jeudi 22 juillet 2010

Le "Da Vinci Code" mérite notre attention : Marie-Madeleine a écrit !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Dans son best-seller mondial controversé, intitulé "Da Vinci Code" (Doubleday, 2003), Dan Brown n'a fait que reprendre certains éléments historiques et religieux déjà connus de spécialistes ou d'exégètes, en les reliant entre eux de façon cohérente. Et finalement, les seuls éléments vraiment romancés de son ouvrage concernent plutôt les personnages actuels comme Sophie Neveu ou autres, pour les besoins de l'intrigue, mais aussi pour mettre en valeur le très ancien culte du Féminin Sacré, transposé dans Sophia (la sagesse en grec).
Léonard de Vinci (1452-1519) peint "La Cène" à Sainte Marie des Grâces à Milan de 1495 à 1497. C'est l'époque de sa vie où il commence à se faire critique vis-à-vis de l'Eglise, en déclarant, à propos des Indulgences et des prélats de l'époque : "Je vois le Christ à nouveau vendu et crucifié, et ses saints martyrisés !" Mais il reste prudent.
On sait qu'après sa mort, au XVIème siècle, l'ensemble de ses manuscrits - dont une notable lettre à son protecteur [cotée f.391r-a], Ludovic Sforza dit "Le More", duc de Milan (1452-1508) - furent réunis par Pompeo Leoni, sculpteur à la Cour d'Espagne sous le nom de "Codex Atlanticus" (Code Atlantique).



Aussi bien, peut-on juste faire remarquer que l'idée d'un code "Da Vinci" semble avoir été combattue avec une ardeur un peu rapide et irréfléchie, d'autant plus que Léonard a indiqué lui-même en utiliser un, ne serait-ce qu'en écrivant de la main gauche et à l'envers : il est donc souvent nécessaire d'avoir recours à un miroir pour savoir ce qu'il a transcrit !
Pour Dan Brown, ce tableau de "La Cène" représente en fait un événement joyeux, le mariage de Jésus-Christ et de Marie-Madeleine, et non son dernier repas avec ses apôtres, qui lui était triste.
Or en critiquant son livre, ses détracteurs ont malgré eux délivré une précision inattendue : ils ont attiré l'attention sur le personnage "transposé" de l'apôtre Jean.
Ils affirment mordicus que le personnage effeminé assis immédiatement à droite de Jésus sur le tableau, serait en fait Jean et non Marie-Madeleine, qui était pourtant un de ses apôtres, à propos. Il s'agirait là d'une représentation traditionnelle de Jean : soit, voyons Jean à la place de Marie-Madeleine, comme les historiens d'art venus à la rescousse !


Mais dans ce cas, la transposition en question en rappelle incidemment une autre : celle du même Jean, auteur officiel du quatrième et dernier évangile admis par l'Eglise, à Marie-Madeleine ! Car depuis les débuts de l'ère chrétienne, il est connu d'un cercle restreint de spécialistes, qu'elle en est probablement le véritable auteur, d'où le fait qu'il ne soit pas synoptique justement et qu'il diffère quelque peu des trois autres. Cela, Dan Brown n'en parle pas précisément, d'où cet indispensable ajout.
Par ailleurs, soulignons-le, "Jean" y désigne "Jean Le Baptiste" comme l'ami de Jésus, qu'il dénomme quant à lui "l'époux" justement : "Vous m'êtes témoins que j'ai dit : je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui." [Evangile selon Saint Jean, III, 28]
"Celui à qui appartient l'épouse, c'est l'époux ; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l'époux : aussi cette joie qui est la mienne, est parfaite." [Evangile selon Saint Jean, III, 29]


