lundi 23 mai 2011

Islande 2010-2011 : l'incertitude règne sur le prochain volcan à exploser du côté de l'Atlantique-Nord !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

_______________________


Que se passe-t-il exactement en Islande depuis l'année dernière ? Un deuxième volcan, le Grimsvötn, vient de se réveiller avant-hier samedi (succédant à l'Eyjafjöll l'an passé).
Son éruption s'est traduite par un énorme panache de 20 km de haut dans le ciel islandais, qui a paralysé le trafic aérien islandais jusqu'à lundi après midi.
C'est la neuvième fois en quatre-vingt ans que ce volcan entre en éruption, mais c'est la première fois sur cette période qu'elle se montre d'une telle puissance. Ce volcan qui est plus particulier que l'Eyjafjöl, se situe dans le sud-est du pays. Il est clairement le plus actif d'Islande. Et son nuage de cendres a déjà recouvert la capitale, Reykjavik, située à plus de 400 km. Il apporte la nuit soudaine là où il passe et se propage.

La menace sur le ciel européen se concrétise à nouveau, mais de façon moindre pense-t-on. Dès demain le ciel écossais sera touché (un grand nombre de vols viennent d'être annulés en Ecosse de 17h ce jour à demain midi). Même le président Obama en visite en Irlande aujourd'hui a dû écourter son séjour en revenant sur Londres, en attendant d'aller au G8 de jeudi et vendredi prochains à Deauville (France).
Et jeudi justement, c'est l'espace aérien français et espagnol qui sera touché par les cendres volcaniques. Le ciel européen est à nouveau chargé de particules vitrifiées, dont une grande partie sont plus lourdes que celles de 2010, et donc censées se propager moins loin en retombant plus vite au sol. Ainsi son panache ne se situait plus qu'entre 8 et 12 km de hauteur aujourd'hui, et il devrait se dissiper d'ici peut-être une dizaine de jours.

L'Islande, petit pays dynamique de 103 000 km2 pour 320 000 habitants, risque vraiment de devenir une hantise pour le transport aérien en Europe et dans le monde, ou au contraire un havre d'aventure pour les touristes avides de sensations fortes. Tout le monde pense : oh non, ce n'est pas vrai, encore un volcan islandais qui fait des siennes !
Il faut dire que l'année 2011 a déjà été riche en catastrophes, révolutions, crises, guerres, séismes, tsunamis, accident nucléaire majeur, revirements abrupts de situations, et désastres les plus divers mais aussi les plus traumatisants. Les records de 2010 sont battus. Et nous ne sommes qu'au mois de mai, et même pas encore en 2012 ! Un peu plus de sept longs mois restent à courir jusqu'à la fin de cette année précurseuse.
Il reste que le Grimsvötn fait aussi peur que l'Eyjafjöll l'année dernière presque à la même période, pour les mêmes raisons, alors qu'elles devraient être différentes compte tenu de sa singularité.



L'Islande est vraiment un univers insulaire surprenant, qui ressemble à un pays en gestation, et donc en devenir éternel : elle est essentiellement constituée de volcans, de caldeiras ou de cratères, avec des geysers.
Le problème avec ses volcans, qu'il s'agisse de l'Hekla (1491 m), du Katla (1512 m), ou d'un autre, c'est qu'on ne sait jamais lequel va entrer en éruption, ni à quel moment, même si le processus tellurique semble s'enchaîner et s'accélérer.
Ainsi, après l'Eyjafjöll (1666 m), l'année dernière, les spécialistes avaient plutôt envisagé que ce serait le tour du Katla, qui peut provoquer un panache autrement titanesque que ce que l'on a connu jusqu'à aujourd'hui. On sait également qu'il peut engendrer un énorme tsunami de 5 à 10 m de haut au minimum en Mer du Nord, et que cela peut arriver incessamment.
Pourtant, c'est le Grimstvötn (situé à 1725 m au dessus du niveau de la mer) qui s'est réveillé cette fois-ci.


Or le Grimstvötn n'est pas un simple volcan parmi d'autres, mais une caldeira en réalité. Et ce n'est pas du tout bon signe pour le futur proche, et pas seulement en Islande.
Une caldeira est une dépression circulaire ou elliptique, arrondie en tout cas, laissée par l'explosion précédente d'un volcan, qui s'est affaissé et est tombé en sommeil en quelque sorte.
Elle peut être le siège d'un "super-volcan", comme celui de Yellowstone (volcan gris) aux USA, dans le Wyoming, dont la dernière éruption remonte à 1350 avant Jésus-Christ selon les vulcanologues. Dans cet environnement de geysers également, la prochaine peut être...demain tout simplement.
On trouve aussi une célèbre caldeira sur l'île de Sao Miguel (Açores), "la Caldeira das Sete Cidades" - ou Caldeira des Sept Cités, sous-entendu englouties - sur ces restes portugais...d'Atlantis pour un grand nombre de spécialistes depuis l'époque du prince Henri le Navigateur (1394-1460). Nous en avons déjà parlé dans un article du 1er septembre 2010, intitulé :' "Wanax Heinrich" et "Wanaxa Sophia" II : les Hittites, Troie et le secret atlantique'.



