vendredi 29 janvier 2010

Thalestris, la Royale Amazone, et Alexandre le Macédonien invincible : chronique géographique d'un défi à l'histoire

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Thalestris fut la dernière reine des Amazones ; on l'appelait également Minythie. En 330 av. J.-C., elle vint au devant du camp d'Alexandre (21 juillet 356-323 av. J.-C), à Zadracarta, capitale de l'Hyrcanie - en Médie, à la frontière de l'Iran et du Turkménistan actuels, au sud-est de la Mer Caspienne -, avec 300 de ses meilleures guerrières. Et au départ, ses phalanges macédoniennes se préparèrent à riposter en croyant à une attaque surprise, en ce lieu où il faisait halte parce qu'on lui avait volé son cheval "Bucéphale", finalement retrouvé.
Mais l'attaque de cette reine "mi-topless" était plus douce et langoureuse. Selon le célèbre historien romain du Ier siècle avant Jésus Christ, Quintus Curtius, dans son ouvrage intitulé "L'histoire d'Alexandre le Grand", cette reine aux cheveux noirs était extrêmement belle, et pour ne rien gâter, elle était également follement attirante.
Et elle voulait simplement...s'accoupler avec le roi de Macédoine, fils du célèbre Philippe II (vers 382- 336 av. J.-C.), qui avait la réputation d'être un conquérant invincible.



Elle lui proposa de rester avec lui treize jours et treize nuits, soit pratiquement une demie lune choisie par elle pour une fécondité maximale. Elle ambitionnait clairement le grand honneur de porter leur enfant à naître, car il serait un combattant et un être exceptionnel aux yeux du monde.
Au début de leur entretien sous son emblème au soleil d'or, Alexandre hésita. Tout cela allait trop vite. Mais finalement, il succomba aux avances convainquantes de cette farouche guerrière, à la chevelure sauvage et envoûtante. Elle fit alors un curieux marché avec lui : si l'enfant à naître de leur union était une fille, elle la garderait auprès d'elle pour qu'elle puisse régner sur les Amazones après sa mort ; et si c'était un garçon, elle promettait exceptionnellement de ne pas l'estropier (en lui brisant une jambe, par exemple) lorsqu'il aurait atteint l'âge de cinq ans, mais au contraire de le renvoyer intact à son père.

Quintus Curtius nous dit que Thalestris trouva Alexandre moins conquérant qu'elle ne le pensait durant ces treize journées entières, consacrées à un tout autre plan de bataille. Elle dut ainsi faire certains efforts pour le solliciter, avec un grand succès toutefois. Elle n'était pas une reine guerrière pour rien !
Quoi qu'il en soit, à l'issue de cet intense hymen, elle rentra chez elle avec ses guerrières, dont une partie à l'exemple de leur reine, avait sympathisé avec les troupes d'Alexandre, trop contentes de cette aubaine.
On sait que sa capitale, Themiscyra, se situait en Asie Mineure sur les bords de la Mer Noire, et que son royaume couvrait également la Crimée (actuellement en Ukraine) et le sud de la Russie, jusqu'à ce qui est maintenant Rostov-sur-le Don. Cela explique de façon on ne peut plus limpide, que de nos jours des groupes de belles jeunes femmes se proclament les héritières des Amazones tant en Ukraine, que dans le sud de la Russie.

Pour en revenir à Alexandre, sa présence en Hyrcanie (la "terre des loups") avait plusieurs motifs successifs. Initialement, il était à la poursuite de Darius III (380-330 av. J.-C) qui s'y était réfugié. Mais celui-ci ayant été assassiné par deux de ses vassaux, Nabarzane et Bessos, le satrape de Bactriane - autoproclamé Artaxerxès IV-, il voulait les faire prisonniers en tant que régicides, et en profita pour soumettre les montagnards révoltés. Car Alexandre régnait désormais sur l'Iran. L'année suivante, il mit la main sur Bessos qui avait réussi à s'enfuir vers la Bactriane et lui fit regretter amèrement son geste.