Il n'y a donc strictement aucun mystère sur le statut marital de Jésus ! Il suffit de savoir - et de bien vouloir -lire le quatrième évangile officiel, tout simplement. Et il est clair que les phrases de "Jean" sont encore plus parlantes, si jamais c'est Marie-Madeleine elle-même "qui raconte" en réalité, comme la tradition gnostique des origines l'affirme.
Quoi qu'il en soit, il est bien démontré que Marie-Madeleine n'était absolument pas un simple apôtre, ni une amie, ni encore moins sa "petite amie", ce qui aurait été complètement anachronique à cette époque, mais son épouse !
Le plus triste dans l'histoire d'amour de Jésus et de Marie-Madeleine, c'est finalement la négation absurde et déraisonnable dont elle a fait l'objet. Car il n'y a franchement rien de mal à aimer, ni à s'aimer, surtout quand on prêche justement l'Amour, et que de plus on est mariés. Il n'y même rien de plus moral ni de plus beau. Alors ?


Car le Christ quant à lui est toujours cohérent, entre ses paroles et ses actes : il ne prêche pas une chose pour faire exactement le contraire, comme tant d'autres, qui se sont littéralement moqués du monde, y compris à Cannes en 2006 vis-à-vis du film "Da Vinci Code". Leur glaciale dérision était imprudente et même impudente à l'égard de Dieu et de son fils, Jésus.
Et en allant plus loin, l'on peut se demander, si ceux qui n'ont cessé de vouloir cacher ce "scoop" textuel depuis deux millénaires ont vraiment connu la rédemption ? Rien n'est moins sûr, en fait ! Car l'au-delà n'obéit nullement aux hommes, qui ne peuvent par ailleurs s'y soustraire.
Et Dieu seul juge in fine, et certainement pas les Humains encore peu évolués, et dont la compréhension des choses est si lente et si limitée, voire si négative !
Faut-il que cette succession christique ait été un énorme enjeu de pouvoir, pour entourer de sous-entendus, et laisser "sous les ombres en journée nocturne" la bonté souveraine qui se dégage de cet amour si noble et si beau ! Car on a bel et bien écarté sans l'avouer Marie-Madeleine, alors même qu'elle conférait à Jésus son statut divin, en étant le premier témoin de sa résurrection !
Si Jésus était déjà revenu, au sens de "retour messianique", il proclamerait : "En vérité, je vous le dis une bonne fois pour toutes, cette inversion des croyances doit cesser ici et maintenant ("hic et nunc") : telle la mystérieuse rose de Jéricho, l'Amour doit renaître, pour le bien de tous et de toutes !


Une autre cruelle déformation concernant Jésus est celle de son sacrifice rituel "volontaire" sur la croix, suite à sa dénonciation comme "ennemi de l'empire romain" , pour soit-disant sauver ou racheter - c'est selon - les pêchés innombrables d'une humanité en perdition et à l'âme noire.
Or, nous savons tous que sur la croix, il a prononcé les fameuses paroles "Elie, Elie, sabactanni ", ce qui signifie "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?"
C'est en complète contradiction avec la croyance rajoutée par la suite, en un sacrifice volontaire ! En réalité, ON l'a chargé a posteriori de tous les malheurs d'un monde plutôt basique et égoïste, qui n'a jamais levé le petit doigt pour lui. C'est la triste vérité.
Et il est légitime de se demander, si à l'avenir, la rédemption qui était son thème favori avec l'amour, ne va pas trouver à s'appliquer de manière beaucoup plus sélective et restreinte ?
Car, il pourrait exiger des preuves de bonne volonté à son égard, sinon tant pis !