Les Açores, célèbres pour leur anticyclone (zone de haute pression climatique, symbolisée par un A par les services de la météo), sont situées au sud de l'Atlantique-Nord, tout comme l'ancien pays maya d'Amérique Centrale - dont l'essentiel est représenté par l'actuel Mexique. Avec l'Islande, ces trois zones forment un triangle isocèle sur un planisphère, et si l'on y ajoute la caldeira de Yellowstone, on obtient même un puissant quadrilatère.
Le fait que par le passé, les Mayas singulièrement, soient passés d'un calendrier de 260 jours (calendrier vénusien), à un calendrier de 365,24 jours (terrestre), tout en maintenant une liaison étroite entre les deux par des cycles combinés de 52 ans, vient peut-être aussi de ce qu'ils avaient pris conscience de la relativité de l'environnement terrestre.
L'Islande quant à elle se situe à l'opposé, à la limite septentrionale de l'Atlantique-Nord, donc dans le même ensemble "géo-climatique". Sur la carte du climat que nous voyons tous les jours à la télévision, elle est affublée d'un D, pour zone dépressionnaire (courant d'air froid).



Il y eût la NAO ("North Atlantic Oscillation" ou Oscillation Nord-Atlantique) qui fut mise en évidence à la fin des années 1990. Alors qu'elle était contestée, elle trouva brutalement son existence démontrée par la "super-tempête" qui débuta le 26 décembre 1999 sur l'Europe Occidentale. Cette terrible tempête reste dans nos mémoires avec d'autres, parce que l'anticyclone des Açores ne pût pour cette fois-ci, jouer son rôle traditionnellement protecteur sur le Golfe de Gascogne (France) : rien ne pût donc empêcher la tempête de s'engouffrer tel un immense tourbillon prenant de la vitesse, à travers toute l'Europe, comme dans un couloir où tout fut dévasté.
Le mouvement continu reliant l'air chaud en provenance des Açores, venant se refroidir au niveau d'une zone d'air froid située entre le Groenland et l'Islande, et repartant sous l'eau en direction des Açores, forme ce que les climatologues nomment un "tapis roulant".
Il faut donc également se demander ce qui se passe sous l'eau. En effet, les plaques tectoniques de l'Atlantique Nord ne sont absolument pas visibles à l'oeil nu. Il en existe trois types actuellement à l'oeuvre : les divergentes, les convergentes et les "transformantes", ces dernières étant appelées ainsi parce qu'elles transforment effectivement la géologie d'une zone donnée.

Que se passe-t-il exactement avec les plaques "transformantes" qui peuvent modifier puissamment la géologie terrestre ? Eh bien, il faut savoir que l'écorce terrestre (la lithosphère) repose sur un lit de matériaux essentiellement liquide que nous ne voyons pas en réalité. Et les scientifiques l'étudient, ou devraient l'étudier avec intérêt. Or, le manteau terrestre glisse de plus en plus. Ainsi, quand la lithosphère se met subitement à bouger, elle peut le faire d'un coup sec, et pas uniquement de manière progressive comme nous avons tendance à le croire. Elle se déplace alors éventuellement "d'un bloc" à la surface de la terre : cela peut même affecter la latitude des terres émergées, d'où l'idée claire et imagée de "plaques" qualifiées de "transformantes".
Notre environnement géographique familier peut donc se transformer et changer, alors même que paradoxalement nous n'avons pas bougé. Il s'agit là d'une conception nouvelle, bien que fort ancienne en réalité, que les gens doivent intégrer nolens volens. Et l'Islande en est un excellent exemple, avec ses îles qui peuvent disparaître en une nuit dans les flots de manière brusque et furtive, ou au contraire émerger subitement des éléments aquatiques, comme si elles venaient de nulle part.







L'Atlantique-Nord pourrait être moins concerné cette fois-ci par ce qui se passe "dessus" (en surface) avec un impact plus faible sur le trafic aérien, que par ce qui se passe "dessous" (dans l'aire sous-marine).
L'on se souvient encore des 100 000 vols annulés en avril 2010, et du panache de dangereuses cendres vitrifiées de l'Eyjafjöll qui avait duré environ un mois et cloué au sol plus de 8 millions de voyageurs : cela coûta 1,6 milliard d'Euros aux compagnies aériennes. A titre de comparaison utile, ce montant représente l'équivalent de 60% de la dette islandaise issue de la crise de 2008.


Mais ce n'était qu'une éruption de faible ampleur, par rapport à ce que fut celle du terrible volcan Laki, qui a laissé de grandes fissures volcaniques à 1725 m de hauteur, en 1785, c'est-à-dire un peu avant la Révolution Française. Il peut même en être considéré comme une cause méconnue mais directe, puisque les mauvaises récoltes et les difficultés alimentaires successives qui en résultèrent pour le pain entre autres, furent déterminantes sur le mécontentement populaire français. Sans un tel volcan, la Révolution aurait très probablement été évitée.