Puis Alexandre se maria en Bactriane, à Balkh (durant l'hiver 328-327 av. J.-C.) avec Roxanne, fille d'un noble perse, que l'on surnommait "la plus belle femme d'Asie", quelques temps avant d'être choisi comme roi par les Afghans de l'époque, sans vraie bataille.
Ces derniers l'avaient plébiscité pour des raisons religieuses, en le révérant subitement comme un dieu vivant, à la vue de la médaille qu'il portait autour du cou.
Et actuellement, de nombreux afghans descendent en réalité des redoutables phalanges macédoniennes qui ont fait souche à cette époque dans ce pays, en se mariant avec des femmes afghanes. C'était là, la politique d'Alexandre pour pérenniser son pouvoir, lui qui en guise de remerciements, leur avait révélé le secret de certaines de ses ruses et tactiques pour ne pas être conquis.

Tous les enfants qu'Alexandre conçut de certaines de ses 365 concubines moururent assassinés, et il en fut de même pour le fils de Roxanne, comme d'ailleurs de sa mère - qui elle-même par jalousie avait tué sa seconde épouse, Stateira, la fille de Darius III. En effet, ses généraux ne voulaient pas obéir à un nouvel Alexandre après sa mort, mais régner seuls sur les différentes parties de son immense empire.
C'est dans ce contexte qu'il faut situer le silence gardé par Thalestris, dont parle Quintus Curtius, et qui était en réalité de la prudence, car elle craignait pour sa progéniture.
De fait, la reine des Amazones grâce à ses espionnes, savait quel sort funeste était réservé aux descendants du grand conquérant, ce qui explique très logiquement pourquoi elle ne lui donna aucun signe de vie.

Thalestris accoucha neuf mois après sa rencontre amoureuse avec Alexandre le Grand, non pas d'un, mais de deux enfants, des jumeaux. On parle d'Anya, pour la petite fille, et de Vania, pour son petit frère. Mais on n'est pas vraiment sûr de leurs prénoms.
Ne pouvant pour des raisons de sûreté tenir sa promesse de rendre l'enfant mâle à Alexandre, elle ne voulait pas non plus se résoudre à l'estropier lorsqu'il eût cinq ans. Cela aurait été d'autant plus cruel, injuste et difficile pour elle, que vers l'âge de quatre ans, près du fleuve Thermodon, Vania avait sauvé sa petite soeur Anya, de la morsure d'un serpent venimeux, en lui fracassant le crâne avec une pierre. Par ailleurs, Anya adorait son petit frère qui le lui rendait bien... et franchement elle-aussi aimait tendrement son fils qui la faisait fondre, elle, la farouche guerrière !

Mais la loi des Amazones était inflexible, même et surtout pour les reines, dont certaines durent s'exiler avec leur fils pour cette raison. Elle se résolut donc à appliquer la "vieille coutume" qui consistait à abandonner les enfants mâles aux confins de leur terre, mais avec une variante. Pour garantir une sécurité maximale à l'héritier d'Alexandre le Grand, elle décida qu'il serait transporté secrètement le plus loin possible, vers un territoire non conquis, à l'extrême-occident, "dans le beau pays qui ne s'arrête qu'à la grande mer" (l'Océan Atlantique), "là où le soleil se couche". Et son fils fut ainsi acheminé après un long périple...en Gaule, où il vécut et put semble-t'il avoir une descendance, sans qu'on en sache guère davantage.

Alexandre le Grand, son père, qui avait poussé ses conquêtes jusque dans le Golfe Persique et dans la vallée de l'Indus en Inde, dut s'arrêter là, devant l'insistance de ses troupes épuisées et les pluies de la mousson (326 av. J.-C.). Il rentra alors en Babylonie pour administrer son immense empire et y célébrer nombre de mariages mixtes, comme à Suse. Il mourut en son palais de Babylone, lors d'un banquet, le 13 juin 323 avant Jésus-Christ d'une étrange et forte fièvre (en fait peut-être empoisonné), juste avant l'âge de 33 ans.

Et trois ans plus tard, en 320 avant Jésus Christ, le royaume des Amazones était conquis et absorbé par les Scythes. Les princesses amazones se marièrent avec ces guerriers sauvages qui aimaient faucher le corps de leurs ennemis à coups de faux (d'où leur nom de "scythes"), et furent à l'origine du maillon hybride des Sarmates.
Les riches vestiges historiques des dernières amazones, et Dieu sait qu'il y en a - tombes de princesses avec leurs armes, entre autres -, sont visibles les jours ouvrables dans le Musée qui leur est consacré, à Rostov-sur-le Don (Russie).


