Thursday, July 22, 2010

Le "Da Vinci Code" mérite notre attention : Marie-Madeleine a écrit !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Dans son best-seller mondial controversé, intitulé "Da Vinci Code" (Doubleday, 2003), Dan Brown n'a fait que reprendre certains éléments historiques et religieux déjà connus de spécialistes ou d'exégètes, en les reliant entre eux de façon cohérente. Et finalement, les seuls éléments vraiment romancés de son ouvrage concernent plutôt les personnages actuels comme Sophie Neveu ou autres, pour les besoins de l'intrigue, mais aussi pour mettre en valeur le très ancien culte du Féminin Sacré, transposé dans Sophia (la sagesse en grec).
Léonard de Vinci (1452-1519) peint "La Cène" à Sainte Marie des Grâces à Milan de 1495 à 1497. C'est l'époque de sa vie où il commence à se faire critique vis-à-vis de l'Eglise, en déclarant, à propos des Indulgences et des prélats de l'époque : "Je vois le Christ à nouveau vendu et crucifié, et ses saints martyrisés !" Mais il reste prudent.
On sait qu'après sa mort, au XVIème siècle, l'ensemble de ses manuscrits - dont une notable lettre à son protecteur [cotée f.391r-a], Ludovic Sforza dit "Le More", duc de Milan (1452-1508) - furent réunis par Pompeo Leoni, sculpteur à la Cour d'Espagne sous le nom de "Codex Atlanticus" (Code Atlantique).



Aussi bien, peut-on juste faire remarquer que l'idée d'un code "Da Vinci" semble avoir été combattue avec une ardeur un peu rapide et irréfléchie, d'autant plus que Léonard a indiqué lui-même en utiliser un, ne serait-ce qu'en écrivant de la main gauche et à l'envers : il est donc souvent nécessaire d'avoir recours à un miroir pour savoir ce qu'il a transcrit !
Pour Dan Brown, ce tableau de "La Cène" représente en fait un événement joyeux, le mariage de Jésus-Christ et de Marie-Madeleine, et non son dernier repas avec ses apôtres, qui lui était triste.
Or en critiquant son livre, ses détracteurs ont malgré eux délivré une précision inattendue : ils ont attiré l'attention sur le personnage "transposé" de l'apôtre Jean.
Ils affirment mordicus que le personnage effeminé assis immédiatement à droite de Jésus sur le tableau, serait en fait Jean et non Marie-Madeleine, qui était pourtant un de ses apôtres, à propos. Il s'agirait là d'une représentation traditionnelle de Jean : soit, voyons Jean à la place de Marie-Madeleine, comme les historiens d'art venus à la rescousse !


Mais dans ce cas, la transposition en question en rappelle incidemment une autre : celle du même Jean, auteur officiel du quatrième et dernier évangile admis par l'Eglise, à Marie-Madeleine ! Car depuis les débuts de l'ère chrétienne, il est connu d'un cercle restreint de spécialistes, qu'elle en est probablement le véritable auteur, d'où le fait qu'il ne soit pas synoptique justement et qu'il diffère quelque peu des trois autres. Cela, Dan Brown n'en parle pas précisément, d'où cet indispensable ajout.
Par ailleurs, soulignons-le, "Jean" y désigne "Jean Le Baptiste" comme l'ami de Jésus, qu'il dénomme quant à lui "l'époux" justement : "Vous m'êtes témoins que j'ai dit : je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui." [Evangile selon Saint Jean, III, 28]
"Celui à qui appartient l'épouse, c'est l'époux ; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l'époux : aussi cette joie qui est la mienne, est parfaite." [Evangile selon Saint Jean, III, 29]


Il n'y a donc strictement aucun mystère sur le statut marital de Jésus ! Il suffit de savoir - et de bien vouloir -lire le quatrième évangile officiel, tout simplement. Et il est clair que les phrases de "Jean" sont encore plus parlantes, si jamais c'est Marie-Madeleine elle-même "qui raconte" en réalité, comme la tradition gnostique des origines l'affirme.
Quoi qu'il en soit, il est bien démontré que Marie-Madeleine n'était absolument pas un simple apôtre, ni une amie, ni encore moins sa "petite amie", ce qui aurait été complètement anachronique à cette époque, mais son épouse !
Le plus triste dans l'histoire d'amour de Jésus et de Marie-Madeleine, c'est finalement la négation absurde et déraisonnable dont elle a fait l'objet. Car il n'y a franchement rien de mal à aimer, ni à s'aimer, surtout quand on prêche justement l'Amour, et que de plus on est mariés. Il n'y même rien de plus moral ni de plus beau. Alors ?


Car le Christ quant à lui est toujours cohérent, entre ses paroles et ses actes : il ne prêche pas une chose pour faire exactement le contraire, comme tant d'autres, qui se sont littéralement moqués du monde, y compris à Cannes en 2006 vis-à-vis du film "Da Vinci Code". Leur glaciale dérision était imprudente et même impudente à l'égard de Dieu et de son fils, Jésus.
Et en allant plus loin, l'on peut se demander, si ceux qui n'ont cessé de vouloir cacher ce "scoop" textuel depuis deux millénaires ont vraiment connu la rédemption ? Rien n'est moins sûr, en fait ! Car l'au-delà n'obéit nullement aux hommes, qui ne peuvent par ailleurs s'y soustraire.
Et Dieu seul juge in fine, et certainement pas les Humains encore peu évolués, et dont la compréhension des choses est si lente et si limitée, voire si négative !
Faut-il que cette succession christique ait été un énorme enjeu de pouvoir, pour entourer de sous-entendus, et laisser "sous les ombres en journée nocturne" la bonté souveraine qui se dégage de cet amour si noble et si beau ! Car on a bel et bien écarté sans l'avouer Marie-Madeleine, alors même qu'elle conférait à Jésus son statut divin, en étant le premier témoin de sa résurrection !
Si Jésus était déjà revenu, au sens de "retour messianique", il proclamerait : "En vérité, je vous le dis une bonne fois pour toutes, cette inversion des croyances doit cesser ici et maintenant ("hic et nunc") : telle la mystérieuse rose de Jéricho, l'Amour doit renaître, pour le bien de tous et de toutes !


Une autre cruelle déformation concernant Jésus est celle de son sacrifice rituel "volontaire" sur la croix, suite à sa dénonciation comme "ennemi de l'empire romain" , pour soit-disant sauver ou racheter - c'est selon - les pêchés innombrables d'une humanité en perdition et à l'âme noire.
Or, nous savons tous que sur la croix, il a prononcé les fameuses paroles "Elie, Elie, sabactanni ", ce qui signifie "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?"
C'est en complète contradiction avec la croyance rajoutée par la suite, en un sacrifice volontaire ! En réalité, ON l'a chargé a posteriori de tous les malheurs d'un monde plutôt basique et égoïste, qui n'a jamais levé le petit doigt pour lui. C'est la triste vérité.
Et il est légitime de se demander, si à l'avenir, la rédemption qui était son thème favori avec l'amour, ne va pas trouver à s'appliquer de manière beaucoup plus sélective et restreinte ?
Car, il pourrait exiger des preuves de bonne volonté à son égard, sinon tant pis !

N'est-il pas paradoxal, en effet, que celui qui a voulu, à toutes forces, sauver Jésus de la crucifixion, en proposant à la foule un ultime choix entre lui et le brigand Barrabas, ait été le romain Ponce Pilate (un païen), gouverneur de la Judée, et censé être théoriquement son ennemi ?!
Il est triste et poignant que le personnage réel de Jésus soit si peu accepté en fait par une partie notable de ses propres fidèles, l'intolérance, la stupide dérision, et la volonté pervertie d'imposer des souffrances ou des difficultés inutiles aidant. Et il y a quelque chose d'anormal et de singulier dans cette adoration à rebours conditionnée par son caractère supposé "asexué", dont il est l'objet depuis 2000 ans : ne vise-t-elle pas chez ceux qui l'instrumentalisent à satisfaire leur besoin de domination sur les âmes et les êtres, autant que leur propre ego, en cherchant systématiquement à avoir un dernier mot pourtant erroné, et si fatidique pour eux-mêmes ?
"Errare humanum est, sed perseverare diabolicum" (Se tromper est humain, mais perséverer est diabolique) !
Or c'est là qu'est le vrai problème, et nullement sur le fait de savoir qu'il était un "homme divin" et "oint" - avec de l'huile de nard hors de prix ou de la myrrhe - et donc sacré.

Egalement, la filiation directe - voire l'identification - au Maître de Justice de l'Ecole Essénienne de Qumran pose elle-même question, lorsqu'on connaît justement la prohibition du contact de l'huile avec le corps, l'exclusion des femmes, et la fermeture sur soi-même qu'elle pratiquait.
Car tout s'y faisait à l'envers de ce que fit Jésus.
Cependant, on peut admettre que même si Jésus n'a pas vraiment été membre de cette école, il en a perçu l'influence diffuse, tout bonnement pour des raisons de proximité géographique, et surtout du fait de Saint Jean-Baptiste - qui lui a donné le baptême. Et il est vrai que certains des nombreux rouleaux de la Mer Morte découverts à partir de 1947 dans les grottes de Qumran - notamment la grotte 4 (1955) -, traitent de la venue du Messie...ou plutôt de son retour pour les plus récents (datés de 68 de notre ère), d'où une certaine confusion temporelle, et également une grande lenteur à les rendre publics.
On se situe là dix ans après la prodigieuse découverte des manuscrits de Nag Hamadi (Egypte, 1945), dont le fameux Evangile de Philippe qui décrit les rapports de couple de Jésus et de Marie-Madeleine, avec "l'échange des fameux baîsers". Ce texte confirme d'ailleurs un écrit attribué à Marie de Magdala (Marie-Madeleine) découvert au Caire, et qui se trouve dans le département d'égyptologie du Musée National de Berlin depuis 1896.
Car la grande influence des écoles de mystères égyptienne ou orientale, où la femme tient un grand rôle, et où l'usage de l'huile est avéré, dans une optique d'ouverture au monde, apparaît la plus évidente. Elle peut permettre de combler les trous de sa biographie, pour ce qui est des années manquantes et inconnues de son adolescence. Et elle explique beaucoup mieux l'homme qu'il fut, et également ce qu'il fit.