Les expériences scientifiques américaines de connaissance de l'ionosphère au pays des elfes, de type "HAARP" (High frequency Active Auroral Research Program, ou Programme de Recherche de Haute fréquence Active Auroral), seraient peut-être à ralentir ou à éviter à l'orée de 2012. Sinon Atlantis, va peut-être réellement resurgir des flots, entre autres événements absolument incroyables !

Egalement, l'Islande comptant 200 cratères ou caldeiras, et 130 volcans terrestres pour le plus grand nombre, mais également quelques uns sous-marins (Jölnir, Surtla, Syrtlingur...), il est très facile de se tromper sur le prochain à exploser si c'est là ! Ce qui est cependant remarquable, c'est que les éruptions les plus terribles ont concerné jusqu'ici des volcans situés dans une zone est - sud-est du pays, c'est-à-dire sur la façade de l'Europe Occidentale, la nôtre donc !

vendredi 20 mai 2011

La difficile succession de Dominique Strauss-Kahn (DSK) au FMI : les USA, véritable pivot d'un choix fébrile !


par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

________________________


Ce que l'on appelle "l'affaire DSK" initiée le samedi 14 mai 2011 à New York, a engendré un véritable séisme politique en France (pour les Présidentielles de 2012), et également au sein du FMI (Fonds Monétaire International). Il a été acculé hier à la démission, les événements ne lui ayant guère laissé le choix, pour pouvoir être libéré sous une énorme caution et des conditions très contraignantes de la prison de Rikers Island, et tenter de prouver son innocence dans une affaire aussi malencontreuse que ténébreuse concernant une femme de ménage victime. L'humiliation pour la France est traumatisante, et les médias américains ne sont pas tendres avec DSK clairement considéré comme un agresseur et surnommé "le pleurnicheur", pour la dénomination la moins dure. Et le risque d'abaissement international du pays est réel.
C'est pourquoi la question de sa succession au poste de Directeur Général du FMI, se pose désormais avec une telle acuité. A cet égard, Christine Lagarde, l'actuelle ministre des finances française semble avoir un grand soutien si l'on écoute les médias français, à commencer par Silvio Berlusconi, le président du Conseil Italien, et les représentants de l'Union Européenne. On a d'abord annoncé qu'elle avait aussi celui de l'Allemagne et des USA : c'est sans doute encore quelque peu prématuré comme nouvelle, compte tenu de la controverse française relative au règlement de l'affaire Tapie introduite par les Socialistes la concernant, un peu antérieurement à "l'affaire DSK".

Pour ce qui est de l'Allemagne, son poids dans ce qu'on nomme "la Françallemagne" est plus grand que jamais. Elle hésite encore entre un soutien à l'évidente candidate française et une candidature nationale, ne manquant pas d'excellents candidats potentiels (Josef Ackermann, Thomas Mirow, Axel Weber ou Peer Steinbrück). De fait, la crise grecque qui est en train de rebondir ne l'inclinerait pas forcément à privilégier un choix générateur de dépenses supplémentaires. Elle ne serait pas très emballée par l'idée de refinancer à nouveau la Grèce, ou même ensuite le Portugal, après les premiers plans de sauvetage de 2010, même si le terme employé est celui de "restructuration". Comme cette dernière pourrait s'avérer de toute façon trop tardive, c'est 30% (et non plus 10 ou 20%) de leur valeur que perdraient les obligations détenues. Certains avancent même une décote de 40%. Ainsi, l'Allemagne voudrait-elle garder la tête froide en n'oubliant pas qu'un Euro, c'est clairement deux Deutsche Marks (DM).Toutefois, il est plus que probable que l'Allemagne se rallie à une candidature de la France



En ce qui concerne les USA, normalement ils ne peuvent eux-mêmes être candidat au poste de Directeur Général du FMI, en vertu d'un accord tacite qui attribue automatiquement ce poste à un européen (eux-mêmes se réservant la direction de la Banque Mondiale) : cela remonte aux accords de Bretton Woods (USA) du 22 juillet 1944, qui ont donné naissance au FMI et à la Banque Mondiale justement, l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) pourtant initialement prévue ne datant que de 1995 quant à elle.
Or, l'on sait que la Banque JP Morgan et la Chase Manhattan Bank de Rockfeller entre autres furent membres fondateurs d'un cartel bancaire associé au gouvernement américain en 1913, la Federal Reserve Bank..., sur les bases de l'accord secret de 1910 de l'île Jekyll (située au large de la Géorgie, USA ). Depuis, ces deux banques ont fusionné dans ce qui est devenu la JP Morgan Chase.
Et actuellement, la Fed est le premier acheteur, devant la Chine et le Japon, de bons du trésor américains au Secrétaire du Trésor : cela résulte d'un étonnant et subtil mode de fonctionnement interne. Pour ce qui est du Japon, il doit dorénavant consacrer ses ressources à la reconstruction des zones sinistrées, après le terrible séisme du 11 mars 2011, suivi d'un tsunami géant, de répliques, et de l'accident nucléaire de Fukushima. Tout va donc reposer sur la Fed et sur la Chine, et si une surprise inattendue devait advenir à l'occasion de la course à la succession de DSK au FMI, elle proviendrait plutôt des USA ou de la Chine (avec une réserve éventuelle pour certains pays européens, et quelques pays émergents).