Tel est l'épilogue inachevé de l'extraordinaire histoire amoureuse de Thalestris, la Royale Amazone, et d'Alexandre, le Macédonien invincible. Grâce à l'aura de légende relativement brouillée qui a entouré son récit pendant des siècles et des siècles jusqu'à nos jours, elle a pu jouer son office protecteur ; et toute ressemblance avec des personnages réels ou ayant existé, a pu apparaître totalement fortuite.

mardi 26 janvier 2010

Olympe de Gouges (1748-1793), la féministe : une "patriote" humaniste qui voulut sauver son Roi !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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C'était une femme étonnante que Marie-Olympe Gouze, dite Olympe de Gouges, née à Montauban (Sud-Ouest) en 1748. Fort bien faite de sa personne, elle était également fort intelligente, et combattit toute sa vie pour les droits des femmes, mais également contre l'esclavage. Et elle voulut même sauver le Roi Louis XVI (1654-1793) d'une mort certaine et programmée, en le tirant des griffes sanguinaires du Tribunal Révolutionnaire.

Louis XVI en révoquant une lettre de cachet l'avait sortie de La Bastille (septembre 1785), où une cabale du marquis de Breteuil (ministre) et du Maréchal de Duras contre sa pièce "Zamore et Mirza, l'heureux naufrage" l'avait faite enfermer.
Elle avait applaudi à la prise de la Bastille (14 juillet 1789), mais se souvenait qui l'en avait libérée. Elle chercha par la suite à entretenir une petite correspondance avec sa femme, Marie-Antoinette. Elle lui fit ainsi parvenir sa "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" en 1791.

Pour elle, Louis XVI était non seulement et surtout victime de circonstances contraires, mais encore d'une gigantesque complot sacrilège visant à lui ôter la vie. Il n'était certainement pas un tyran et encore moins un traître à la Nation, mais au contraire un roi fort bon, trahi de toutes parts, et qui essayait courageusement de sauver les siens d'un engrenage diabolique et sanguinaire.

C'est pourquoi, elle qui souffrait d'être une patriote incomprise par les révolutionnaires "hommes" du fait de ses idées d'égalité (mot qui a également le sens d'équité à cette époque), se proposa le 16 décembre 1792 à la Convention Nationale, pour assister l'avocat Malesherbes (1721-1794) dans la défense du Roi.

Il est difficile de connaître les raisons secrètes pour lesquelles elle était si confiante dans sa possibilité de renverser la situation, ni de quels éléments inconnus à ce jour elle disposait pour ce faire.
On ne sait pas, par exemple, si elle connaissait les trois noms "les plus secrets" de la Révolution, Gilles, Cavalanti et Rotondo, tous trois membres d'un groupe dénommé "le Sabbat", et agents des basses oeuvres du Club Breton.
De même, on ignore si elle avait eu vent du vrai rôle du Marquis de la Fayette et du Marquis Christophe Malbec de Briges, Maître des Ecuries Royales, dans l'orchestration de la fuite et de l'arrestation du Roi et de sa famille à Varennes (juin 1791).

Quoi qu'il en soit, sa tentative de sauvetage échoua, la Convention Nationale ayant rejeté sa demande, avec mépris dit-on ! En 1793, elle essuya à nouveau ce même mépris lorsqu'elle s'en prit à ceux qui avaient ordonné ou laissé se dérouler "les massacres de septembre" (2 et 3 septembre 1792), dont l'affreux Marat (1743-1793) qui prônait leur généralisation à toute la France. Mais ces événements marquaient un changement radical, en signant l'avènement de la Terreur.

Dans une affiche intitulée "Les trois urnes ou le salut de la patrie par un voyageur aérien", elle prit la défense des députés de la Gironde qui avaient été arrêtés pour "fédéralisme". Mise en accusation à son tour le 6 août 1793, pour son soutien apporté à la Gironde, par le Comité de Salut Public (constitué de "Montagnards", surnom des députés jacobins, issus du Club Breton, siégeant haut perché à l'Assemblée Nationale), elle ne fut jugée que le 2 novembre 1793. En effet, entre temps, elle était tombée malade.