Lorsque Jésus-Christ est crucifié sur le Mont Golgotha, Marie-Madeleine, sa femme reste titre familial" jusqu'à la fin de la crucifixion, avec l'autorisation administrative de Ponce Pilate. Une femme se marie rarement avec un homme qui veut changer le monde à l'instar de Jésus, ou écrit des poèmes d'amour fou - à moins qu'il n'écrive en langue d'oc comme Richard Coeur de Lion (1157-1199) à une bien aimée qui y est sensible, comme Bérengère de Navarre (vers 1163 -1230), la plus belle princesse de son temps.

Car généralement la femme préfère ce qui est concret et assure sa sécurité, à moins d'être déjà bien pourvue bien sûr, ou de rencontrer un être d'exception doté de certains "dons inédits" ou de pouvoirs divins fabuleux, transmissibles à sa descendance. C'est ainsi qu'il arrive qu'elle succombe à ce qui la fait rêver, et lui permet de transcender son existence en devenant une héroïne, tout simplement !

Aussi, lorsque cela se produit, comme entre Marie-Madeleine et le Christ, ce n'est pas quelque chose à dissimuler : il faut au contraire le mettre en pleine lumière pour le magnifier à juste titre. Car le beau, le bon, et le divin font enfin bon ménage, comme il se doit, pour la plus grande gloire de l'Un ! Mais laissons à Léonard de Vinci l'honneur de conclure sur ce qui le concerne au premier chef, en le citant : "Le caractère divin de la peinture fait que l'esprit du peintre se transforme en une image de l'esprit de Dieu !"


Tuesday, July 13, 2010

Aux bons souvenirs de Vénus : l'avenir global se conjugue au passé antérieur !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Il existe depuis la nuit des temps une continuité historique "habillée" autrement et transposée, dans un continuum spatio-temporel irrésistible qui a effectivement un sens : le souffle du chaos apparent, est en réalité celui d'un "aspirateur géant", d'un grand tunnel vers la lumière, qui nous dirige tout droit vers le passé antérieur.
Simplement, nous nous heurtons au "mur de la mémoire" des anciens Assyriens, et nous ne nous en souvenons pas. Pourtant tout serait lié selon eux à la résonance secrète des choses et aux relations "sympathiques" de notre environnement. Tout fonctionnerait, pour simplifier, à la façon d'une "ardoise magique", et absolument pas sur le mode "préhominien" du darwinisme, passablement "écervelé" - lorsqu'on veut bien étudier attentivement ses implications.
Avec son passé revendiqué (sans doute à tort), de "singe" ou de "guenon", l'être humain aurait ainsi complètement brouillé les cartes et changé son futur, peut-être pour le pire. Il ne comprendrait rien au monde qui l'entoure et le dépasse de plus en plus, du fait de son analyse erronée et par trop basique. Mais ce n'est pas irrémédiable.


La "théorie assyrienne du futur", qui était en vogue à l'époque de son grand empire (IIème millénaire av. J.-C. - 609 av. J.-C.), place le futur derrière nous et non pas devant, ce qui peut paraître très provocant. Elle sous-tend une croyance en un scénario du bon choix, dans une vie sans cesse répétée jusqu'à ce moment ultime, à travers de multiples existences parallèles fondées sur la résurrection - notion reprise par Jésus-Christ -, et non la réincarnation qu'elle "ébranle" ipso facto ! Cela expliquerait le sentiment diffus de déjà vu que nous avons parfois, tout en donnant une part plus grande paradoxalement, au libre-arbitre, au pouvoir créateur et au succès final. Et la réincarnation serait dès lors fondée sur une compréhension altérante de l'histoire des hommes et un contresens total, de ce point de vue. Egalement, la théorie darwiniste de l'évolution des espèces par voie de sélection naturelle se retrouverait donc être...une fausse croyance. De là à dire que l'histoire marcherait en crabe, il n'y a qu'un pas. En tout cas, cette théorie a le mérite d'expliquer très simplement pourquoi il serait possible de prévoir l'avenir, au moins en grande partie, puisqu'il est déjà arrivé. Le tout est donc d'accéder à la bonne version !

Depuis l'aube des temps, certains hommes y sont parvenus, mais aussi des animaux : l'exemple récent de "Paul le poulpe" - qui a pronostiqué avec exactitude le résultat de huit matches successifs de la 19ème coupe du monde de football -, montre de façon flagrante que la compréhension du monde peut être parfois bien mieux perçue par une petite pieuvre à huit tentacules ("octopus" en anglais), que par les meilleurs spécialistes humains et les programmes mathématiques les plus sophistiqués. De fait, il est très populaire, et presque toute l'Espagne l'a généreusement associé dans la liesse populaire à sa grande victoire sportive, sauf un chercheur espagnol sur les poulpes. Ce dernier a fait une critique biaisée, selon laquelle Paul se dirigeait systématiquement vers le drapeau espagnol avant tout pronostic de choix entre deux pays. Or, cet argument n'est pas valide scientifiquement et renforce même le don de prescience de l'animal : car on peut facilement objecter que si Paul faisait effectivement cela depuis le début, c'est sans doute parce qu'il était clair dans son esprit que l'Espagne serait championne du monde de toutes façons ! L'intelligence animale peut clairement battre l'intelligence humaine, et beaucoup plus souvent qu'on ne le croit. Il faut l'admettre avec humilité, même si c'est apparemment dur pour certains qui considèrent, vraiment à tort, les animaux comme des "choses très bêtes".


Le peuple assyrien est aujourd'hui dispersé dans le monde : on le trouve en Syrie bien sûr, mais également en Irak (successeur du rival mésopotamien de l'ancien empire assyrien), en Iran, au Liban, en Turquie, mais aussi aux USA, au Canada, en Suède, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Arménie, en Géorgie et même en Russie, pour l'essentiel. L'ancienne URSS l'avait même reconnu en tant que peuple ("'narod") des "Aisor" (ou Assyriens). Le drapeau actuel de sa diaspora mondiale est composé de quatre flammes tricolores bleu-blanc-rouge disposées en angles, reliées entre elles par une étoile à quatre branches (symbole d'Ishtar également appelée Inanna, déesse représentant la planète Vénus) avec en son centre un soleil orange, et surmontées d'un dieu ailé semblable à "Ahura Mazda". C'est donc un drapeau rappelant le lien de ce peuple avec le cosmos, à ses origines.


Ce qui unirait ce peuple, dont le lien direct avec l'ancienne Assyrie est contesté par certains, est la langue néo-araméenne. Pour mémoire, rappelons que l'araméen était la "langue-mère" vernaculaire du Proche-Orient, et fut également celle de Jésus-Christ. La religion chrétienne syriaque (christianisme d'origine) est d'ailleurs un autre trait d'union de la survivance de ce peuple.
Ishtar, également représentée sous la forme protectrice d'une étoile à huit branches - cf. les huit tentacules de "Paul le poulpe" -, était la reine des Cieux. Sa transposition en Ashéra, l'épouse cachée de Yahvé est connue des meilleurs spécialistes. Fille du Dieu à tête de serpent Ea, qui créa les créatures d'argile ("lulu"), connues aujourd'hui sous le nom d'''hommes", elle était la seule à pouvoir troubler l'Apsû (l'eau cosmique du savoir). De nombreux artefacts datant de 5900 avant Jésus-Christ, ont d'ailleurs été retrouvés en Irak, à Tell-el-Obeid. Ces figurines de mères à corps de femme et à tête de serpent essentiellement, allaitant des bébés présentant les mêmes traits caractéristiques, sont à l'origine des recherches historiques les plus discrètes sur "les Obeidiens", des meilleurs laboratoires mondiaux.


Pour en revenir à Ishtar, elle incarnait la polarité des contraires d'un monde alors non manichéen : c'est pourquoi elle était tout à la fois déesse de l'amour, de la richesse acquise et de la fertilité (Vénus était alors perçue, selon les tablettes d'argile, comme l'antique "relais-étape" et le "garde-manger" du système solaire)... mais aussi celle de la guerre en se transformant alors en lionne entre autres, et en étant assistée de l'extraordinaire puissance de ses "vents guerriers", si contraires aux ennemis de l'Assyrie. On dit qu'Ishtar pouvait également changer les hommes en femmes et inversement avec une arme céleste irisée (sorte de lance argentée rétractable). Une persistance de la représentation d'Ishtar consiste en une vierge entourée d'un liseret d'étoiles sur fond bleu, ou plus simplement un liseret d'étoiles en cercle central sur fond bleu. Cela fait immanquablement songer à un drapeau mondialement connu : n'est-il pas systématiquement associé aux drapeaux nationaux par les chefs d'Etat européens, lors des discours officiels où l'on doit convaincre le peuple !


Une autre représentation d'Ishtar est la fameuse "tetraktys" grecque de Pythagore (vers 580 av. J.-C. - vers 497 ou 494 av. J.-C.), la figure à cinq branches de "l'étoile du matin", c'est-à-dire la planète Vénus : il y avait différents degrés dans l'initiation pythagoricienne, à savoir les postulants, les néophytes, les acousmatiques ou "auditeurs", et les mathématiciens qui devinrent rivaux des précédents qualifiés de "moralistes". En réfléchissant bien, on retrouve très souvent ce symbole, que ce soit avec les "stars" d'Hollywood, sur les barrettes ou les épaulettes des généraux, dans l'étoile des shérifs ou des rangers américains, ou encore dans un très grand nombre de drapeaux ou de logos, par exemple. Simplement, l'étoile est tellement présente dans notre vie quotidienne, et sur toute la surface du globe, que nous n'y faisons même plus attention. Mais maintenant, ça va enfin changer !

Il n'y a donc pas que les Mayas, avec leur calendrier vénusien synchronisé à celui de la Terre, et leur attente du choc solaire révélateur et foudroyant du "Grand Retour de 2012", qui se soient intéressés à l'importance incroyable de Vénus et de ses multiples marques dans nos vies. A côté de ce grand (ou de ces grands) coups de foudre ou de chaleur, ces marques peuvent d'ailleurs être fort bonnes, quand il s'agit d'amitié, de sentiments et du coeur. Certainement plus que jamais, le passé antérieur joue un rôle fondamental dans nos vies nolens volens. Et il semble bien que personne n'échappe sur cette terre à l'omniprésence vénusienne, alors que la planète éponyme est soit-disant morte - si l'on ignore les couleurs variées, du marron en passant par le vert et le bleu, des mappemondes russes issues du programme Venera. Et seules les abeilles, le maïs ou le cacao, originaires de Vénus selon les Mayas, à titre d'exemples, pourraient nous faire douter de la validité de connaissances trop rapides et stéréotypées. Vénus aime bien faire de temps en temps un petit coucou du ciel, même à la Chine d'Hangzhou qui aurait pu l'oublier !