De fait, la Chine, à raison de sa nouvelle puissance économique et financière a vu l'an passé son droit de vote faire un bond gigantesque au conseil d'administration du FMI : elle est ainsi subitement passée du 9ème au 3ème rang juste derrière les USA et le Japon. Et tout à fait logiquement, dans la suite de ce qui avait déjà eu lieu en 2007, elle propose son propre candidat : il s'agit de Zhu Min, ancien vice-gouverneur de la République Populaire de Chine, devenu très récemment Conseiller Spécial du Directeur Général dont la succession est engagée.
On ignore si elle serait prête à soutenir un candidat alternatif comme le ministre des finances de Singapour (dont la population est à 76% chinoise), Tharman Shanmugaratnam, en cas de recherche d'un compromis avec l'Europe. Et à l'inverse dans un cas de figure plus vraisemblable, on ne sait pas non plus si Singapour soutiendrait finalement le candidat de la Chine, encore que cela soit plausible.
Mais, si comme en 2007, l'Asie n'apparaît pas unie sur le choix d'un seul candidat (l'Inde a proposé son propre candidat, Montek Singh Ahluwalia), il est cependant clair que les remous et crispations diplomatiques pourraient être plus puissants cette fois-ci.
En effet, la Chine ne paraît pas vraiment prête à renoncer et veut mettre un terme à la "mainmise occidentale" sur l'institution : elle estime que dans son pays, il y a des gens très capables, à l'instar de son candidat officiel, et que le choix du Directeur Général du FMI doit refléter la réalité de la puissance économique et financière dans le monde. Et cela doit à son sens, se traduire par une reconnaissance institutionnelle de son rang.

La Russie quant à elle, a déjà désigné avec la CEI son propre candidat, Grigori Martchenko, Chef de la Banque Centrale du Kazakhstan. Ceci dit, elle peut ensuite, comme elle l'a déjà fait précédemment se rallier à la candidature la mieux placée, et qui pourra préserver ses intérêts.
A ce propos, il faut souligner que la situation financière de la Russie est très singulière par rapport au reste du monde. Car c'est la puissance économique et financière la moins endettée de la planète (9,5% de son PIB), depuis son incroyable effort de désendettement des deux décennies passées. Et c'est également l'un des rares Etats à avoir présenté un budget en excédent avant la crise financière du 15 septembre 2008. Ce pays est vraiment étonnant par ses capacités de rebond sur long terme. Au moment où la Fed fut créée aux USA, on proposa au dernier tsar de toutes les Russies, Nicolas II (1868-1918), de mettre en place une banque centrale russe sur ce modèle pour moderniser le pays : il refusa pour préserver l'indépendance nationale. S'ensuivit rapidement la Ière Guerre Mondiale et sa chute tragique dans les convulsions de la Révolution de 1917, avec une Russie confinée dans un rôle économique et financier de second rang. La Russie actuelle ne le veut certainement plus, et cela se comprend aisément.

Ce qui relie des pays aussi différents que les USA, l'Allemagne, la Russie ou d'autres encore comme le Brésil ou le Mexique (qui pourrait avoir pour candidat, Agustin Carstens, Gouverneur de sa banque centrale), et même peut-être la Chine et l'Inde, c'est qu'ils se méfient des écueils que peuvent amener les sourdes rivalités franco-françaises. Cet aspect finalement visible et auto-destructeur les sidèrent un peu. C'est pourquoi, notre candidate va avoir un rôle pédagogique et convaincant à mener, pour rassurer ces divers protagonistes et obtenir le poste suprême du FMI. C'est tout à fait possible et réalisable, en dépit des difficultés présentes de la France ; et d'ailleurs elle semble l'avoir bien compris. Mais elle va devoir se surpasser en démontrant une réelle volonté d'apaisement mais également de redressement de l'image de la France, en agissant avec une sérénité visible et rassurante. Bien entendu, il va également lui falloir faire montre de la plus grande diplomatie avec la Chine, pour éviter un affrontement qui pourrait tout compromettre, sans oublier de donner des garanties à l'Allemagne. Ce sera certainement son plus grand challenge : elle va être obligée d'aller au-delà d'elle-même pour cela. Le poste convoité est à ce prix. Cependant, tout le monde s'accorde à dire qu'elle est particulièrement brillante et dotée de charisme.