N'est-il pas paradoxal, en effet, que celui qui a voulu, à toutes forces, sauver Jésus de la crucifixion, en proposant à la foule un ultime choix entre lui et le brigand Barrabas, ait été le romain Ponce Pilate (un païen), gouverneur de la Judée, et censé être théoriquement son ennemi ?!
Il est triste et poignant que le personnage réel de Jésus soit si peu accepté en fait par une partie notable de ses propres fidèles, l'intolérance, la stupide dérision, et la volonté pervertie d'imposer des souffrances ou des difficultés inutiles aidant. Et il y a quelque chose d'anormal et de singulier dans cette adoration à rebours conditionnée par son caractère supposé "asexué", dont il est l'objet depuis 2000 ans : ne vise-t-elle pas chez ceux qui l'instrumentalisent à satisfaire leur besoin de domination sur les âmes et les êtres, autant que leur propre ego, en cherchant systématiquement à avoir un dernier mot pourtant erroné, et si fatidique pour eux-mêmes ?
"Errare humanum est, sed perseverare diabolicum" (Se tromper est humain, mais perséverer est diabolique) !
Or c'est là qu'est le vrai problème, et nullement sur le fait de savoir qu'il était un "homme divin" et "oint" - avec de l'huile de nard hors de prix ou de la myrrhe - et donc sacré.

Egalement, la filiation directe - voire l'identification - au Maître de Justice de l'Ecole Essénienne de Qumran pose elle-même question, lorsqu'on connaît justement la prohibition du contact de l'huile avec le corps, l'exclusion des femmes, et la fermeture sur soi-même qu'elle pratiquait.
Car tout s'y faisait à l'envers de ce que fit Jésus.
Cependant, on peut admettre que même si Jésus n'a pas vraiment été membre de cette école, il en a perçu l'influence diffuse, tout bonnement pour des raisons de proximité géographique, et surtout du fait de Saint Jean-Baptiste - qui lui a donné le baptême. Et il est vrai que certains des nombreux rouleaux de la Mer Morte découverts à partir de 1947 dans les grottes de Qumran - notamment la grotte 4 (1955) -, traitent de la venue du Messie...ou plutôt de son retour pour les plus récents (datés de 68 de notre ère), d'où une certaine confusion temporelle, et également une grande lenteur à les rendre publics.
On se situe là dix ans après la prodigieuse découverte des manuscrits de Nag Hamadi (Egypte, 1945), dont le fameux Evangile de Philippe qui décrit les rapports de couple de Jésus et de Marie-Madeleine, avec "l'échange des fameux baîsers". Ce texte confirme d'ailleurs un écrit attribué à Marie de Magdala (Marie-Madeleine) découvert au Caire, et qui se trouve dans le département d'égyptologie du Musée National de Berlin depuis 1896.
Car la grande influence des écoles de mystères égyptienne ou orientale, où la femme tient un grand rôle, et où l'usage de l'huile est avéré, dans une optique d'ouverture au monde, apparaît la plus évidente. Elle peut permettre de combler les trous de sa biographie, pour ce qui est des années manquantes et inconnues de son adolescence. Et elle explique beaucoup mieux l'homme qu'il fut, et également ce qu'il fit.


Lorsque Jésus-Christ est crucifié sur le Mont Golgotha, Marie-Madeleine, sa femme reste titre familial" jusqu'à la fin de la crucifixion, avec l'autorisation administrative de Ponce Pilate. Une femme se marie rarement avec un homme qui veut changer le monde à l'instar de Jésus, ou écrit des poèmes d'amour fou - à moins qu'il n'écrive en langue d'oc comme Richard Coeur de Lion (1157-1199) à une bien aimée qui y est sensible, comme Bérengère de Navarre (vers 1163 -1230), la plus belle princesse de son temps.

Car généralement la femme préfère ce qui est concret et assure sa sécurité, à moins d'être déjà bien pourvue bien sûr, ou de rencontrer un être d'exception doté de certains "dons inédits" ou de pouvoirs divins fabuleux, transmissibles à sa descendance. C'est ainsi qu'il arrive qu'elle succombe à ce qui la fait rêver, et lui permet de transcender son existence en devenant une héroïne, tout simplement !