Friday, July 2, 2010

"La liberté guidant le peuple": les clés stupéfiantes du tableau de Delacroix (1798-1863) !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Eugène Delacroix a immortalisé "le 28 juillet 1830" dans un célèbre tableau représentant Marianne tenant un drapeau tricolore brandi dans une main, et un fusil à baïonnette dans l'autre. Il s'agit de "La liberté guidant le peuple", si admirée en Russie, qui fait le pendant au génie de la liberté de la Place de la Bastille, érigé en 1831 aux mêmes fins : la statue comporte les noms des personnes mortes lors des barricades et de la prise des armes de l'Arsenal.
Il reste que le Maréchal Marmont (1774-1852), chargé de la défense de Paris, battit à ce moment là son propre record d'inefficacité militaire, malgré l'effusion de sang : il surprit même les plus incrédules, lui qui avait pourtant déjà à son palmarès la capitulation de Paris devant les Alliés durant la campagne de France en 1814 ! Mais peut-être était-il à nouveau démoralisé ?
Car ce tableau commémore "la Révolution de juillet 1830", qui met un terme au règne de Charles X (1824-1830), après l'incroyable maladresse de la publication au Moniteur, le 26 juillet, des "quatre ordonnances scélérates" de son dernier président du conseil, Jules de Polignac (1780-1847), dont la première supprimait la liberté de la presse. Chef du parti des Ultras (les émigrés de 1789), le prince de Polignac violait la Charte de 1814, en dissolvant également une assemblée nationale nouvellement élue, qui n'avait même pas encore siégé. Les journées des "trois glorieuses" (27, 28, et 29 juillet 1830) portent en effet alors au pouvoir Louis-Philippe d'Orléans (1830-1848), devenu d'abord lieutenant-général du royaume, puis finalement roi, le 7 août 1830, à l'instigation efficace du fidèle Marquis de La Fayette (1757-1834) !
Etonnamment, la ceinture-foulard de l'ouvrier qui tient un sabre au clair à la gauche de la peinture (en retenant son pistolet sur le ventre), rappelle celle que portait le marquis de Charette (1763-1796), l'un des derniers défenseurs des Tuileries le 10 août 1792 : c'était même devenu, après la révolte de Machecoul (11 mars 1793), le signe de ralliement des Chouans ! Pour souligner ce point, l'ouvrier porte d'ailleurs le béret à cocarde blanche des royalistes chouans.

C'est important de le mettre en exergue en cette année 2010, où l'on commence enfin les premières fouilles des charniers du Mans, chef-lieu de la Sarthe ("Que les entrez - prononcer an treize - sortiront de leur tombe..."), où fut ensevelie sous la chaux vive et à la sauvette une partie seulement des nombreuses victimes vendéennes des "colonnes infernales" de Turreau, à partir de "Quatre-vingt treize" (1793). Elles furent bien exterminées lors de "jeux d'hécatombe". Il aura fallu 217 ans ("An révolu du grand nombre septiesme") pour les voir apparaître.
N'oublions pas que les Chouans se plaignaient d'avoir été plus ou moins lâchés par les frères de Louis XVI, le comte de Provence (futur Louis XVIII) et le comte d'Artois (devenu par la suite le fameux Charles X) ! Ces derniers étaient un peu considérés comme les opportuns "fuyards" du 13 juillet 1789 : Charette , l'un des plus grands chefs chouans à qui même Napoléon Bonaparte (1768-1821) reconnût du génie stratégique et un grand courage, ne les voyait donc pas seulement comme des "émigrés profiteurs" ayant quitté le navire après que le roi Louis XVI (1754-1793), eût payé leurs énormes dettes de jeu en se mettant lui-même en danger. Jamais Charette ne put vraiment compter sur leur soutien logistique réel, d'où l'échec final de sa révolte pour la liberté au nom du roi puis de son fils, Louis XVII (Versailles, 1785 - Skelton (UK) ?), ...jusqu'en 1796 en fait. Car Drake, le célèbre espion anglais, avait repris contact avec lui, ce qui explique que trois mois et demi après la Paix de La Jaunaye (17 février 1795), il fit volte-face en reprenant le combat, à la surprise de tous. Mais faute des renforts vitaux du Comte d'Artois justement, qui vint à l'île d'Yeu, pour repartir aussitôt, à sa grande colère, sa lutte était vouée à l'échec final. Il reste comme un étonnant chef militaire : il n'était jamais là où on l'attendait, sauf les hiboux (sens premier du mot "chouans"), et leurs soeurs les chouettes !
Mais continuons le décryptage du curieux tableau de Delacroix. On y voit en bonne place le gamin Gavroche, à droite de Marianne, chantant deux pistolets en mains un refrain popularisé par Victor Hugo (1802-1855) dans "Les misérables", tandis que Delacroix s'est, dit-on, représenté lui-même en bourgeois presqu'au centre. Il tenait manifestement à montrer son implication personnelle dans cette révolution si soudaine et si inattendue.

Peintre romantique et grand coloriste, Delacroix, était pourtant l'ami de Charles X (1757-1836), pour lequel il avait réalisé en 1824 "Le massacre de Scio", figurant la répression turque qui suivit en 1822 le soulèvement de l'île de Scio pour l'indépendance grecque. Mais il était aussi celui de Louis-Philippe (1773-1850), dont le drapeau était justement le drapeau tricolore (d'où cette représentation), et rappelle qu'il choisit de devenir "roi des Français" et non plus "roi de France".
Mais il est vrai que son tableau de 1830, toujours sur le thème de la liberté acquise au prix du sang, recèle plus d'un paradoxe. C'est peut-être la raison pour laquelle, il ne fut jamais exposé durant le règne de Louis-Philippe (1830-1848). Il ne sera visible à Paris qu'en 1863 au Musée du Luxembourg, sous le Second Empire donc, avant d'être transféré au Louvre en 1874 en devenant une "icône républicaine" malgré lui. Car il est tout à la fois provoquant et plus difficile à interpréter qu'il n'y paraît avec sa composante mixte, plus vendéenne et teintée d'un royalisme nostalgique et populaire finalement, que vraiment orléaniste, voire si peu républicaine en fait.
La présence fondamentale de l'ouvrier à cocarde blanche d'origine paysanne vendéenne, devant les étudiants, les artisans, et les imprimeurs, aux côtés de Marianne, est le témoignage poignant d'une France déracinée, et annonce déjà l'ère industrielle : les paysans commençaient à quitter les campagnes pour venir grossir les rangs des futurs prolétaires de la capitale et des grandes villes.
Tous ces personnages se battent côte-à-côte pour la liberté, et l'espoir incroyable mais vibrant de retrouver la grandeur de ce qui fut ! Car ce tableau est profondément affectif, et montre un élan fraternel des diverses composantes de la population, dans une France qui veut enfin pouvoir vivre - voire revivre - ensemble.
Et l'enfant Gavroche se fait l'interprète de cette nostalgie de l'ancienne France idéalisée, par sa gouaille et son chant :
"On est laid à Nanterre,
C'est la faute à Voltaire,
Et bête à Palaiseau,
C'est la faute à Rousseau.


Je ne suis pas notaire,
C'est la faute à Voltaire,
Je suis petit oiseau,
C'est la faute à Rousseau.


Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à Rousseau."

Qui était exactement Marianne dans cette composition populaire ? La réponse n'est pas si simple que cela. Pour certains, la référence à son personnage daterait de 1792 et symboliserait la République naissante, même si on ne l'appelait nullement comme ça à Paris. Pour d'autres, c'était tout simplement le prénom du modèle de Delacroix (qui était aussi sa petite amie pour ses jeux amoureux). Enfin, on a même songé à faire un lien inattendu avec une femme célèbre qui se battit également pour la liberté, en cherchant - avec succès d'ailleurs - à participer de la fin du régime jacobin de la Terreur, au péril de sa vie : MARIE-ANNE CHARLOTTE de CORDAY d'Armont (1768-1793), qui fut très liée aux Girondins, et mourut guillotinée le 17 juillet 1793, pour avoir tué Marat (1743-1793), considéré par elle comme l'instigateur de la Terreur. Cette jeune femme de 24 ans incarna paradoxalement, par son abnégation et son sacrifice volontaire, le sursaut salvateur d'une France qui ne voulait pas mourir. Il reste de tout cela que Marianne est une allégorie transformatrice personnifiée. Et il est constant que la France a traditionnellement été représentée par une femme à la poitrine généreuse et dénudée, que ce soit avant ou après la Révolution. Il y a en ce sens un syncrétisme puissant à l'oeuvre qui transcende les différences en une singulière continuité historique, entre "les mammelles" d'une France nourricière à la Sully (1559-1641), "la semeuse" couronnée d'épis d'or ou entourée de faisceaux de licteurs du Franc français (à l'image de la déesse Démeter, également appelée Cybèle), et la Marianne combattante les seins dénudés, coiffée d'un bonnet phrygien - rappelant justement le royaume de Cybèle en Phrygie, Turquie d'Asie - de Delacroix.


A propos des fameuses ordonnances signées par Charles X, qui entraînèrent sa chute ultra-rapide, Chateaubriand (1768-1848) eût cette phrase prophétique : "Encore un gouvernement qui se jette du haut des tours de Notre-Dame !" Quelle importance tout ce qui précède a-t-il aujourd'hui ? A priori, aucune ! Cependant, il faut se garder de penser que les représentations mentales soient secondaires dans l'esprit des gens. Ce sont des archétypes, qui ont à ce titre, une influence très profonde sur le comportement collectif irrésistible, et donc sollicitable des individus, y compris et surtout les plus effacés. Normalement, un archétype est caractérisé par sa grande prévisibilité tant qu'il est stable. A défaut, il aurait plus les caractères imprévus de la nitroglycérine médicale pour le coeur, en introduisant des jeux nouveaux de fonctionnement dans l'angor spontané de "Prinz metal".
Des battements de coeur au pouvoir d'une seule pensée, l'air de la liberté, qui jamais ne fut symbolisée par un rébus ("à découper suivant les pointillés"), aura tout changé !