Mis à part cela, le futur Directeur Général devra être immédiatement opérationnel pour faire face à d'importants problèmes assez insolubles. Ainsi, l'explosion d'une nouvelle crise immobilière ("Subprime bis") menace-t-elle à nouveau les USA, et pire encore, la cessation de paiements de l'Etat fédéral se profile à l'horizon. Les USA présentent en effet un endettement extraordinaire, avec un plafond à ne pas dépasser (14,294 trillions de dollars). Or cela a failli arriver il y a quatre jours, le lundi 16 mai dernier, et n'a été évité d'extrême justesse par le Secrétaire d'Etat au Trésor, Tim Geithner, qu'en affectant temporairement et exceptionnellement à la dette les cotisations retraite des fonctionnaires jusqu'au 2 août prochain, par le biais d'une écriture comptable (soit 224 milliards de dollars) .
On comprend dès lors que les USA n'aient pas les mains libres, et qu'ils doivent de toute urgence trouver comment stabiliser leur situation financière intenable : eux-aussi ont clairement besoin du FMI.
Or justement, ils détiennent traditionnellement un rôle pivot et donc prépondérant sur la validation du choix et de la nomination finale de son Directeur Général.
Depuis la fondation de l'institution, onze Directeurs Généraux ont ainsi dû recevoir leur aval (dont quatre français), et il va en être de même pour le douzième. Le processus de validation par les Etats-Unis devrait se faire assez vite.

Car aujourd'hui cette institution n'apparaît plus obsolète ni dépassée. Et depuis 2007, elle a retrouvé un nouvel élan, et une puissance financière accrue : ses ressources ont plus que triplé tout de même, compte tenu de la crise financière de 2008, et de ses nouvelles orientations vers les pays d'Europe surendettés. Elle n'aide donc plus seulement les pays pauvres, mais également et de plus en plus, les Etats appauvris anciennement riches, quels qu'ils soient ! Certains ont même comparé le FMI à "un super-ministère des finances mondial", là où l'ONU, avec le Conseil de Sécurité, serait la tête politique du globe.
Il faut quand même reconnaître cela au précédent Directeur Général du FMI, qui a beaucoup oeuvré avec succès pour la modernisation de l'institution et son ouverture aux pays émergents en vue d'un meilleur partage des responsabilités.
Le nouveau FMI est clairement ancré dans son siècle, et la tâche qui attend son successeur, est hautement périlleuse. Et il lui faut montrer qu'il accepte les nouvelles orientations du Fonds, à savoir d'assurer sans état d'âme une véritable trésorerie mondiale (le cash-flow si fondamental pour faire marcher la sphère économique et financière). Là est la clef d'un poste qui requiert une rigueur modulable, et donc une certaine plasticité, voire même de la créativité pour faire face à des défis inédits. Dit autrement, il devra savoir faire preuve de souplesse et se montrer accommodant dans sa réactivité avec certains grands Etats.

John Lipsky, ancien n°2 du FMI jusqu'à dimanche dernier, et Directeur Général intérimaire depuis le lundi 16 mai, a plaidé avec l'accord du conseil d'administration pour une élection "ouverte à tous, transparente et fondée sur les mérites de chacun", plutôt que sur la simple origine géographique. Il est ainsi dans la ligne de son pays, les USA, qui veulent une élection rapide et "ouverte", tout en soutenant prioritairement la candidature d'un européen.
Ces petits glissements sémantiques donneraient à l'accord tacite de 1944 déjà évoqué précédemment, un côté "optionnel", sans formellement le remettre en cause.
La question ne se posera pas avec Kemal Dervis, ancien ministre des finances turc, qui est eurasien à l'instar de son pays, mais vient de retirer sa candidature du fait de l'absence de soutien officiel de la Turquie.
L'option canadienne est une autre piste, avec Mark Carney, l'actuel Gouverneur de la Banque du Canada, en cas de recherche de compromis avec l'Union Européenne. Le Canada critique vertement la position européenne selon laquelle il faut être européen pour gérer la crise européenne : selon lui, il est préférable d'être extérieur. Ainsi, à son sens, les candidatures à la direction du FMI ne devraient être évaluées qu'au seul mérite.
Mais soyons franc, presque tout le monde (y compris Ottawa) parie sur Christine Lagarde, qui est déjà en pole position.





Dès maintenant, avant même le sommet du G8 des 26 et 27 mai prochains à Deauville (Normandie, France), la question de cette succession est abordée fébrilement. Pour mémoire, le G8 se compose des USA, du Japon, de l'Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l'Italie, du Canada, et de la Russie. Il n'intègre donc ni la Chine, ni l'Inde, ni le Brésil, ni encore l'Afrique du Sud (dont le candidat est Manuel Trevor), membres du BRICS.

Quel que soit le candidat (ou la candidate) retenu (e), ce sont les USA qui valideront sa nomination, dans cette compétition menée sur les chapeaux de roue. Il faut d'ailleurs savoir que cette "élection-désignation" concernera également le futur n°2 du FMI, avec le départ annoncé de M. Lipski fin août normalement. Les deux auront en tout état de cause la responsabilité colossale de l'avenir économique et financier de la planète.