Aussi, lorsque cela se produit, comme entre Marie-Madeleine et le Christ, ce n'est pas quelque chose à dissimuler : il faut au contraire le mettre en pleine lumière pour le magnifier à juste titre. Car le beau, le bon, et le divin font enfin bon ménage, comme il se doit, pour la plus grande gloire de l'Un ! Mais laissons à Léonard de Vinci l'honneur de conclure sur ce qui le concerne au premier chef, en le citant : "Le caractère divin de la peinture fait que l'esprit du peintre se transforme en une image de l'esprit de Dieu !"


mardi 13 juillet 2010

Aux bons souvenirs de Vénus : l'avenir global se conjugue au passé antérieur !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Il existe depuis la nuit des temps une continuité historique "habillée" autrement et transposée, dans un continuum spatio-temporel irrésistible qui a effectivement un sens : le souffle du chaos apparent, est en réalité celui d'un "aspirateur géant", d'un grand tunnel vers la lumière, qui nous dirige tout droit vers le passé antérieur.
Simplement, nous nous heurtons au "mur de la mémoire" des anciens Assyriens, et nous ne nous en souvenons pas. Pourtant tout serait lié selon eux à la résonance secrète des choses et aux relations "sympathiques" de notre environnement. Tout fonctionnerait, pour simplifier, à la façon d'une "ardoise magique", et absolument pas sur le mode "préhominien" du darwinisme, passablement "écervelé" - lorsqu'on veut bien étudier attentivement ses implications.
Avec son passé revendiqué (sans doute à tort), de "singe" ou de "guenon", l'être humain aurait ainsi complètement brouillé les cartes et changé son futur, peut-être pour le pire. Il ne comprendrait rien au monde qui l'entoure et le dépasse de plus en plus, du fait de son analyse erronée et par trop basique. Mais ce n'est pas irrémédiable.


La "théorie assyrienne du futur", qui était en vogue à l'époque de son grand empire (IIème millénaire av. J.-C. - 609 av. J.-C.), place le futur derrière nous et non pas devant, ce qui peut paraître très provocant. Elle sous-tend une croyance en un scénario du bon choix, dans une vie sans cesse répétée jusqu'à ce moment ultime, à travers de multiples existences parallèles fondées sur la résurrection - notion reprise par Jésus-Christ -, et non la réincarnation qu'elle "ébranle" ipso facto ! Cela expliquerait le sentiment diffus de déjà vu que nous avons parfois, tout en donnant une part plus grande paradoxalement, au libre-arbitre, au pouvoir créateur et au succès final. Et la réincarnation serait dès lors fondée sur une compréhension altérante de l'histoire des hommes et un contresens total, de ce point de vue. Egalement, la théorie darwiniste de l'évolution des espèces par voie de sélection naturelle se retrouverait donc être...une fausse croyance. De là à dire que l'histoire marcherait en crabe, il n'y a qu'un pas. En tout cas, cette théorie a le mérite d'expliquer très simplement pourquoi il serait possible de prévoir l'avenir, au moins en grande partie, puisqu'il est déjà arrivé. Le tout est donc d'accéder à la bonne version !

Depuis l'aube des temps, certains hommes y sont parvenus, mais aussi des animaux : l'exemple récent de "Paul le poulpe" - qui a pronostiqué avec exactitude le résultat de huit matches successifs de la 19ème coupe du monde de football -, montre de façon flagrante que la compréhension du monde peut être parfois bien mieux perçue par une petite pieuvre à huit tentacules ("octopus" en anglais), que par les meilleurs spécialistes humains et les programmes mathématiques les plus sophistiqués. De fait, il est très populaire, et presque toute l'Espagne l'a généreusement associé dans la liesse populaire à sa grande victoire sportive, sauf un chercheur espagnol sur les poulpes. Ce dernier a fait une critique biaisée, selon laquelle Paul se dirigeait systématiquement vers le drapeau espagnol avant tout pronostic de choix entre deux pays. Or, cet argument n'est pas valide scientifiquement et renforce même le don de prescience de l'animal : car on peut facilement objecter que si Paul faisait effectivement cela depuis le début, c'est sans doute parce qu'il était clair dans son esprit que l'Espagne serait championne du monde de toutes façons ! L'intelligence animale peut clairement battre l'intelligence humaine, et beaucoup plus souvent qu'on ne le croit. Il faut l'admettre avec humilité, même si c'est apparemment dur pour certains qui considèrent, vraiment à tort, les animaux comme des "choses très bêtes".