Tuesday, June 29, 2010

Olympe de Gouges et Louis XVI : leur tendre secret, quelque peu dévoilé !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Olympe de Gouges (1748-1793), femme de théâtre dans la lignée de son père naturel Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, se présentait comme "veuve", et avait une solide réputation de femme libérée et d'amante remarquable : elle était tout à la fois piquante, fougueuse et coquette, selon Restif de la Bretonne (1734-1806). Mais elle n'aimait pas son jugement qu'elle trouvait misogyne.
Parmi les hommes que connût cette femme fort belle et fort bien faite, un seul bénéficia de septembre 1785 à sa mort en 1793, d'un amour total et inconditionnel, le roi Louis XVI (1754-1793). Avant que la Révolution n'éclate, elle soutient ardemment la cause du roi, et défend même le veto royal absolu, tout en admirant le suisse Necker (1732-1804). Après le 14 juillet 1789, et le rappel de Necker aux finances (16 juillet 1789 - septembre 1790), elle pourfend "les brigands du 5 octobre 1789" qui ont ramené le lendemain le roi à Paris en l'obligeant à s'installer aux Tuileries avec sa famille.
Que de nuits à se languir du corps de braise et de la forte présence de son grand Louis ! Que d'émois en pensant à lui, à sa force, et à son langage si distingué d'homme cultivé ! Olympe était toute retournée par cette pensée qui l'obsèdera jusqu'à la fin de ses jours : être réunie à jamais avec l'être de son coeur, avec l'objet de son amour frémissant mais inavoué et inavouable en cette période troublée.

En songeant à lui, elle proposa un contrat d'union qui ne soit pas le mariage,mais "un contrat civil d'union de l'homme et de la femme" (1791), gommant carrément l'adultère, ainsi que le problème des enfants naturels (elle-même l'était), et anticipant sur une éventuelle séparation en cas de désaccord. On pense évidemment à un ancêtre très libre du PACS (Pacte Civil de Solidarité), qui date quant à lui de 1999. Pour être plus précis, son union avec Louis aurait pu être rédigée ainsi par elle-même en ces termes surprenants : "Nous Louis et Olympe, mus par notre propre volonté, nous unissons pour le terme de notre vie, et pour la durée de nos penchants mutuels, aux conditions suivantes : nous entendons et voulons mettre nos fortunes en communauté, nous réservant le droit de les séparer en faveur de nos enfants, et de ceux que nous pourrions avoir d'une inclination particulière, reconnaissant mutuellement que notre bien appartient directement à nos enfants de quelque lit qu'ils sortent, et que tous indistinctement ont le droit de porter le nom de leur père ou de leur mère qui les ont avoués." Précisons cependant, que l'enfant dont elle était probablement enceinte au moment de sa mort, ne pouvait être de Louis XVI normalement, vu la date de leurs morts respectives (21 janvier 1793 et 3 novembre 1793).

Durant l'été 1791, Olympe de Gouges avait proposé à l'Assemblée Nationale de constituer une "Garde Nationale de Femmes" pour la reine, Marie-Antoinette (1755-1793). Selon elle, qui en aurait volontiers pris le commandement, en se rapprochant des appartements de Louis en fait, cette surveillance visait à garantir la moralité de la Cour. Cela permettait surtout le maintien du roi dans ses fonctions, en dépit de l'évasion ratée de Varennes (20-25 juin 1791). Comme à son accoutumée, cette fière amazone cherchait davantage à sauver l'homme qu'elle aimait et désirait plus que tout, en veillant à son bien-être personnel, qu'à surveiller réellement sa femme et ses dames d'atours. Il est clair qu'elle voulait protéger la famille royale avec des gardes du corps "féminines", qu'elle aurait sélectionnées elle-même parmi des personnes dévouées et dignes de confiance, à l'instar de Thalestris, dernière reine des Amazones. Ainsi, elle aurait pu joindre l'utile à l'agréable. Et elle aurait pu faire obstacle aux événements néfastes qui se profilaient à l'horizon pour la famille royale. Mais l'Assemblée Nationale, et La Fayette (1757-1834) qui dirigeait alors la Garde Nationale et voyait combien Olympe se défiait de lui, s'opposèrent à l'adoption de cette étonnante proposition.

C'est que déjà les Jacobins, comme Marat et Robespierre, s'agitaient pour l'éviction des Girondins (2 juin 1793).
Olympe de Gouges considérait Jean-Paul Marat (1743-1793) comme "un avorton de l'humanité qui n'a ni le physique ni le moral de l'homme." Et elle pensait de même pour ce qui est de Maximilien de Robespierre (1758-1794), à qui elle réserva cette adresse :
"Sais-tu la distance qu'il y a de toi à Caton ? Celle de Marat à Mirabeau, celle du maringouin (mot désignant un moustique !) à l'aigle et de l'aigle au soleil. Je suis persuadée que tu te repais encore de l'espoir frivole de monter au degré des usurpateurs...Je te propose de prendre avec moi un bain dans la Seine ; mais pour te laver entièrement des taches dont tu t'es couvert depuis le 10 (août 1792), nous attacherons des boulets de seize ou de vingt-quatre à nos pieds et nous nous précipiterons ensemble dans les flots. Ta mort calmera les esprits et le sacrifice d'une vie pure désarmera le ciel."
Par coïncidence, Charlotte de Corday d'Armont (1768-1793), dite "Charlotte Corday" mit un terme à la carrière d'instigateur de la Terreur de Marat, en le poignardant dans sa baignoire, au 18 rue des Cordeliers à Paris, le 13 juillet 1793. Cette descendante du grand Corneille (1606-1684), mourut guilottinée très rapidement, le 17 juillet 1793, dix jours avant ses vingt cinq ans, et ne revit donc jamais Caen (Normandie).

Quand elle fut arrêtée, le 20 juillet 1793, suite à sa tentative de placardage de son texte sur "les trois urnes", Olympe mentit sur son âge, en se donnant 38 ans, par coquetterie : il est vrai qu'elle les paraissait à peine, tant le grain de sa peau était resté étonnamment jeune...pour une femme de 45 ans révolus, et tant la vivacité de son esprit et l'énergie de ses paroles impressionnaient. Elle condamna immédiatement la "persécution inouïe" dont elle était victime, et trouva le moyen de dicter de sa prison une affiche mettant en exergue tout le mal qu'elle pensait de Robespierre.
Le 19 novembre 1793, seize jours après sa mort courageuse, le Moniteur titrait : "Elle voulut être homme d'Etat, et il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d'avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe."
Car elle était considérée comme une contre-révolutionnaire royaliste par les Jacobins. Aucune femme ne la défendit, même parmi "les femmes de bien."
Il faut dire qu'en septembre 1791, elle avait mis en relief leur "immoralité" dans le "Postambule de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" :
"...Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse le leur a rendu...Le gouvernement français surtout, a dépendu pendant des siècles de l'administration nocturne des femmes...ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la Révolution respectable et méprisé."

Lorsqu'elle proposa sans succès à la Convention Nationale (16 décembre 1792), d'assister l'avocat Malesherbes pour la défense du roi Louis XVI, elle avait déjà préparé une ligne de défense inédite, subtile et créative.
Elle séparait la fonction de roi, abolie entre temps, et l'homme qui selon elle par ce fait même, "avait cessé d'être coupable aux yeux de la République". Et elle précisait que sa mort serait une double erreur : d'une part, ses frères émigrés (le comte de Provence et le comte d'Artois), prendraient de toute façon avec empressement sa relève, et d'autre part, la mort injuste de Louis XVI en ferait un martyr. Elle était manifestement au courant des sentiments peu fraternels du futur Louis XVIII (1755-1824) et du futur Charles X (1757-1836), vis-à-vis de leur frère Louis XVI, qu'ils avaient largement contribué à destabiliser, tout en fuyant fort opportunément la France, le 13 juillet 1789 ! C'est pourquoi, elle demandait son exil, ce qui d'une certaine manière aurait été une revanche sur Varennes, et également sur les ambitions royales malsaines de ses frères.
Mais il y a plus : avec cet exil inopiné, elle espèrait du fond de son tendre coeur de femme que cet homme tant aimé, puisse bénéficier de l'étonnant secret codé - et à double sens présent et futur - des Rose-Croix, dont elle se faisait l'agent : "Thibermesnil 2-6-12 !"
Il apparaît que cette puissante société occulte non sexiste, dans la lignée du grand Hermès Trismégiste, a essayé de le sauver finalement. Déjà le mystérieux comte de Saint Germain, également Rose-Croix et héritier des "Trente", avait prévenu la reine Marie-Antoinette du danger pesant sur elle et sa famille avant la Révolution.

Les Rose-Croix, extrêmement puissants en Grande-Bretagne et en Europe depuis Francis Bacon (1561-1626), le chancelier de Jacques Ier Stuart (1566-1625) - fils de la reine décapitée Marie Stuart (1542-1587) - ne voulaient absolument pas de la mort de son fils Louis-Charles, qui allait devenir Louis XVII (Versailles, 1785 - Skelton (UK) ?).
Et ils mirent tout en oeuvre pour empêcher un nouveau drame cette fois-ci, le 31 janvier 1794, au Temple à Paris, et dans une rue transversale adjacente (où était alors le siège français de l'Ordre des Hospitaliers de Saint Jean), située à juste deux minutes à pied du "donjon-prison".
L'évasion et la substitution dans le panier à linge, qui fut un chef d'oeuvre d'efficacité inégalé à ce jour, ne prit que quelques minutes au total. La chance fut fille de l'audace la plus incroyable.
L'"opération Robin Hood", du nom de la baie anglaise où accosta quelques jours après l'enfant-roi, a certainement été le plus magnifique succès du service qui de nos jours est mondialement connu sous le nom de MI6.
Cette magistrale "opération de déception" de l'Histoire - qui a pu perdurer jusqu'à maintenant - était digne du James Bond de l'époque, le comte de Courtenay (ami de Louis XVI, et "sauf-conduit" du Dauphin), et de son assistante et amie de toujours, la très jolie Miss Barrett : cette dernière détourna fort bien l'attention des gardes de la Tour du Temple avec son décolleté pigeonnant et généreux. Ah, ces faibles hommes !


