant que successeur d'Alexandre le Grand. Et il avait à ce titre demandé au prêtre Manéthon de rédiger pour lui une "Histoire de l'Egypte", ce qu'il fit avec la gloire controversée que l'on sait encore aujourd'hui.
Pyrrhus Ier eût l'honneur et la chance de se marier avec la belle Antigonè, fille de Ptolémée Ier et de Bérénice. Et grâce à cette union il put à nouveau régner sur l'Epire d'abord conjointement avec son cousin Néoptolème (295 av. J.-C), puis seul après la mort vraiment tragique de ce dernier.
Libre désormais de partir à la conquête du monde, comme il le disait lui-même, Pyrrhus Ier allait faire ce qu'il aimait : la guerre ! Il était certainement devenu un grand général, mais il n'avait pas les extraordinaires capacités politiques de son cousin Alexandre.
D'abord il conquit - pour un temps seulement - la Macédoine, en profitant du désordre consécutif à la succession d'Alexandre le Grand ; mais il la perdit finalement devant Lysimaque, ancien général d'Alexandre (285 av. J.-C.).
Appelé ensuite, en Grande Grèce (Italie du Sud) par les habitants de Tarente, en 280 avant Jésus-Christ, pour les défendre de Rome, il utilisa lui-aussi des éléphants de combat pour donner l'assaut.
Après la victoire d'Héraclée (280 av. J.-C.), il y eût celle d'Ausculum (279 av. J.-C.) encore plus chèrement acquise sur les Romains qui persistaient toujours à le combattre. Rome avait pu reconstituer sans difficulté ses troupes sur place, et l'affrontait pour libérer l'Italie, sa terre.
Plutarque de Chéronée (46 - 125 ap. J.-C.), le Béotien devenu citoyen romain, lui attribue cette exclamation après la victoire d'Ausculum : "Encore une victoire comme celle-là, et je rentrerais bientôt seul en Epire !"
Toujours selon Plutarque, ses hommes, lucides également, disaient avec un humour désabusé : "Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus !"
C'est de ces citations qu'est tirée l'expression imagée de "victoire à la Pyrrhus", pour une victoire désastreuse, obtenue au prix de lourdes pertes, et donc à s'épargner si possible.
Quoi qu'il en soit Pyrrhus fit tout pour éviter un autre affrontement avec eux, en intervenant en Sicile. Mais l'affrontement eût tout de même lieu quatre ans plus tard à Bénévent (275 av. J.-C.), où une partie de sa flotte fut détruite par le romain Curius Dendatus, l'obligeant à rentrer en Epire.
Nombre de ses hommes n'allaient jamais revoir la Grèce, et finiraient dans le fleuve rougissant du royaume souterrain d'Hadès (Pluton pour les Romains).
Pyrrhus considérait la guerre comme une sorte de jeu, où régnait l'hécatombe, et dont il devait naturellement sortir vainqueur. Il disait aspirer à se reposer le jour où il aurait conquis le monde. Et d'une certaine manière, il fut assez souvent vainqueur, mais sans parvenir a pérenniser ses victoires, à la différence de son cousin, Alexandre le Grand.
Victorieux, il le fut encore par la suite en Grèce, lui qui ne rêvait que de plaies et de bosses. Mais ses proches lui conseillaient plutôt de ne pas attendre ce fameux jour, et de se reposer tout de suite.
Il ne les écouta pas, et finalement, en 272 avant Jésus-Christ, lors d'une guerre contre Sparte, il mourut de façon inattendue. Il reçut...une tuile sur la tête que lui avait envoyée d'un toit une vieille femme, lors de l'attaque de la ville d'Argos, dans le Péloponnèse. Beaucoup plus tard, cette ville sera intégrée à la province romaine d'Achaïe (146 av. J.-C.).
La mort de celui que les Romains considéraient comme une sorte d'"anti-Alexandre", entraîna pour la Grèce la perte définitive des colonies la Grande Grèce, au profit de Rome. Ils apprirent beaucoup de lui, et notamment à économiser leurs troupes.
C'est grâce aux Romains justement que le nom de "molosses" nous est parvenu : ils introduisirent les chiens d'Epire comme chiens de garde, dans tout le Bassin Méditerranéen.
La puissance naissante de Rome a pu faire ses premières grandes armes contre lui, en l'assurant qu'elle pouvait finir par battre la Grèce - ce qui était impensable jusqu'alors - et supplanter sa puissance dans le monde connu.