Le peuple assyrien est aujourd'hui dispersé dans le monde : on le trouve en Syrie bien sûr, mais également en Irak (successeur du rival mésopotamien de l'ancien empire assyrien), en Iran, au Liban, en Turquie, mais aussi aux USA, au Canada, en Suède, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Arménie, en Géorgie et même en Russie, pour l'essentiel. L'ancienne URSS l'avait même reconnu en tant que peuple ("'narod") des "Aisor" (ou Assyriens). Le drapeau actuel de sa diaspora mondiale est composé de quatre flammes tricolores bleu-blanc-rouge disposées en angles, reliées entre elles par une étoile à quatre branches (symbole d'Ishtar également appelée Inanna, déesse représentant la planète Vénus) avec en son centre un soleil orange, et surmontées d'un dieu ailé semblable à "Ahura Mazda". C'est donc un drapeau rappelant le lien de ce peuple avec le cosmos, à ses origines.


Ce qui unirait ce peuple, dont le lien direct avec l'ancienne Assyrie est contesté par certains, est la langue néo-araméenne. Pour mémoire, rappelons que l'araméen était la "langue-mère" vernaculaire du Proche-Orient, et fut également celle de Jésus-Christ. La religion chrétienne syriaque (christianisme d'origine) est d'ailleurs un autre trait d'union de la survivance de ce peuple.
Ishtar, également représentée sous la forme protectrice d'une étoile à huit branches - cf. les huit tentacules de "Paul le poulpe" -, était la reine des Cieux. Sa transposition en Ashéra, l'épouse cachée de Yahvé est connue des meilleurs spécialistes. Fille du Dieu à tête de serpent Ea, qui créa les créatures d'argile ("lulu"), connues aujourd'hui sous le nom d'''hommes", elle était la seule à pouvoir troubler l'Apsû (l'eau cosmique du savoir). De nombreux artefacts datant de 5900 avant Jésus-Christ, ont d'ailleurs été retrouvés en Irak, à Tell-el-Obeid. Ces figurines de mères à corps de femme et à tête de serpent essentiellement, allaitant des bébés présentant les mêmes traits caractéristiques, sont à l'origine des recherches historiques les plus discrètes sur "les Obeidiens", des meilleurs laboratoires mondiaux.


Pour en revenir à Ishtar, elle incarnait la polarité des contraires d'un monde alors non manichéen : c'est pourquoi elle était tout à la fois déesse de l'amour, de la richesse acquise et de la fertilité (Vénus était alors perçue, selon les tablettes d'argile, comme l'antique "relais-étape" et le "garde-manger" du système solaire)... mais aussi celle de la guerre en se transformant alors en lionne entre autres, et en étant assistée de l'extraordinaire puissance de ses "vents guerriers", si contraires aux ennemis de l'Assyrie. On dit qu'Ishtar pouvait également changer les hommes en femmes et inversement avec une arme céleste irisée (sorte de lance argentée rétractable). Une persistance de la représentation d'Ishtar consiste en une vierge entourée d'un liseret d'étoiles sur fond bleu, ou plus simplement un liseret d'étoiles en cercle central sur fond bleu. Cela fait immanquablement songer à un drapeau mondialement connu : n'est-il pas systématiquement associé aux drapeaux nationaux par les chefs d'Etat européens, lors des discours officiels où l'on doit convaincre le peuple !


Une autre représentation d'Ishtar est la fameuse "tetraktys" grecque de Pythagore (vers 580 av. J.-C. - vers 497 ou 494 av. J.-C.), la figure à cinq branches de "l'étoile du matin", c'est-à-dire la planète Vénus : il y avait différents degrés dans l'initiation pythagoricienne, à savoir les postulants, les néophytes, les acousmatiques ou "auditeurs", et les mathématiciens qui devinrent rivaux des précédents qualifiés de "moralistes". En réfléchissant bien, on retrouve très souvent ce symbole, que ce soit avec les "stars" d'Hollywood, sur les barrettes ou les épaulettes des généraux, dans l'étoile des shérifs ou des rangers américains, ou encore dans un très grand nombre de drapeaux ou de logos, par exemple. Simplement, l'étoile est tellement présente dans notre vie quotidienne, et sur toute la surface du globe, que nous n'y faisons même plus attention. Mais maintenant, ça va enfin changer !