C'est la réussite de cette mission impossible qui a précipité la fin du régime de la Terreur, après l'épisode de Meudon (mai 1794), où Robespierre va présenter l'enfant du Temple qu'il ne sait pas substitué à l'agent anglais Drake. La zone de Meudon et de Massy, très proche de Paris, bénéficiait alors de facto d'un statut de zone neutre (une sorte de "checkpoint Charlie"), liée aux Goyon-Matignon qui substituèrent à leur nom après 1731, à la suite d'un mariage, celui des Grimaldi de Monaco pour éviter son extinction : cette zone neutre a d'ailleurs été abolie à la suite de cette rencontre fatidique.
Car Drake refuse péremptoirement d'emmener l'enfant avec lui, comme étant faux (il s'agissait du fils retardé du marquis de Jarjayes), en parfaite connaissance de cause. Et il l'avertit que l'enfant-roi est déjà en sûreté quelque part en Angleterre où il est traité avec égards, et que tout est fini pour son régime de terreur et pour lui-même. Son ex-ami Danton (1759-1794), n'aurait jamais dû, même par pure rhétorique, menacer d'envahir l'Angleterre, jamais !
Robespierre devient blanc comme un linge et se met alors à trembler convulsivement, car il sait désormais que ses jours sont comptés : de fait, environ deux mois plus tard, il connaîtra le même sort que Danton - la mâchoire en moins, car explosée par le coup de feu du gendarme Merdat - lors des événements du 9 thermidor an II : il sera guillotiné le lendemain, sans le moindre simulacre de jugement, soit le 28 juillet 1794. "Check mate to the Revolution" (Echec et mat à la Révolution) !



Une fois en Angleterre, l'enfant-roi fut déplacé du sud du pays vers la frontière écossaise, dans un manoir du nom de Skelton, spécialement refait pour lui, afin de l'éloigner des côtes de France. Le comte de Courtenay, qui était lui-même de famille princière, veilla sur lui comme s'il s'agissait d'un fils. Lorsqu'il fut adulte, Louis-Charles ne manifesta jamais son intention d'être roi de France, pour la bonne raison qu'il n'en avait nulle envie. Les affreux souvenirs de la prison du Temple l'en avaient définitivement dissuadé. Le comte lui avait lu le testament en forme d'avertissement de son père (daté du 25 décembre 1792), mais Louis-Charles préféra laisser cette charge à sa descendance masculine si elle le souhaitait un jour, et à condition d'avoir été discrètement formée dans une Ecole à cette fin, et seulement si ça en valait vraiment la peine. Tout dépendrait donc selon lui de la force aveugle et inopinée du destin, telle la Fortuna romaine, et de la nécessité ou non de sauvetage in extremis du pays et de ses peuples pas tous ingrats, pour une mission réputée impossible...Sinon, tant pis, tant attendu ne reviendra jamais !
Et l'artifice assez malin des "démonstrations" par l'ADN mitochondrial de 1999-2000, selon lesquelles un coeur de Habsbourg provenant de l'Eglise Saint Augustin de Vienne, "restitué" à la France, est bien...l'un des nombreux coeurs de Habsbourg, morts en bas âge, encore abrités par sa crypte, est au plus une lapalissade et non une preuve de quoi que ce soit.
Le 8 juin 1795 ne signifie rien de tragique pour Louis-Charles dit "Capet", deuxième fils de Louis XVI, naguère duc de Normandie, et devenu hobereau anglais. Au contraire, cette date fut marquée pour lui par la découverte de l'amour "fleur bleue", en la personne d'une charmante petite fille de son âge qui lui faisait les yeux doux, et osait souvent un "my darling Charlie" (mon Charlie chéri) : ensemble, main dans la main, ils étaient allés cueillir des fleurs dans la charmante campagne anglaise.
La vérité était donc ailleurs, depuis le départ, pourrait-on dire, en empruntant aux Britanniques leur flegme et leur humour.

Friday, June 11, 2010

La puissance du jugement de Dieu : comparaison inédite des dernières volontés d'Olympe de Gouges et de Louis XVI

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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C'était l'époque où Monaco allait devenir française (1793), sous le nom de "fort d'Hercule", juste avant que la Wallonie ne le devienne également (1795).
Olympe de Gouges (1748-1793) écrivait au roi et à la reine, même après le 10 août 1792 : elle demandait à Marie-Antoinette (1755-1793) de s'interposer auprès de son frère, l'Empereur François Ier d'Autriche (1758-1835) pour provoquer la paix, et à Louis XVI (1754-1793) qu'il l'envoie en mission auprès de ses frères émigrés afin de mettre un terme à la guerre. La plupart des spécialistes y voient son décalage par rapport à la réalité du pouvoir. Et ils feignent de ne pas comprendre qu'elle tentait d'enrayer la machine infernale de la Révolution. Elle n'y parvint pas. Et entre temps, le roi fut emprisonné avec sa femme, ses enfants et sa soeur, Mme Elisabeth (1764-1794), dans la fatidique tour des anciens Templiers, dite "tour du Temple", puis jugé et condamné à mort le 15 janvier 1793. Son exécution le 21 janvier 1793, fut un événement traumatisant pour tout le monde, y compris Olympe, qui y voyait à la fois un sort tragique affectivement et une défaite personnelle dans son for intérieur.


Dans "Les trois urnes ou le salut de la patrie par un voyageur aérien" - nommé "Toxicodindronn" -, elle proposait de constituer des assemblées primaires pour délibérer sur la forme du meilleur gouvernement pour la France et le peuple français : la république, la république fédérative ou la monarchie. C'était au choix, d'où l'expression "les trois urnes". Par prudence, elle ne semblait pas y être en faveur du défunt roi, si l'on en faisait une approche très littérale. Rappelons que son testament politique est du 4 juin 1793, car elle sentait la mort se rapprocher d'elle. Le texte des "trois urnes" est donc son ultime sursaut. Mais elle n'eût pas le temps de le placarder sur les murs de la capitale comme à l'accoutumée, car dénoncée par une femme - la femme de son imprimeur -, elle fut arrêtée et interrogée (20 juillet 1793). On lui reprocha immédiatement le double sens de ce texte, en mettant en doute son jacobinisme. Et elle ne nia pas vraiment qu'elle ne portait pas tous ses adeptes dans son coeur.
Eux-mêmes se disaient qu'il y avait anguille sous roche, lorsqu'elle accolait le nom de Louis Capet, avec le qualificatif de "tyran". Ils ne trouvaient absolument pas cela crédible. De plus elle avait montré à sa mort, une telle colère mêlée d'une douleur quasi-affective, qu'ils trouvaient cela bizarre. Ils pensaient qu'elle parlait de quelqu'un d'autre entre les lignes, à mots couverts, codés ou à base d'euphémismes, pour susciter une force de réaction à Paris, tout en les prenant pour des idiots (beaucoup étaient incultes) et des aveugles (seule leur justice l'était pour provoquer la terreur).
N'oublions pas que depuis mars 1793, la Vendée s'était soulevée contre les excès de la Révolution, et que d'autres départements commençaient à suivre.


Ce fort soupçon de double sens caché trouvait en effet sa source et sa cohérence dans trois autres placards dont Olympe était l'auteure : "Olympe de Gouges, défenseur officieux de Louis Capet", pour la défense de Louis XVI (et composé à l'époque de son procès, bien qu'elle en ait été écartée avec mépris le 16 décembre 1792), "Olympe de Gouges et le tribunal révolutionnaire" (où elle disait avec une audace incroyable ce qu'elle pensait de cette institution non démocratique, illégale et sanguinaire), et également "La France sauvée ou le tyran détrôné". De fait, on l'avait depuis quelques temps à l'oeil ; et justement, on pensait que sous la présentation habile de ce premier texte, antérieur aux autres (1792), elle ne visait déjà pas réellement Louis XVI, mais bien plutôt Robespierre - 1758-1794 - en fait !
Car il est connu aujourd'hui de quelques érudits qu'il aspirait au trône en cherchant à établir une nouvelle dynastie, fondée sur un mariage avec la fille de Louis XVI prisonnière au Temple, Marie-Thérèse Charlotte (1778-1851) ! Et Olympe était au courant de tout.
On voyait donc dans cet ensemble l'expression évidente de la rouerie féminine mêlée de franc-parler d'une séduisante femme du sud-ouest de la France. N'était-elle pas en réalité née le 7 mai 1748 à Montauban, des amours naturelles du ci-devant Jean-Jacques Lefranc de Pompignan et d'Anne-Olympe Mouisset ?


Le jour de son procès le 2 novembre 1793, alors que la détention l'avait rendue très malade, elle déclara : "Depuis un mois je suis aux fers ; j'étais déjà jugée, avant d'être envoyée au Tribunal Révolutionnaire...qui avait décidé que dans huit jours je serais guillotinée..."
Or elle pensait vraiment ne pas finir guillotinée, lorsqu'elle déclara fièrement : "Mes ennemis n'auront point la gloire de voir couler mon sang. Je suis enceinte et donnerai à la République un citoyen ou un citoyenne."
Mais Fouquier-Tinville, après l'avoir faite examiner le jour même par des médecins indécis et surtout apeurés, passa rapidement outre en décidant lui-même "qu'elle n'était pas enceinte" et la fit exécuter le lendemain, 3 novembre 1793, pour qu'elle se taise à jamais et cesse de "contaminer l'esprit public".
Il reste d'elle de grandes tirades fort expressives :
"Je lègue mon coeur à la patrie, ma probité aux hommes (ils en ont besoin), mon âme aux femmes, je ne leur fais pas un don indifférent ; mon génie créateur aux auteurs dramatiques : il ne leur sera pas inutile ; surtout la logique théâtrale au fameux Chesnier ; mon désintéressement aux ambitieux ; ma philosophie aux persécutés ; mon esprit aux fanatiques ; ma religion aux athées ; ma gaieté franche aux femmes sur le retour, et tous les pauvres débris qui me restent d'une fortune honnête à mon héritier naturel, mon fils, s'il me survit." Il s'agit de Pierre Aubry, le fils qu'elle eût de Louis-Yves Aubry, et se trouve à l'origine des divers rameaux de sa descendance qui a essaimé jusqu'aux Etats-Unis, en Australie continentale et en Tasmanie.
Elle continue son testament ainsi : "Quant à mes pièces de théâtre ou manuscrits, on en trouvera quelques centaines, je les donne à la Comédie Française..." Et elle termine par cette apostrophe : "Français, voici mes dernières paroles, écoutez-moi dans cet écrit et descendez dans le fond de votre coeur : y reconnaissez-vous les vertus sévères et le désintéressement des républicains ? Répondez : qui de vous ou moi chérit et sert le mieux la patrie ? Vous êtes presque tous de mauvaise foi. Vous ne voulez ni la liberté ni la parfaite égalité. L'ambition vous dévore...Peuple aimable devenu trop vieux, ton règne est passé, si tu ne t'arrêtes pas au bord de l'abîme...