Et c'est bien de maintenant qu'il s'agit et pas d'un demain éloigné, même si paradoxalement les candidatures auprès du FMI ne seront ouvertes officiellement que du 23 mai au 10 juin 2011.
La théorie du cygne noir
(" the black swan theory") qui veut que les événements les plus improbables arrivent finalement, en mal mais aussi en bien, devrait logiquement nous conduire tous - et toutes - à plus de prudence et de modestie vis-à-vis du fatum humain et de celui des nations, à sept mois de 2012 !

mardi 10 mai 2011

Ecosse 2011 : un virage historique qui crée la stupeur !



par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

________________________



Le succès colossal et inattendu du Scottish National Party (SNP), lors des élections qualifiées de "locales" du 5 mai 2011, au Parlement écossais, ébranle l'ensemble du Royaume-Uni.
L'annonce de la résurgence écossaise ne nous étonne pas. Car elle nous avait déjà été faite dix-huit ans plus tôt à la fin du mois de mai 1993 à Edimbourg, l''Athène du Nord".
Nous étions tous alors assemblés dans les salons d'honneur de "Mason Hall", lors d'un dîner de gala. Et tout le monde avait alors pris cela avec un étonnement flegmatique.
C'était à l'occasion d'un colloque organisé par l'Association des Juristes Franco-Britanniques. Quelqu'un était en retard à ce dîner de clôture avec smoking (ou kilt) obligatoire. C'était un avocat en kilt justement, qui est arrivé tout essouflé avec sa femme, après ce premier discours qu'il venait de manquer. Nous avions d'ailleurs échangé quelques mots lorsqu'il s'était dirigé vers notre table ronde. Le Président de l'Association, de la table d'à côté s'approcha. Il lui demanda s'il était prêt pour son discours. Il acquiesça en cherchant son "speech" dans sa bourse. Or il n'était pas dedans. On regarda s'il n'était pas tombé par terre, dans la précipitation. Mais non ! Il pensait l'avoir oublié chez lui, à cause de soucis domestiques un peu compliqués de "rideaux". Un peu confus, il nous regarda en nous demandant comment nous ferions si nous étions à sa place. Nous lui répondîmes que nous improviserions en souriant sur le thème du discours égaré, devenant discours de substitution. C'est ce qu'il fit brillamment, en nous lançant un regard complice. Ce jeune et sympathique avocat en retard, qui s'installa à la table ronde jouxtant la nôtre, s'appelait David Cameron (né à Londres en 1966). Il improvisa si bien que ses explications et son humour déclenchèrent l'hilarité chez les Ecossais, les Anglais, notre charmante voisine galloise, et nous-même. Nos compatriotes français qui avaient des écouteurs, se demandaient pourquoi il n'y avait pas de traduction des éléments amusants. Mais tout n'était pas à traduire, l'esprit britannique parfois si spontanément bon enfant, et l'esprit français, souvent trop "collet serré", étant si différents.


Le SNP, Scottish National Party, d'Alex Salmond, pour en revenir à lui, a obtenu 47% des voix à la surprise générale, et même à la sienne propre. Et lui, le Premier Ministre écossais déjà en place depuis 2007, dispose cette fois-ci de 69 élus sur 129. Londres est dans un état d'hébétude complète. Car rien n'annonçait une victoire et encore moins une victoire aussi massive, pas même les sondages. Il faut dire que le système mis en place par les travaillistes en 1999, ne permettait pas théoriquement un résultat aussi stupéfiant. Le curieux mélange de système majoritaire et de système proportionnel instauré par Tony Blair (né à Edimbourg en 1953), était censé mettre en place une "régionalisation" du pays qui éradiquerait à jamais le spectre de l'indépendance de l'Ecosse, en rendant impossible toute majorité absolue. Cela devait favoriser le parti travailliste : l'Ecosse était jusqu'au 5 mai dernier considérée, à tort, comme sa place forte. Mais en matière de spectres et de fantômes, l'Ecosse peut toujours réserver des surprises de dernière minute, et des frayeurs aux plus incrédules. Personne ne comprend rien à ce qui s'est passé ce jour-là, en une inversion inexplicable et ineffable, échappant à la logique classique. Ce qu'on sait, c'est que la politique sociale de M. Salmond, avec la gratuité totale des soins pour les personnes âgées, et également la gratuité des frais d'inscription à l'université (sujet de controverse et de manifestations violentes en Angleterre), ont complètement séduit l'électorat. Comme quoi, l'Etat-providence a su trouver un refuge en Europe !