Elle fut guillotinée le 3 novembre 1793...alors qu'elle attendait très probablement un enfant. Elle avait déclaré qu'elle était enceinte à l'Accusateur Public, Fouquier-Tinville (1746-1795). Mais il décida qu'elle ne l'était pas (!), afin de ne pas commuer la peine de mort en prison à vie. Car il voulait que sa tête roule dans le panier pour qu'elle ne puisse pas "contaminer l'esprit public". Elle mourut avec dignité et courage, comme l'avaient fait le Roi et la Reine.

Le plus remarquable épilogue concernant cet homme cruel et inhumain, c'est qu'il fut le dernier révolutionnaire à être guillotiné (le 7 mai 1795), pour en finir une bonne fois pour toutes avec la période traumatisante de la Terreur. A cette occasion, il semble qu'il prit peur et se mit à trembler en émettant des sons craintifs ressemblant à un "Pitié !", lui qui avait envoyé quotidiennement et par charrettes entières, tant de gens à la mort sans le moindre état d'âme.

Olympe de Gouges a été beaucoup plus étudiée à l'étranger, Chine comprise, qu'en France où elle a -paradoxalement- parfois plus passionné les hommes que les femmes, semble-t'il. Elle-même avait souvent déploré le manque de solidarité des femmes envers sa cause.

Elle fut notamment à l'origine de l'institution du divorce, entrevu comme un moyen de se libérer d'un mauvais mariage. N'oublions pas qu'elle-même eût une mauvaise expérience quant à sa première union, et déclarait que le mariage était "le tombeau de la confiance et de l'amour" ! Quoi qu'il en soit, le divorce fut la seule et unique mesure de la Révolution en faveur des femmes, votée à l'initiative des Girondins !

Et également, on sait qu'elle proposa sans succès en 1788, juste avant la Révolution donc,un "impôt patriote" sur les privilégiés du régime, afin de sauver le trésor royal et d'éviter à la France la ruine financière.


mardi 12 janvier 2010

Pythagore "l'immortel" : entre pensée matricielle, élitisme, déification, et symbolisme

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Pythagore est né dans l'île de Samos en mer Egée (Grèce) vers 580 av. J.-C. selon Porphyre de Tyr (fin IVème siècle av.J.-C.- début IIIème siècle av. J.-C.). Et il fut à l'origine d'un courant de pensée qui influence toujours profondément la société actuelle. Son nom signifie "celui qui a été annoncé par la Pythie" - de Delphes. Il étudia la philosophie, les mathématiques, la poésie, la musique et la gymnastique avec excellence.
Mais il fut clairement le premier penseur grec à s'être qualifié de "philosophe", c'est-à-dire d'"amoureux de la sagesse". Et il concevait la philosophie comme la connaissance des choses divines et humaines, ainsi que des principes et des causes.


Pour la plupart des gens, c'était surtout un grand mathématicien grec, et nous avons presque tous étudié à l'école son célèbre théorème, en fait d'origine babylonienne : dans un triangle rectangle, le carré de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. Il faut dire que pour lui tout était mathématique, mais avec un sens numérologique, magique ou prédictif que nous ne lui prêtons plus de nos jours.



Il fit pendant de très longues années tout un périple en Grèce, en Egypte, et à Babylone, où il fut initié aux différents Mystères de ces civilisations antiques. Puis il revint brièvement à Samos, avant d'aller s'installer à Crotone en Nouvelle Grèce (Italie) pour y donner un célèbre enseignement et appliquer sur place ses théories politiques avec ses disciples sur la population de la province.


Une foule de jugements ou d'idées préconçus que nous avons aujourd'hui sont dûs à ce grand philosophe et mathématicien. Car sa pensée est toujours particulièrement vivante de façon sous-jacente dans nos sociétés modernes : elle agit à la façon d'une matrice structurante dont il est incroyablement difficile de se départir.



Pythagore a créé un moule intellectuel apparemment indémodable. Et il n'agit pas sur notre esprit comme une simple référence historique, mais davantage en tant que code de comportement interne transposé dans toute la civilisation occidentale ou influencée par le monde grec - ce qui revient à dire jusqu'aux confins de l'Afghanistan ou de l'Egypte . C'est un peu comme s'il avait écrit la pensée une fois pour toutes, sa matrice fonctionnant à la manière d'un filet attrapeur d'idées, d'un piège inexorable et incontournable pour la pensée somme tout limitée des hommes.