Ces mots répondent à sa malédiction ("jettatura méridionale") précédente : "Frémissez, Tyrans modernes (pour Robespierre et ses tenants) ! Ma voix se fera entendre du fond de mon sépulcre..." C'était là un singulier avertissement, puisqu'elle habitait la rue des Fossoyeurs à Paris - aujourd'hui rue Servandoni. Car elle n'aimait pas Robespierre qui le lui rendait bien : "Robespierre m'a toujours paru un ambitieux, sans génie, sans âme . Je l'ai vu toujours prêt à sacrifier la nation entière pour parvenir à la dictature ; je n'ai pu supporter cette ambition folle et sanguinaire...La haine de ce lâche ennemi s'est cachée longtemps sous la cendre, et depuis, lui et ses adhérents attendaient avec avidité le moment favorable de me sacrifier à sa vengeance."
En montant à l'échafaud, elle s'écria : "Enfants de la patrie, vous vengerez ma mort !"
Cela rappelle les mots de son testament politique du 4 juin 1793, où elle se sentait déjà menacée, après l'arrestation des députés de la Gironde : "Toi qui prépares de loin les révolutions et frappes les tyrans ! Toi dont l'oeil scrutateur pénètre jusques dans les consciences les plus ténébreuses ; le crime est à son comble ; dévoile ce long mystère d'iniquité ; frappe, il est temps..."
Et elle terminait ainsi ce testament percutant : "...Je n'incendierai pas le peuple de Paris ni les départemens ; je l'adresse directement, et avec fermeté aux jacobins, au département, à la commune, aux sections de Paris, où se trouve la majorité saine des bons citoyens, qui quels que soient les efforts des méchants, sauvera la chose publique."


Le testament de Louis XVI quant à lui est du 25 décembre 1792 , et il comporte différents points qu'il faut analyser avec discernement, sans prendre les choses dans un sens trop littéral.
D'abord, il y souligne le caractère inique, illégal et injustifié de sa détention et de celle de sa famille au Temple depuis quatre mois, et dont il est séparé depuis le 11 décembre. Olympe de Gouges sans le dire de la même façon exprimera des sentiments similaires par la suite.
Ensuite, il laisse son âme à Dieu, et déclare : "Je meurs dans l'union de notre sainte Mère l'Eglise Catholique, apostolique et romaine...", sachant très bien qu'il va mourir. Olympe se proclame également croyante.
Puis il demande le pardon de ses fautes, et comme on le répète si souvent pardonne à ses ennemis à qui il n'avait rien fait, de même qu'à ses faux amis ingrats, dont il laisse Dieu juge.
Il n'y a donc aucune faiblesse dans ce qu'il écrit mais de la simple chrétienté.
En effet, pour que l'âme puisse se détacher de la Terre, et quitter ce monde de souffrances, il est nécessaire qu'elle parte en paix. Il avait suffisamment souffert pour rien, lui et sa famille, qu'il recommande à Dieu, pour vouloir revenir parmi ses "faux juges" et ses vrais bourreaux, comme une âme errante en peine. De plus, pour que Dieu puisse mieux punir, il est mystiquement connu qu'il n'y a rien de mieux qu'un bon pardon !
Il recommande également à son fils (Louis XVII, - Versailles 1785 - Manoir de Skelton (UK) ?!) de bien prendre la mesure de ce que c'est que d'être roi, en insistant sur sa nécessaire autorité s'il avait le malheur de régner. Il l'éclaire de façon sous-entendue sur le caractère affûté, ferme et tranchant qui est nécessaire pour cette difficile fonction, ce fardeau où il s'agit de "faire le bonheur des Peuples". Car autrement il serait "plus nuisible qu'utile."
Il finit d'ailleurs son testament de la façon suivante : "Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi."


Les dernières volontés d'Olympe de Gouges restent les plus bouillantes et les plus passionnées qui soient. A la différence de "son roi Louis", elle ne pardonne rien du tout, et voue ses ennemi (e) s aux gémonies, en leur disant que leur châtiment est proche, ce qui d'ailleurs s'est avéré rigoureusement exact. Tous deux à leur manière faisaient oeuvre annonciatrice !
Et ce n'est pas le tremblotant Fouquier-Tinville (1746-1795), l'ancien Accusateur Public, qui aura pu dire le contraire. Lui-même, qui n'était sensible qu'à sa petite personne, n'a pu en réchapper. Il clôturera "tragiquement" l'ère de la Terreur en étant la dernière victime révolutionnaire expiatoire de "la Veuve" : la tranchante et étincelante lame de la guillotine s'est abattue soudain en un souffle froid et paralysant d'éternité, sur son cou désormais dépourvu de la moindre surface capillaire, le 7 mai 1795. Et il a rejoint Robespierre et ses acolytes dans l'effrayant "univers des ombres".
Et l'âme d'Olympe pourra finir par retrouver la paix, dans son ultime sacrifice "même par delà son sépulcre", tandis que celui qui fut surnommé avec mépris imprudent "Louis le dernier" sera désormais "Louis le bienheureux".
Chacun a ainsi joué sur son registre, mais de manière parfaitement parallèle et complémentaire, en accomplissant son devoir, en tout bien tout honneur !
Un hymne à Arès (Mars), pourrait illustrer parfaitement cette nouvelle trame de la destinée :
"Coeur hardi, porteur de bouclier sauveur des cités, coiffe d'airain,
Aux mains robustes, infatigable, fort par la lance, rempart de l'Olympe,
Père de la Victoire, heureuse conclusion des guerres, auxiliaire de Thémis,
Maître absolu de l'adversaire, sois le guide des hommes les plus justes !"

Monday, June 7, 2010

Dieu ou le Soleil peuvent être facétieux : l'arche de l'argent ne sera pas l'arche de Noé !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Dans la logique enfantine des Humains, Dieu n'existerait pas s'il ne les exauçait pas ou ne les protègeait guère. Mais qui a dit que Dieu aimait spécialement les Humains, et en particulier davantage que d'autres créatures du cosmos ou même de la Terre ? Ce n'est certainement pas Dieu, mais les Hommes qui ont voulu donner à voir les choses ainsi. Or la Genèse, qu'il s'agisse de la Sumérienne ou de l'Hébraïque, montre au contraire que le dieu suprême (ou Yahvé) est profondément agacé par leur comportement. Il les trouve irrespectueux et n'aime pas leur clameur et le bruit qu'ils font. Il trouve être mal servi et ne considère nullement que leur niveau d'intelligence, et surtout de conscience et d'amour (la loi de cohésion du cosmos) soit suffisant. Et en tout cas, il est clair que cela ne leur donne aucun avantage devant lui. C'est pour cela qu'il leur envoie rapidement le Déluge, pour faire disparaître ces "créatures nées de l'argile" (premier sens du mot sumérien "Lulu" désignant l'homme) de la surface de la Terre. La Genèse hébraïque dit que Noé est autorisé finalement à sauver sa famille, et un couple de chaque espèce animale. De même chez les Sumériens, c'est "Uta-Naphistim" ("Supersage"), le vrai Noé qui est sauvé par le dieu Enki de la colère de Dieu le père, Anu.


Dieu aime qu'on le respecte ainsi que ses envoyés, communément appelés "anges" (du grec "agguelos", messagers), mais également parfois "prophètes". Il a horreur que l'on se moque du monde. Et si on le fait, cela peut faire très mal, car il a tout à fait la possibilité de ne plus rien respecter quand il le veut, et peut se montrer dévastateur où il souhaite, en tant que divinité suprême.
En 1556, un certain Antoine Couillard est passé à la postérité en raillant Nostradamus (1503-1566) qui prévoit lui-aussi l'Apocalypse (mot d'origine grec signifiant en fait "Révélation") et quantité d'autres choses, dans ses "Prophéties du Seigneur Pavillon lez Lorriz" - une burlesque parodie relative à son lieu d'habitation. Or sans s'en rendre compte, ce juriste orléanais semble avoir néanmoins compris une partie des mystérieux quatrains publiés en 1555 par le prophète de Saint-Rémy de Provence. Et en 1560, dans ses "Contredicts aux faulses et abbusives prophéties de Nostradamus et autres astrologues", Couillard va plus loin en le traitant de charlatan. Pour prouver son assertion, il fait un commentaire particulièrement persifleur et finalement faux, mais étonnant avec le recul, sur la Révolution de 1789 à venir : "Monsieur de Nostredame nous a prédit une grande révolution en l'an mil-sept-cent-octante-neuf (1789)... Or, il est bien certain que nous en serons exempts". Nous savons tous maintenant ce qu'il advînt, à la plus grande stupéfaction du monde entier !


