mercredi 4 mai 2011

Les étranges conséquences de la 2ème mort de Ben Laden : la fin des illusions pour l'Occident !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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C'est la mort d'Oussama Ben Laden (10 mars 1957 - 13 décembre 2003 - 2 mai 2011), qui semble avoir ravivé les tensions dans les banlieues, non pas pakistanaises ni afghanes, mais françaises, y compris la très proche banlieue de Paris.
Il faut dire qu'il y règne déjà depuis le 27 octobre 2005 un climat délétère de guerre civile que certains qualifieraient de "larvée", mais qui en fait serait davantage une "guerre civile cachée" aux yeux de l'opinion publique.
Les petits caïds font quasiment la loi dans ces zones "claniques" qui comprennent même la proche banlieue sud, plus huppée sauf dans sa périphérie.

Et ça ne s'améliore pas avec l'annonce de la mort surprenante de ce riche ex-saoudien, malgré une télésurveillance dont on ne comprend pas toujours bien l'utilité en ce cas. Car il était un peu une "icône" pour eux : il suffit de voir le nombre d'immeubles bariolés d'un "Oussama", mal orthographié le plus souvent. En tout état de cause, l'élection présidentielle de 2012 pourrait subir de plein fouet cette situation définitivement non maîtrisée, au profit non pas de l'ultra-droite (déjà au pouvoir), ni de la gauche en plein retour, mais de l'extrême-droite, et pour de bon cette fois-ci.


Jusqu'à maintenant, nous pensions sincèrement et sans doute bêtement, que Ben Laden était déjà mort le 13 décembre 2003, au Pakistan également, mais dans les zones dites tribales, à la suite d'un raid héliporté des mêmes forces spéciales de la Navy. Mais nous étions totalement dans l'erreur. Car le mort de l'époque était malade, et avait besoin d'une dialyse quotidienne pour soigner ses reins atteints, sous peine de décès rapide. On avait alors retrouvé ce type d'appareil médical dans sa grotte.
Celui qui vient de se faire exécuter le 2 mai 2011, n'avait quant à lui apparemment aucun problème de ce type, et sa barbe pourtant blanchie avait même rajeuni de 10 ans, une décade après le début de sa traque. Donc il était guéri, du fait du bon air d'Abbottabad, ville de villégiature et de garnison pakistanaise proche d'Islamabad, lorsqu'il est mort.

L'explication la plus simple de ce quiproquo, c'est que le sosie était le premier, et non le deuxième qui habitait depuis quatre ans dans cet endroit spécialement aménagé pour lui, mais si mal protégé et sans téléphone. De plus, en France, et sans doute ailleurs dans le monde, on a eu la malencontreuse idée de montrer le photomontage d'un mort, datant en fait de 2009 : cela fait désordre et crée bêtement un doute, franchement évitable au plan d'une communication plutôt nébuleuse et mal maîtrisée.
Mais apparemment son visage étant terriblement défiguré nous dit-on, après sa résistance sans arme, cette photo-ci était peut-être plus acceptable. Surtout que selon une autre source, il aurait d'abord été arrêté, puis tué.


La première information (rumeur devrait-on dire), était donc fausse, qui avait annoncé sa mort en même temps que l'arrestation de Saddam Hussein (13 décembre 2003). Il n'y avait donc pas eu "coup double" contrairement à ce qui avait alors été annoncé à la télévision.
A la suite de cela, la guerre a continué de plus belle en Afghanistan, avec un très grand nombre de morts parmi les soldats américains (4500 à ce jour). Mais grâce à cette nouvelle annonce de décès, on peut considérer à certains égards, que le conflit et le retrait annoncé des USA ne se soldent pas par un échec, mais par une sorte de succès symbolique au contraire. Et désormais, la planète est censée être dans un univers plus sûr, pour quelques jours en tout cas. Et puis comme le mort a été curieusement immergé (dans les 24 heures), on ne connaîtra jamais les détails des attaques suicides aériennes sur le World Trade Center de New York et le Pentagone également : c'est dommage pour les victimes et leurs familles. Mais "Justice a déjà été rendue" de toute façon vis-à-vis de son chef d'orchestre présumé.



Ben Laden est vraiment mort officiellement cette fois-ci. Et après tout, c'est ce message là que nous retiendrons.
Une page d'histoire se tourne donc, et pas seulement sur l'Afghanistan, sauf pour la France qui semble y être coincée jusqu'en 2014.

Le point positif pour les USA, dans les affres d'une crise budgétaire sans précédent à impact mondial, c'est que les 500 milliards de dollars annuels alloués à la guerre d'Afghanistan, vont pouvoir au moins un tout petit peu les aider à temporiser avec Standard and Poor's. Par ailleurs, mais est-ce vraiment positif, Barack Obama fait beaucoup plus peur désormais que George Bush Junior.


Qu'adviendra-t-il après ? Nul ne le sait, car tout est peut-être plus imprévisible et incontrôlable paradoxalement. Et Dieu seul connaît le fin mot de l'Histoire au bout du compte. Le grand rêve de fraternité universelle d'Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.), roi de Macédoine et d'Afghanistan entre autres, et qui fondait l'Occident, n'était qu'un songe qui vient de s'évaporer !

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