Or rien ne laissait prévoir cela à quelques jours seulement du mariage du prince William et de Kate Middleton (29 avril dernier). Certes, on aurait pu voir dans l'attitude d'un horse guard écossais, qui avait critiqué la froideur de la future princesse sur Facebook, les prémisses d'une sourde et soudaine volte-face d'un peuple fier et courageux. Même les Romains n'avaient pas pu en venir à bout, et ils s'étaient protégés des Pictes et des Scots avec un mur, le "mur d'Hadrien" (131 de notre ère). De William Wallace (1272-1305) à Rob Roy Mc Gregor (1671-1734), le "roy reb" fatidique, en passant par Bonnie Prince Charlie (1720-1788) sauvé du duc de Cumberland par les jupons de la jolie Flora MacDonald qui l'aimait, l'Ecosse a toujours pris de court l'Angleterre, corsetée dans ses habitudes. Certes, Robert Ier Bruce (1274-1329), qui anéantit l'armée anglaise à Bannockburn (1314), grâce à l'appui inopiné des chevaliers du Temple, n'a plus guère de descendants. Nous connaissons pourtant une jeune et charmante descendante blonde qui a travaillé assez récemment à nos côtés. Mais, c'est sir Sean Connery (né à Edimbourg en 1930), soutien financier indéfectible du SNP, qui envisage depuis plusieurs années de devenir le premier Président d'une éventuelle république d'Ecosse, si Dieu le veut. Qui ne connaît pas l'un des meilleurs interprètes du rôle de James Bond au cinéma ?



L'Ecosse est une petit pays du Nord-Ouest de l'Europe, mais c'est aussi une riche nation qui entend bien profiter d'un meilleur partage des royalties tirées de l'exploitation énergétique de la Mer du Nord (pétrole et gaz naturel) avec l'Angleterre. Et les Ecossais sont de première force en matière de négociation, sachant obtenir ce qui leur revient de droit. C'est un royaume constitutif de la Grande-Bretagne, divisé en 12 unités administratives (9 régions et 3 zones insulaires). Il représente 5,23 millions d'habitants, de religion essentiellement presbytérienne et non anglicane. Sa superficie est de 77 180 km2, et son relief distingue du nord au sud les Highlands (hautes terres), la dépression du Glen More, les monts Grampians, et les Lowlands (basses terres), ainsi que des fjords et de très beaux "lochs" (lacs) comme le fameux Loch Ness ou le magnifique Loch Lomond. Au sud, les monts Cheviot servent de frontière naturelle avec l'Angleterre. Outre Edimbourg, sa capitale, il compte une autre métropole, d'ailleurs plus grande, Glasgow.
L'influence de l'Ecosse à travers le monde est sans commune mesure avec sa taille qui peut paraître réduite. Ainsi certains font clairement naître la Franc-Maçonnerie historique (rite écossais) à Killwinnig au XIVème siècle à partir de ce qui restait du Temple dissous par le pape en 1312, la mythique se rattachant quant à elle à l'Egypte et à la Phénicie.
Un remue-ménage étourdissant vient de commencer en Ecosse et au Royaume-Uni, avec le virage soudain du futur référendum d'autodétermination (prévu pour 2014 ou 2015), auquel David Cameron, actuel Premier Ministre conservateur britannique, a dit qu'il ne s'opposerait pas, même s'il fera campagne contre.





Pour l'instant, on estime encore que 25% à 30% seulement de la population écossaise serait pour la séparation de l'Ecosse du Royaume-Uni. En tout cas, c'étaient là les chiffres du 4 mai 2011. Mais maintenant, on n'est plus sûr de rien, et d'ici trois ou quatre ans les choses pourraient encore bouger. En outre, le grand passage éventuel à l'indépendance ne poserait aucun problème majeur, puisque ce territoire lève ses impôts, s'auto-administre et s'auto-gère déjà tout seul, tout en battant également sa monnaie identique à celle de Londres, la livre écossaise.


Cela a déjà des conséquences collatérales inattendues dans le monde, et singulièrement en Europe (pour une France et une Italie plus justes notamment) et aux USA. Pour ces derniers justement, qui comptent une très importante communauté d'origine écossaise, il est clair que la remise en cause du Royaume-Uni en tant qu'entité supra-nationale depuis 1707, les renvoie à la "Tea Party de Boston" du 16 décembre 1773 (prémisse de l'indépendance américaine). Et la question sans cesse posée du rééquilibrage de leur relation à la métropole d'origine, aussi bien que l'essouflement actuel du mouvement du "Tea Party" de 2008, (rattaché au courant républicain), pourraient trouver de nouveaux développements.



Le succès électoral du 5 mai 2011 du SNP est enfin un incroyable écho au défi lancé par William Wallace, protecteur de l'Ecosse, au roi d'Angleterre Edouard Ier le Sec (1239-1307). C'est un retour nostalgique à une période épique de l'histoire écossaise, qui s'acheva tragiquement par la mise à mort de William "Braveheart" à Londres (23 août 1305).
L'"Auld Alliance", pour la célébration de laquelle des Ecossais avaient également jugé notre présence parisienne indispensable le 27 octobre 1995, reste d'actualité en vue d'un résultat d'harmonie.
Et il est clair que l'Histoire peut apparaître cyclique, voire singulièrement circulaire !

mercredi 4 mai 2011

Les étranges conséquences de la 2ème mort de Ben Laden : la fin des illusions pour l'Occident !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

________________________



C'est la mort d'Oussama Ben Laden (10 mars 1957 - 13 décembre 2003 - 2 mai 2011), qui semble avoir ravivé les tensions dans les banlieues, non pas pakistanaises ni afghanes, mais françaises, y compris la très proche banlieue de Paris.
Il faut dire qu'il y règne déjà depuis le 27 octobre 2005 un climat délétère de guerre civile que certains qualifieraient de "larvée", mais qui en fait serait davantage une "guerre civile cachée" aux yeux de l'opinion publique.
Les petits caïds font quasiment la loi dans ces zones "claniques" qui comprennent même la proche banlieue sud, plus huppée sauf dans sa périphérie.