Le samedi 5 juin dernier, dans son blog, un certain "Slate" titrait sous ce pseudonyme : "L'apocalypse de 2012 n'aura pas lieu." Et il ajoutait : "tout cela est évidemment stupide." Tout se résumerait selon son article à un besoin de l'homme de préférer que tout disparaisse pour combler sa profonde insatisfaction, parce qu'il a le sentiment que tout lui échappe dans sa vie et dans la vie en général. Il s'agirait donc d'une sorte de projection psychologique collective pour lui. A contrario, on pourrait objecter à "Slate", que s'il est pleinement satisfait de sa vie, alors il devrait être automatiquement protégé des catastrophes naturelles de tous ordres. Ah, ah !
Il discutaillait ainsi sur la fin du calendrier maya, dont certains spécialistes pensent selon lui, qu'elle tomberait plutôt un 23 qu'un 21 décembre 2012. En disant cela, il indique que sa profession est liée aux services de désinformation du renseignement ou qu'il fait partie d'un groupe ésotérique pour lequel le nombre 23 a une signification particulière. Mais il ne se rend pas compte que si ce calendrier vénusien se termine, c'est qu'il ne recommence pas justement !
Et s'il doit se produire quelque chose, ce ne sont pas les Humains qui décideront cette fois-ci, en cherchant à manipuler les événements comme il le pense (pas forcément à tort dans ce cas), même avec l'astuce d'une date de substitution.

De fait, les Mayas ne se contentent pas de terminer leur calendrier ; ils disent également ce qui selon eux va advenir, c'est-à-dire la clarté dans le Chaos, avec le Néant du grand Rien. De toute façon, "Slate" devrait se rassurer, car il n'aura plus longtemps à attendre. Et comme il s'en moque éperdument apparemment, pourquoi aurait-il quelque chose à craindre ? Il est bien connu que les Humains sont plus forts que Dieu, ou que le Soleil ! ?
Pourtant, la prophétie maya "du 5ème Soleil", n'est pas une élucubration d'indiens arriérés, mais au contraire, une critique astro-philosophique des prêtres de Chilam Balam du XVIème siècle sur l'incroyable prétention des gens de l'Occident : ils usurpent le rôle du doux dieu barbu Quetzalcoatl, qui doit revenir à cette date fatidique, et défient constamment la puissance divine, en pensant naïvement qu'elle ne peut pas riposter.
Comme son nom l'indique, cette prophétie du grand retour, mentionne l'importance du Soleil dans les changements de nature cataclysmique touchant la Terre, précédés d'éléments précurseurs. Et il suffit d'observer les changements climatiques accélérés se déroulant à la surface de la planète, pour se rendre compte qu'il y a bien un sérieux problème : nous n'entrerons pas dans le débat du réchauffement, ou à terme du refroidissement climatique. Que nous le voulions ou non, nous dépendons non pas un peu, mais totalement du Soleil, et de l'impact faramineux de ses éruptions et tempêtes.


Le film "2012" qui date de 2009 a un mérite : il nous informe. Il montre ainsi, du moins dans le scénario, que les gouvernements qui croient en partie à la prophétie maya quant à eux, préparent "secrètement", et dans les contreforts chinois de l'Himalaya tibétain la survie d'une élite auto-cooptée avec toute une série... d'arches, à l'imitation de Noé justement. Le plan de sauvetage de 2010, qui concerne également des riches oeuvres d'art, comme "Mona Lisa" de Léonard de Vinci (1452-1519), connaît quelques cahots et victimes collatérales dans sa phase ultime. Il n'est pas dépourvu de frayeur, surtout et paradoxalement chez les mieux préparés, financièrement ou politiquement compris. Mais en dépit de quelques péripéties dramatiques de dernière minute, tout finit par s'arranger. Et la grande majorité des heureux élus et autres survivants de l'espèce humaine peuvent après des jours et des jours de déluge terrestre engloutissant des pays entiers, passer le Cap de Bonne Espérance, et accoster en Afrique du Sud, dans la nouvelle terre promise du Drakensberg.


D'ailleurs, dans ce film hollywoodien du réalisateur allemand Roland Emmerich (né en 1955 à Stuttgart), on voit clairement qu'au début, les instances officielles ne traitent pas vraiment la prophétie maya comme une simple fantaisie. Un ensemble très coûteux de mesures dans tous les points chauds du globe est systématiquement et quotidiennement réalisé. Et c'est d'Inde finalement que tout part en 2009, même si le parc yosémite de Yellowstone (USA), avec son super-volcan, ou la faille de San Andréas en Californie (USA également) ne sont pas oubliés.
Car en Inde, dans une ancienne mine de cuivre, est soudainement observée l'apparition autogène de nouvelles particules issues de bombardements de neutrinos solaires produits par de très fortes éruptions de cet astre. Et elles se mettent à réchauffer de plus en plus le noyau de la Terre, par "effet micro-onde".
Et les autorités n'avertissent pas les populations, afin de ne pas provoquer de mouvements de panique,...et aussi parce que seule une infime partie de la population terrestre pourra survivre, à condition de faire partie des dirigeants politiques de premier plan, ou d'acquitter un droit à la survie d'1 milliard d'Euros.
Mais bien sûr, ce n'est qu'un film, et le club des quarante nations participantes, dont les USA, la Russie, la Chine, le Japon, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie... auquel il est fait allusion, sans doute pure invention de scénariste hollywoodien !




Si c'était Dieu qui envoyait vraiment un châtiment terrestre, pourquoi voudrait-il avantager untel ou unetelle plus qu'un autre, et surtout pour favoriser comme d'habitude toujours les mêmes ? L'idée de "continuité humaine" du film "2012", avec le choix des élites puissantes et argentées n'est pas automatiquement ce qui se passerait dans les faits, même s'il est clair que cela se préparerait sans doute ainsi.
Et si ce n'était pas l'événement cataclysmique qui était faux, au risque d'embarrasser "Slate", mais les endroits visés dans le film qui n'étaient pas si justes ? Sans déluge au Tibet, les arches resteraient sous la montagne chinoise, et beaucoup auraient perdu leur milliard d'Euros pour rien !
De même les habitants de bassins naturels pourraient vraiment s'inquiéter des surprises aquatiques, au moins autant que ceux des montagnes pour le réveil de leurs volcans.
Dieu ou le Soleil (ou le Dieu-Soleil) peuvent eux-aussi être facétieux avec les Humains qui se croient puissants de façon si candide avec leur persiflage, en le respectant si peu - et à tort -, tant il veulent établir qu'ils ne procèdent de rien.

Tuesday, June 1, 2010

Télescopage historique: le royal thriller jacobin de l'été 2010 !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Y-a-t-il un lien entre la nouvelle réforme des retraites annoncée et la discrète faillite de la caisse des députés du 10 octobre 2007 ? La question mérite en tout cas d'être posée. Pour eux, 22,5 années de cotisations équivalent à 40 ans, et permettent donc d'avoir une retraite à taux plein à 60 ans, d'un montant de 2400 Euros nets par mois. Le montant des cotisations étant trop faible, leur caisse doit payer à environ 2000 personnes, un montant global annuel de trois fois son budget. Et leur intégration à la réforme générale des retraites peut donc être entrevue davantage comme un sauvetage par la collectivité que comme une fin de leurs privilèges, contrairement à ce que l'on entend. Une solution plus simple aurait été que leur caisse augmente le taux, le montant, ou la durée de leurs cotisations pour atteindre l'équilibre avant d'en arriver là. Quoi qu'il en soit, les électeurs vont pouvoir de bonne grâce sauver leurs élus, même s'ils ne participeront pas au vote de la réforme, les choses se déroulant dans leur cas tout à l'envers.

Si on veut faire dans l'irrépressible réflexe jacobin, à l'instar de la disparition future de certains corps par fusion (avec les attachés d'administration centrale, par exemple), il est tentant de passer en force sur la réforme des retraites. Il suffit de s'appuyer sur les conjectures des projections démographiques à l'horizon 2020 ou 2030. Le Jacobinisme a constamment été marqué par une recherche de la politique de "l'effroi calculé" : là où il passait tout trépassait ! Mais il lui est difficile de s'appliquer à lui-même ses propres méthodes sans risques. Car nous assistons véritablement au plus grand télescopage de notre histoire, comme si c'était un film avec son "climax". Et nous nous attendons à un dénouement haletant, qui pourrait déborder sur d'autres pays de façon inattendue. C'est l'aventure de la rénovation du siècle naissant, et Dieu que c'est prenant : fatalité peut montrer ses cornes !

Mais revenons-en aux conjectures démographiques qui devraient plutôt amener à des solutions créatives et positives. Nous disons conjectures parce que les précédentes projections démographiques se sont avérées inexactes. C'est pour cela que nous nous retrouvons aujourd'hui dans la paradoxale situation d'avoir un fond d'abondement des retraites de 35 milliards d'Euros (notre petit trésor actuel), prévu pour être utilisé d'ici 2020 ou 2030 justement. Or à lui-seul, ce montant efface plus de trois fois le déficit actuel (10,7 milliards d'Euros). Il faut en tenir compte lors des négociations, en se demandant tout simplement si on ne devrait pas commencer à l'utiliser tant que la nef n'a pas coulé et qu'il existe, plutôt que de vouloir faire un remake du film "Titanic".


Si les précédentes projections démographiques nous ont induit en erreur, pourquoi devrions-nous accorder un caractère si probant aux nouvelles ? Devons-nous réellement établir une réforme d'ampleur sur des sables mouvants, dans une hâte qui effraie davantage les marchés et les agences de notation internationales indépendantes qu'elle ne les rassure ? Les expériences grecque et espagnole montrent au contraire que la panique entourant des réformes irréfléchies peut faire douter de la capacité desdites économies à se redresser et donc à être viables. Parfois, il est urgent...de prendre son temps pour réfléchir avant de passer à l'action. Il faut alors se calmer, et reprendre ses esprits, en dehors de l'excitation ou du suivisme moutonnier ambiant : "Chi va piano va sano, e lontano !" (Qui va lentement va sûrement, et loin !").

Et d'abord, est-ce si vrai que les gens vont vivre plus longtemps, alors même que l'on assiste à une spectaculaire dégradation de notre système de santé ? Paris même, notre capitale, dans ses 18ème, 19ème et 20ème arrondissements, n'est pas épargnée par le retour de maladies endémiques qui avaient pourtant disparu, comme la variole ou la tuberculose, entre autres. Il est donc permis d'avoir quelques doutes sur une espérance de vie qui croîtrait à un rythme effréné de 2 mois par an ? Pour les dépenses de santé par habitant, la France est au 8ème rang mondial derrière le Liban, le Cambodge étant 4ème (in "Le Monde en poche", Le Monde/The Economist, 2007).