A cet égard, les vers tirés de sa philosophie sont appelés "les vers d'or" et constituent un véritable "catéchisme", avec toutes ses règles morales concernant le comportement de l'homme sage, y compris dans son accomplissement des rites religieux. Et ces préceptes tirés de ses "acousmatiques" ("condensés" en grec) existaient tout bonnement avant l'avènement de Jésus-Christ. Il prétendait à l'absolu alors que l'homme n'est que relatif.

La pensée pythagoricienne a ainsi pu être modélisée sur un plan politique, en vue d'établir le meilleur gouvernement des hommes possible : selon Pythagore, il s'agit d'une sorte d'aristocratie méritocratique, qui doit fonder la prédominance des élites savantes et dirigeantes. Dans ce système, il y a un savoir et une croyance pour le peuple fait d'approximations suffisamment satisfaisantes pour ce qu'il a à accomplir, et parallèlement la connaissance la plus approfondie et une croyance démystifiée pour la caste supérieure.

Il y a également un présupposé de bêtise inévitable pour le peuple (qui peut être facilement abruti) et de sagesse transcendante - exagérée à notre sens - au contraire pour l'élite, entrevue sous un angle plus sophistiqué. Par exemple, il dit que l'on ne doit jamais se mettre en colère, ce qui est une quasi-impossibilité pour les hommes ou les femmes, qu'ils soient du peuple ou de l'élite d'ailleurs. Or dans le Nouveau Testament, même Jésus se met parfois en colère, alors qu'il est adoré comme le fils de Dieu. Du reste, la colère de Dieu peut s'avérer hautement mémorable pour les Humains s'ils la cherchent vraiment.

Le système pythagoricien n'est pas démocratique, même au sens athénien et donc plus limitatif du terme : il est établi sur la domination de ceux ou celles qui sont supposés être les plus capables et les plus intelligents, voire les plus vaillants. Son rapport à la force est subtil et volontairement intellectualisé, comme pour la justifier dans tous les cas possibles. Il sous-tend tout ce qui s'est fait jusqu'à nos jours et se pratique encore dans les systèmes oligarchiques, y compris et notamment à l'Est. Il baigne de ce fait dans le cercle vicieux de l'élitisme à outrance, avec la reproduction de la classe dominante pour toile de fond.

Il faut savoir qu'à la fin de sa vie, Pythagore était adoré comme un demi-dieu, au sens qu'il lui donnait dans son "catéchisme" (presque un dieu mais plus qu'un héros). Ceci était d'ailleurs conforme à son enseignement qui visait à introniser quotidiennement le dieu de la monade en soi-même pour se déifier. Pourtant, il fut obligé de fuir Crotone, l'obéissance ne se faisant pas naturellement face à sa création intellectuelle et politique ...sans doute quelque peu irréaliste. De fait, cette dernière ne tarda pas à susciter les critiques et surtout la révolte d'une partie de la Nouvelle Grèce italique.

Ainsi, son école de Crotone en Calabre fut incendiée par un violent mouvement de sédition populaire. Et on dit qu'il serait mort à Métaponte (sud de l'Italie) en 497 av. J.-C. dans la maison également incendiée de son ami Milon. Car c'est le demi-homme que n'aimaient pas les gens de cette province. Dans la deuxième version de sa mort, il se serait laissé mourir de faim dans le temple des muses de Métaponte en 494 av.J.-C., selon Porphyre, le mentaliste. Il y était en quête de l'immortalité et de la reconnaissance éternelle que son enseignement promettait aux grands sages (le vulgum pecus n'ayant droit qu'à la transmigration de son âme dans un animal, ou parfois un être humain, quant à lui). Et d'une certaine manière, c'est un peu ce qui est arrivé.