Et ça ne s'améliore pas avec l'annonce de la mort surprenante de ce riche ex-saoudien, malgré une télésurveillance dont on ne comprend pas toujours bien l'utilité en ce cas. Car il était un peu une "icône" pour eux : il suffit de voir le nombre d'immeubles bariolés d'un "Oussama", mal orthographié le plus souvent. En tout état de cause, l'élection présidentielle de 2012 pourrait subir de plein fouet cette situation définitivement non maîtrisée, au profit non pas de l'ultra-droite (déjà au pouvoir), ni de la gauche en plein retour, mais de l'extrême-droite, et pour de bon cette fois-ci.


Jusqu'à maintenant, nous pensions sincèrement et sans doute bêtement, que Ben Laden était déjà mort le 13 décembre 2003, au Pakistan également, mais dans les zones dites tribales, à la suite d'un raid héliporté des mêmes forces spéciales de la Navy. Mais nous étions totalement dans l'erreur. Car le mort de l'époque était malade, et avait besoin d'une dialyse quotidienne pour soigner ses reins atteints, sous peine de décès rapide. On avait alors retrouvé ce type d'appareil médical dans sa grotte.
Celui qui vient de se faire exécuter le 2 mai 2011, n'avait quant à lui apparemment aucun problème de ce type, et sa barbe pourtant blanchie avait même rajeuni de 10 ans, une décade après le début de sa traque. Donc il était guéri, du fait du bon air d'Abbottabad, ville de villégiature et de garnison pakistanaise proche d'Islamabad, lorsqu'il est mort.

L'explication la plus simple de ce quiproquo, c'est que le sosie était le premier, et non le deuxième qui habitait depuis quatre ans dans cet endroit spécialement aménagé pour lui, mais si mal protégé et sans téléphone. De plus, en France, et sans doute ailleurs dans le monde, on a eu la malencontreuse idée de montrer le photomontage d'un mort, datant en fait de 2009 : cela fait désordre et crée bêtement un doute, franchement évitable au plan d'une communication plutôt nébuleuse et mal maîtrisée.
Mais apparemment son visage étant terriblement défiguré nous dit-on, après sa résistance sans arme, cette photo-ci était peut-être plus acceptable. Surtout que selon une autre source, il aurait d'abord été arrêté, puis tué.


La première information (rumeur devrait-on dire), était donc fausse, qui avait annoncé sa mort en même temps que l'arrestation de Saddam Hussein (13 décembre 2003). Il n'y avait donc pas eu "coup double" contrairement à ce qui avait alors été annoncé à la télévision.
A la suite de cela, la guerre a continué de plus belle en Afghanistan, avec un très grand nombre de morts parmi les soldats américains (4500 à ce jour). Mais grâce à cette nouvelle annonce de décès, on peut considérer à certains égards, que le conflit et le retrait annoncé des USA ne se soldent pas par un échec, mais par une sorte de succès symbolique au contraire. Et désormais, la planète est censée être dans un univers plus sûr, pour quelques jours en tout cas. Et puis comme le mort a été curieusement immergé (dans les 24 heures), on ne connaîtra jamais les détails des attaques suicides aériennes sur le World Trade Center de New York et le Pentagone également : c'est dommage pour les victimes et leurs familles. Mais "Justice a déjà été rendue" de toute façon vis-à-vis de son chef d'orchestre présumé.



Ben Laden est vraiment mort officiellement cette fois-ci. Et après tout, c'est ce message là que nous retiendrons.
Une page d'histoire se tourne donc, et pas seulement sur l'Afghanistan, sauf pour la France qui semble y être coincée jusqu'en 2014.

Le point positif pour les USA, dans les affres d'une crise budgétaire sans précédent à impact mondial, c'est que les 500 milliards de dollars annuels alloués à la guerre d'Afghanistan, vont pouvoir au moins un tout petit peu les aider à temporiser avec Standard and Poor's. Par ailleurs, mais est-ce vraiment positif, Barack Obama fait beaucoup plus peur désormais que George Bush Junior.


Qu'adviendra-t-il après ? Nul ne le sait, car tout est peut-être plus imprévisible et incontrôlable paradoxalement. Et Dieu seul connaît le fin mot de l'Histoire au bout du compte. Le grand rêve de fraternité universelle d'Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.), roi de Macédoine et d'Afghanistan entre autres, et qui fondait l'Occident, n'était qu'un songe qui vient de s'évaporer !