On sait également, que parmi les futurs retraités, une bonne partie d'entre eux décèderont dans les premiers 6 mois de leur retraite, puis une deuxième série dans les deux premières années. C'est-à-dire que dans leur cas, la rente aura été la plus mauvaise affaire de leur vie, puisqu'ils n'en profiteront guère, en ne coûtant pas grand chose au système global finalement. Au contraire, une partie en capital, comme cela se faisait pour les fonctionnaires civils ou assimilés et les militaires sous l'Ancien Régime, leur aurait permis d'avoir au moins quelques compensations méritées à toute une vie de labeur.

Est-il vraiment nécessaire et justifié de revenir sur la retraite à 60 ans, et parallèlement sur d'autres retraites à taux plein prises après 50 ans dans certains régimes spéciaux, pour des raisons de pénibilité du travail ? Pas si sûr ! D'ailleurs, pour ce qui est de la pénibilité entraînant des conséquences observables sur la santé, il est clair qu'une réforme juste doit ouvrir cette option de retraite anticipée à taux plein pour chaque régime, également aux victimes d'accidents du travail ou de maladies professionnelles - si elles le souhaitent -, et quel que soit le secteur d'activité. Mais malgré tout, cette "réforme à la hussarde" qui prévoit déjà une rapide progressivité de la durée de cotisation par glissement trimestriel, dans une orbe comprise entre 61 et 63 ans, pourrait au moins servir à cela.


Cependant, les discussions biaisées sur le rapprochement du secteur privé et du secteur public, doivent être très circonscrites, pour maintenir ou même augmenter le niveau des retraites. A diplôme égal, un cadre ou un cadre supérieur du secteur public par exemple, peuvent gagner de 3 à 7 fois moins que leur homologue du secteur privé, suivant les secteurs considérés (aéronautique, ingéniérie, chimie et parachimie,...). Il ne faut pas l'oublier. On ne sent pas très bien en outre si les syndicats seront vraiment pugnaces et fermes dans les négociations, à travers cette "cogestion" à la française qui semble induite. L'augmentation du taux de cotisation des fonctionnaires semble ainsi presque acquise, avant même la discussion. Trop souvent au niveau local, on est étonné de voir certains permanents syndicaux - ou permanentes syndicales -, avaliser trop facilement ceci ou cela, tout en étant eux-mêmes ou elles-mêmes déchargés de la dureté du travail. Enfin, la France ne peut pas se contenter sur un plan plus général d'un niveau de retraite trop faible pour quantité de gens (agriculteurs, artisans, conjointes,...), dont certains ou certaines ne toucheront pas plus de 600 Euros par mois. C'est là un grand problème pour un pays aussi développé que le nôtre, car un tel montant est inférieur au seuil de pauvreté qui est de 880 Euros par mois ! Et le grand Karl (Marx) doit être malheureux et s'agiter dans sa tombe, lui qui avait pourtant prévu l'effondrement du système global.



La trop grande faiblesse diffuse des revenus obère traditionnellement et durablement toute vraie reprise économique. Notre pays doit en effet toujours se contenter de taux de croissance remarquablement bas, même en l'absence de crise, par rapport au reste du monde. Même l'Afghanistan ou l'Ethiopie parviennent à des taux incroyables (respectivement plus de 12% et de 11% prévus cette année) ! Il nous faut oublier Tocqueville (1805-1859) et son aphorisme sur les révolutions qui éclatent quand les choses commencent à aller un peu mieux, si on veut enfin redonner à la France l'élan qu'elle mérite ! Le plus étonnant, c'est que Tocqueville s'est constamment trompé dans les prévisions qu'il a pu faire : d'ailleurs, les spécialistes étrangers s'en sont aperçus depuis fort longtemps. Notons qu'il fut brièvement ministre des affaires étrangères du Président Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873) du 2 juin au 10 octobre 1849, et ne semble pas avoir prévu son coup d'Etat du 2 décembre 1851 et l'avènement du Second Empire, et encore moins sa chute pour cause de désastre militaire (Sedan, 2 septembre 1870).


De même, il nous faut en finir rapidement avec un modèle économique "de pizzeria", fondé sur la fameuse courbe de Laffer. Cette courbe en cloche du rendement décroissant des prélèvements obligatoires lorsque leur taux est trop fort (c'est le célèbre "trop d'impôt tue l'impôt !"), fut en en fait dessinée de manière empirique...sur la nappe tachée de Chianti d'une pizzeria de Stanford, après un repas bien arrosé. Ce n'est absolument pas le résultat d'une démonstration économétrique rigoureuse, les gens l'ignorent. D'ailleurs, Laffer ne précise pas vraiment le taux optimal de son inspiration fulgurante. Et il néglige dans son appréciation un peu furtive le fait que de toutes façons, les gens n'ont pas le choix. Quoi qu'il en soit, son aphorisme et sa courbe sont restés jusqu'à ce jour un véritable dogme de l'économie mondiale. Et cela ne laisse pas de surprendre : c'est un peu "le magicien d'Oz" de l'économie !


Arthur Betz Laffer (né en 1940), qui étudia à Munich et à Stanford pour son doctorat (1972), est devenu professeur d'économie à Stanford (Californie, USA). Chef de file de l'Ecole de l'offre ("supply" en anglais), cet américain fut influencé notamment par le libéralisme et l'anti-étatisme de l'économiste autrichien Friedrich von Hayek (1899-1992). Et il influença lui-même considérablement Ronald Reagan (1911-2004), lorsque ce dernier était gouverneur de Californie ("Proposition 13"), puis quand il devint président des Etats-Unis en 1981 pour deux mandats successifs de quatre ans. Il est à l'origine de l'ère économique de la "Reaganomics" qui n'est pas encore terminée, malgré la crise financière du 15 septembre 2008, la crise grecque de 2010, et celle qui va probablement suivre en ébranlant les volontaristes les plus convaincus.


Pour la France, cette croyance s'est traduite par le "bouclier fiscal", d 'abord à 60%, puis à 50%. Que l'Etat ne soit pas confiscatoire vis-à-vis des citoyens est tout à fait louable et juste, mais le problème se situe sur le taux réel de ce bouclier fiscal, qui est en fait de 39%, avec la prise en compte de la CSG cette fois-ci. Même Arthur Laffer n'a jamais suggéré un taux aussi bas, tous prélèvements confondus, pour les USA. Les Etats qui ont utilisé avantageusement la courbe de Laffer, pour dynamiser leur économie, se situent plutôt aux alentours de 59%, ou alors ce sont carrément des "paradis fiscaux" profitant du "dumping fiscal". Car la baisse des recettes fiscales en France est catastrophique et ruineuse.


C'est comme si l'histoire se répétait à l'envers, en un étonnant "flashback" qui comporterait des ressorts inattendus à ne pas prendre en pleine figure, ni dans un oeil. Nous nous sommes donc demandé quelles auraient été les attitudes de Louis XIV (1638-1715) et de Colbert (1619-1683), son contrôleur général des finances à partir de 1665, face aux mêmes problématiques ? Nous pensons qu'ils auraient réagi à temps et avec brio. Le Roi-Soleil et Colbert, rappelons-le créèrent la notion de "balance commerciale" et accrurent considérablement le produit des impôts, tout en promouvant un fantastique essor du commerce français. Encore aujourd'hui, la France dépend en grande partie de l'effet Veblen avant l'heure généré depuis cette époque, dans les domaines du luxe ou des produits de haute technologie à forte valeur ajoutée.


En ce moment, le Parlement doit discuter de la disparition totale de la publicité sur les chaînes publiques, et plus seulement après 20 h, un réexamen de la loi étant déjà prévu pour 2011. Ne pourrait-on pas réfléchir à nouveau et suggérer au contraire, compte tenu de la conjoncture économique défavorable, de restaurer cette même publicité après 20 h ? Ainsi la manne financière de la taxe de compensation entre chaînes privées et chaînes publiques prélevée sur la publicité deviendrait sans objet, et pourrait devenir une "taxe pour le soutien présent aux retraites". Par la même occasion, cela redonnerait des temps de pause pour nous aérer l'esprit ou aller aux toilettes, une partie des programmes étant tellement pauvre et répétitive de toute façon. De cette manière, les chaînes concernées pourraient à nouveau financer un plus grand nombre d'oeuvres de création audiovisuelles de qualité, tout en relançant le secteur désormais sinistré de la publicité. Se priver de cette marge de manoeuvre inopinée et attendre 2011, et un éventuel AA ou un BBB de Fitch, Standard and Poor's ou Moody's, pourrait s'avérer particulièrement inapproprié et irréaliste pour la France : en effet, la notation financière de ces agences anglo-saxonnes conditionnent son accès au crédit international. Ceci dit, les jeux sont certainement déjà faits pour "la question publicitaire".




Nous concluerons, de manière inattendue, en reprenant l'idée d'"impôt patriote" sur les plus hauts revenus qui semble acceptée quant à elle, en entamant le "bouclier fiscal". Elle est ancienne puisqu'elle fut suggérée pour la première fois en 1788 par la belle Olympe de Gouges (1748-1793), pour stopper l'effondrement des finances du Roi Louis XVI (1754-1793), et tenter de lui éviter les "Etats-Généraux". Mais le Parlement de Paris y était hostile. Pour la petite histoire, Olympe avait, depuis septembre 1785, un sentiment discret, mais puissant et sincère pour cet homme, "trop moderne pour son époque" selon elle, mais le seul qu'elle trouvât "vrai" ! Cette féministe humaniste admirait à un point à peine imaginable de nos jours son esprit cultivé "si en avance sur son temps, peut-être trop malheureusement" !

Elle fit d'ailleurs une seconde tentative pour le sauver, le 16 décembre 1792, lorsqu'elle se proposa à la Convention Nationale pour le défendre à son procès avec l'avocat Malesherbes (1721-1794). Mais la demande de "la dame de coeur de Louis le Dernier" fut rejetée avec mépris. Elle mourut guillotinée pour son soutien à la Gironde (et les diverses manifestations de sa colère envers Robespierre - 1758-1794- et le Comité de Salut Public pour les massacres de septembre 1792 et la mort du Roi), le 3 novembre 1793. Elle emporta avec courage le secret codé de "son bon ami le Roi Louis" tel que retrouvé dans "l'armoire de fer", celui de leur affectueuse revanche sur l'Histoire à venir : "Thibermesnil 2-6-12" !