Il n'y a donc pas que les Mayas, avec leur calendrier vénusien synchronisé à celui de la Terre, et leur attente du choc solaire révélateur et foudroyant du "Grand Retour de 2012", qui se soient intéressés à l'importance incroyable de Vénus et de ses multiples marques dans nos vies. A côté de ce grand (ou de ces grands) coups de foudre ou de chaleur, ces marques peuvent d'ailleurs être fort bonnes, quand il s'agit d'amitié, de sentiments et du coeur. Certainement plus que jamais, le passé antérieur joue un rôle fondamental dans nos vies nolens volens. Et il semble bien que personne n'échappe sur cette terre à l'omniprésence vénusienne, alors que la planète éponyme est soit-disant morte - si l'on ignore les couleurs variées, du marron en passant par le vert et le bleu, des mappemondes russes issues du programme Venera. Et seules les abeilles, le maïs ou le cacao, originaires de Vénus selon les Mayas, à titre d'exemples, pourraient nous faire douter de la validité de connaissances trop rapides et stéréotypées. Vénus aime bien faire de temps en temps un petit coucou du ciel, même à la Chine d'Hangzhou qui aurait pu l'oublier !

vendredi 2 juillet 2010

"La liberté guidant le peuple": les clés stupéfiantes du tableau de Delacroix (1798-1863) !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Eugène Delacroix a immortalisé "le 28 juillet 1830" dans un célèbre tableau représentant Marianne tenant un drapeau tricolore brandi dans une main, et un fusil à baïonnette dans l'autre. Il s'agit de "La liberté guidant le peuple", si admirée en Russie, qui fait le pendant au génie de la liberté de la Place de la Bastille, érigé en 1831 aux mêmes fins : la statue comporte les noms des personnes mortes lors des barricades et de la prise des armes de l'Arsenal.
Il reste que le Maréchal Marmont (1774-1852), chargé de la défense de Paris, battit à ce moment là son propre record d'inefficacité militaire, malgré l'effusion de sang : il surprit même les plus incrédules, lui qui avait pourtant déjà à son palmarès la capitulation de Paris devant les Alliés durant la campagne de France en 1814 ! Mais peut-être était-il à nouveau démoralisé ?
Car ce tableau commémore "la Révolution de juillet 1830", qui met un terme au règne de Charles X (1824-1830), après l'incroyable maladresse de la publication au Moniteur, le 26 juillet, des "quatre ordonnances scélérates" de son dernier président du conseil, Jules de Polignac (1780-1847), dont la première supprimait la liberté de la presse. Chef du parti des Ultras (les émigrés de 1789), le prince de Polignac violait la Charte de 1814, en dissolvant également une assemblée nationale nouvellement élue, qui n'avait même pas encore siégé. Les journées des "trois glorieuses" (27, 28, et 29 juillet 1830) portent en effet alors au pouvoir Louis-Philippe d'Orléans (1830-1848), devenu d'abord lieutenant-général du royaume, puis finalement roi, le 7 août 1830, à l'instigation efficace du fidèle Marquis de La Fayette (1757-1834) !
Etonnamment, la ceinture-foulard de l'ouvrier qui tient un sabre au clair à la gauche de la peinture (en retenant son pistolet sur le ventre), rappelle celle que portait le marquis de Charette (1763-1796), l'un des derniers défenseurs des Tuileries le 10 août 1792 : c'était même devenu, après la révolte de Machecoul (11 mars 1793), le signe de ralliement des Chouans ! Pour souligner ce point, l'ouvrier porte d'ailleurs le béret à cocarde blanche des royalistes chouans.