Pythagore, le penseur superstitieux qui interdisait de consommer des fèves, disait : "Il faut faire de grandes choses sans les annoncer et sans les promettre."
Parmi tous ses successeurs ( ou "diadoques"), il y eût ses deux fils, Mnésarque et Télauges qui ont amené jusqu'à nous la puissance des symboles secrets de reconnaissance, comme la tétrade (pyramide triangulaire composée de quatre faces, clé de l'énigme universelle des origines) et la tétrachtys (pentagramme à cinq branches et cinq côtés). Le plus curieux concernant ce dernier symbole qui représenterait la planète Vénus, c'est que réalisé en bleu, il deviendrait "l'étoile bleue", qui est le vrai nom de sa "planète-soeur" dans le cosmos, la Terre.

mercredi 6 janvier 2010

Avatar : est-ce totalement de la science-fiction ?

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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"Avatar", le dernier film du réalisateur américain d'origine écossaise James Cameron, a battu tous les records d'audience, en doublant son précédent film "Titanic" (1997). Et il s'est avéré une excellente opération commerciale compte tenu de son succès titanesque.
On peut y voir un très bon divertissement en cette époque si morose où l'on a tant besoin de rêver.
Mais est-ce vraiment, et en tous les cas totalement de la science-fiction, comme beaucoup sont tentés de le croire ?

Pour les spécialistes de l'histoire ancienne, la référence à un peuple bleu fait songer aux "veilleurs du ciel", les "Neterou". Ils ont tout de même fondé, selon le prêtre Manéthon de Sébennytos - IIIème siècle av. J-C. -, le grand empire d'Egypte, en lui donnant ses dynasties de pharaons (mot signifiant "la grande maison" !) d'origine divine.

On oublie souvent que Manéthon faisait également une référence appuyée à Hermès Trismégiste, utilisateur et créateur de vortex à des fins alchimiques, dont il dit qu'il écrivit 36 525 volumes sur toutes les sciences !
On n'a de ce dernier que le texte de la "Table d'Emeraude", qui aurait été découverte incrustée sur sa sépulture égyptienne, selon certains, par Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.) lui-même.

Le bleu était la couleur originelle d'Osiris et d'Isis, ainsi que des premiers pharaons. Et c'est de là que provient l'expression "avoir le sang bleu" pour les rois et les princes. Isis n'était pas déesse initialement, mais le devint en soignant avec ses plantes guérisseuses le dieu Rê : en fait pour ne pas mourir, Rê fut contraint de lui révéler son nom secret qu'elle exigeait de connaître, ce qui lui donna du même coup un pouvoir sur lui. Isis obtint donc ce statut de déesse d'Egypte par la ruse, la rouerie féminine : c'était là le secret bien gardé d'Isis qui allait devenir "Isis-Urania".

N'oublions pas que les premiers rois d'Egypte, comme Scorpion ou Aha, ont longtemps été gommés par les historiens, parce que leur histoire était jugée trop incroyable. Et pour rattraper le retard dans la connaissance occultée de l'Egypte, l'on a été obligé de créer spécialement pour eux, la dynastie "O", en reprenant l'ensemble des trente dynasties de Manéthon plutôt que la deuxième partie de ses écrits, plus proche de nous et longtemps jugée la seule acceptable.

De même la recherche d'une nouvelle source d'énergie par les Terriens n'a rien de si improbable, compte tenu de l'épuisement des sources d'énergie fossiles traditionnelles comme le charbon, le gaz ou le pétrole. Alors pourquoi pas l'"unobtainium" de Pandora, la lune des hommes bleus, la lune des "Na'vi" du film "Avatar" ?!


Quand on connaît le lien étroit qui unit Hollywood à la sphère politique dirigeante aux Etats-Unis, il est légitime de se demander si certaines informations "top secret" ou des résultats stupéfiants de recherches scientifiques, géographiques, ou astronomiques avancées, ne filtrent pas sous forme de scénarii dans des films à grand succès ?


Ces véritables oeuvres d'art cinématographiques auraient dans ce cas une fonction didactique. Elles prépareraient les peuples au grand dévoilement, à la grande révélation éventuelle qui pourrait se faire prochainement (7 octobre 2010 ?), tout en les divertissant. En d'autres termes, elles nous habitueraient tout en douceur au passage vers une nouvelle réalité, beaucoup plus difficile à accepter sans frayeur autrement.

Ceci était un clin d'oeil furtif à une jolie stroumphfette blonde, qui sait que les rêves peuvent se transformer en réalité, à l'heure où une "pyramide volante" peut stationner au dessus du centre de Moscou et être visible de tous pendant environ 120 minutes - comme le 9 décembre 2009.