C'est important de le mettre en exergue en cette année 2010, où l'on commence enfin les premières fouilles des charniers du Mans, chef-lieu de la Sarthe ("Que les entrez - prononcer an treize - sortiront de leur tombe..."), où fut ensevelie sous la chaux vive et à la sauvette une partie seulement des nombreuses victimes vendéennes des "colonnes infernales" de Turreau, à partir de "Quatre-vingt treize" (1793). Elles furent bien exterminées lors de "jeux d'hécatombe". Il aura fallu 217 ans ("An révolu du grand nombre septiesme") pour les voir apparaître.
N'oublions pas que les Chouans se plaignaient d'avoir été plus ou moins lâchés par les frères de Louis XVI, le comte de Provence (futur Louis XVIII) et le comte d'Artois (devenu par la suite le fameux Charles X) ! Ces derniers étaient un peu considérés comme les opportuns "fuyards" du 13 juillet 1789 : Charette , l'un des plus grands chefs chouans à qui même Napoléon Bonaparte (1768-1821) reconnût du génie stratégique et un grand courage, ne les voyait donc pas seulement comme des "émigrés profiteurs" ayant quitté le navire après que le roi Louis XVI (1754-1793), eût payé leurs énormes dettes de jeu en se mettant lui-même en danger. Jamais Charette ne put vraiment compter sur leur soutien logistique réel, d'où l'échec final de sa révolte pour la liberté au nom du roi puis de son fils, Louis XVII (Versailles, 1785 - Skelton (UK) ?), ...jusqu'en 1796 en fait. Car Drake, le célèbre espion anglais, avait repris contact avec lui, ce qui explique que trois mois et demi après la Paix de La Jaunaye (17 février 1795), il fit volte-face en reprenant le combat, à la surprise de tous. Mais faute des renforts vitaux du Comte d'Artois justement, qui vint à l'île d'Yeu, pour repartir aussitôt, à sa grande colère, sa lutte était vouée à l'échec final. Il reste comme un étonnant chef militaire : il n'était jamais là où on l'attendait, sauf les hiboux (sens premier du mot "chouans"), et leurs soeurs les chouettes !
Mais continuons le décryptage du curieux tableau de Delacroix. On y voit en bonne place le gamin Gavroche, à droite de Marianne, chantant deux pistolets en mains un refrain popularisé par Victor Hugo (1802-1855) dans "Les misérables", tandis que Delacroix s'est, dit-on, représenté lui-même en bourgeois presqu'au centre. Il tenait manifestement à montrer son implication personnelle dans cette révolution si soudaine et si inattendue.

Peintre romantique et grand coloriste, Delacroix, était pourtant l'ami de Charles X (1757-1836), pour lequel il avait réalisé en 1824 "Le massacre de Scio", figurant la répression turque qui suivit en 1822 le soulèvement de l'île de Scio pour l'indépendance grecque. Mais il était aussi celui de Louis-Philippe (1773-1850), dont le drapeau était justement le drapeau tricolore (d'où cette représentation), et rappelle qu'il choisit de devenir "roi des Français" et non plus "roi de France".
Mais il est vrai que son tableau de 1830, toujours sur le thème de la liberté acquise au prix du sang, recèle plus d'un paradoxe. C'est peut-être la raison pour laquelle, il ne fut jamais exposé durant le règne de Louis-Philippe (1830-1848). Il ne sera visible à Paris qu'en 1863 au Musée du Luxembourg, sous le Second Empire donc, avant d'être transféré au Louvre en 1874 en devenant une "icône républicaine" malgré lui. Car il est tout à la fois provoquant et plus difficile à interpréter qu'il n'y paraît avec sa composante mixte, plus vendéenne et teintée d'un royalisme nostalgique et populaire finalement, que vraiment orléaniste, voire si peu républicaine en fait.
La présence fondamentale de l'ouvrier à cocarde blanche d'origine paysanne vendéenne, devant les étudiants, les artisans, et les imprimeurs, aux côtés de Marianne, est le témoignage poignant d'une France déracinée, et annonce déjà l'ère industrielle : les paysans commençaient à quitter les campagnes pour venir grossir les rangs des futurs prolétaires de la capitale et des grandes villes.
Tous ces personnages se battent côte-à-côte pour la liberté, et l'espoir incroyable mais vibrant de retrouver la grandeur de ce qui fut ! Car ce tableau est profondément affectif, et montre un élan fraternel des diverses composantes de la population, dans une France qui veut enfin pouvoir vivre - voire revivre - ensemble.
Et l'enfant Gavroche se fait l'interprète de cette nostalgie de l'ancienne France idéalisée, par sa gouaille et son chant :
"On est laid à Nanterre,
C'est la faute à Voltaire,
Et bête à Palaiseau,
C'est la faute à Rousseau.


Je ne suis pas notaire,
C'est la faute à Voltaire,
Je suis petit oiseau,
C'est la faute à Rousseau.


Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à Rousseau."

Qui était exactement Marianne dans cette composition populaire ? La réponse n'est pas si simple que cela. Pour certains, la référence à son personnage daterait de 1792 et symboliserait la République naissante, même si on ne l'appelait nullement comme ça à Paris. Pour d'autres, c'était tout simplement le prénom du modèle de Delacroix (qui était aussi sa petite amie pour ses jeux amoureux). Enfin, on a même songé à faire un lien inattendu avec une femme célèbre qui se battit également pour la liberté, en cherchant - avec succès d'ailleurs - à participer de la fin du régime jacobin de la Terreur, au péril de sa vie : MARIE-ANNE CHARLOTTE de CORDAY d'Armont (1768-1793), qui fut très liée aux Girondins, et mourut guillotinée le 17 juillet 1793, pour avoir tué Marat (1743-1793), considéré par elle comme l'instigateur de la Terreur. Cette jeune femme de 24 ans incarna paradoxalement, par son abnégation et son sacrifice volontaire, le sursaut salvateur d'une France qui ne voulait pas mourir. Il reste de tout cela que Marianne est une allégorie transformatrice personnifiée. Et il est constant que la France a traditionnellement été représentée par une femme à la poitrine généreuse et dénudée, que ce soit avant ou après la Révolution. Il y a en ce sens un syncrétisme puissant à l'oeuvre qui transcende les différences en une singulière continuité historique, entre "les mammelles" d'une France nourricière à la Sully (1559-1641), "la semeuse" couronnée d'épis d'or ou entourée de faisceaux de licteurs du Franc français (à l'image de la déesse Démeter, également appelée Cybèle), et la Marianne combattante les seins dénudés, coiffée d'un bonnet phrygien - rappelant justement le royaume de Cybèle en Phrygie, Turquie d'Asie - de Delacroix.


A propos des fameuses ordonnances signées par Charles X, qui entraînèrent sa chute ultra-rapide, Chateaubriand (1768-1848) eût cette phrase prophétique : "Encore un gouvernement qui se jette du haut des tours de Notre-Dame !" Quelle importance tout ce qui précède a-t-il aujourd'hui ? A priori, aucune ! Cependant, il faut se garder de penser que les représentations mentales soient secondaires dans l'esprit des gens. Ce sont des archétypes, qui ont à ce titre, une influence très profonde sur le comportement collectif irrésistible, et donc sollicitable des individus, y compris et surtout les plus effacés. Normalement, un archétype est caractérisé par sa grande prévisibilité tant qu'il est stable. A défaut, il aurait plus les caractères imprévus de la nitroglycérine médicale pour le coeur, en introduisant des jeux nouveaux de fonctionnement dans l'angor spontané de "Prinz metal".
Des battements de coeur au pouvoir d'une seule pensée, l'air de la liberté, qui jamais ne fut symbolisée par un rébus ("à découper suivant les pointillés"), aura tout changé !