mardi 22 novembre 2011

2012 : de chaudes élections en vue. ..au Lesotho, "le royaume dans le ciel" !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Le Lesotho est un petit pays d'Afrique Australe relativement peu connu, ou parfois connu sans le savoir. Car il a la particularité de partager le massif du Drakensberg à l'est, avec la République d'Afrique du Sud, dans laquelle il est totalement enclavé. Le Drakensberg évoque en effet pour des millions de gens du monde entier l'aboutissement final des arches abritant les rescapés du 21 décembre 2012, dans le film éponyme "2012" de Roland Emmerich (2009). Mais ce n'est qu'un film d'anticipation.
Quoi qu'il en soit l'altitude la plus basse du pays est d'environ 1400 m. Son niveau le plus bas est donc le plus élevé du monde. On l'appelle "le royaume dans le ciel" parce que son sol y surplombe les nuages. Et son sommet, le Thabana Ntlenyana culmine à 3482 m dans la partie orientale justement. C'est ce qui explique peut-être le choix du réalisateur hollywoodien. Là l'hiver austral connaît de violents orages.

Il faut savoir que du fait de son caractère très montagneux, il n'y a guère de vraies routes ni de chemins de fer, et que l'essentiel de la circulation se fait à cheval ou à pied. C'est quelque chose à savoir pour les milliardaires habitués au luxe. Cependant le paysage est vraiment magnifique et vaut le détour.
Sa superficie de 30 455 km2 est très proche de celle de la Belgique (30 510 km2), pour une population d'un peu plus de 2 millions d'habitants (contre 10,7 pour la Belgique). Mais la courbe de la mortalité des adultes a tendance a rejoindre celle de la mortalité infantile, du fait du SIDA qui touche plus de 25% d'entre eux : l'espérance de vie a d'ailleurs chuté à 40 ans.

Comme pour un certain nombre de pays, l'année 2012 marque un renouvellement de la vie politique avec des élections.
Mais depuis l'indépendance du pays accordé par la Grande-Bretagne en 1966, à l'ancien Basutoland, devenu le royaume du Lesotho, cette nation a connu pas moins de trois drapeaux. Les soubresauts politiques rythment donc cycliquement la vie de ce pays montagneux pourtant d'apparence assez paisible.
La profession la plus secouée est celle de ministre, à la fois du fait des oppositions classiques, des remaniements ministériels soudains, mais aussi d'une certaine insécurité physique.Ce sont eux qui subissent le plus d'attaques, dans tous les sens du terme, même si c'est généralement sans gravité.

Le Lesotho est une monarchie constitutionnelle sur le modèle britannique, où l'essentiel du pouvoir est détenu par le Premier Ministre. Ce pays est d'ailleurs membre du Commonwealth. Depuis 1996, son roi est à nouveau Letsie III (né en 1963), à la mort de son père Moshoeshoe II (né en 1938, et roi de 1966 à 1990, puis à nouveau de 1995 à 1996, après l'exil de son fils). Eh oui, la politique est assez embrouillée au Lesotho, avec les coups d'Etat ou les accidents de voiture au bord de précipices - ce qui est exceptionnel compte tenu de la rareté des routes aux alentours de Maseru, la capitale !
Le Sénat compte 33 membres nommés pour 5 ans, dont 22 chefs traditionnels, et onze sénateurs désignés par le roi après avis du Conseil d'Etat. Il est à renouveler en février 2012.
L'assemblée nationale compte 120 membres élus au suffrage universel direct pour 5 ans, dont actuellement 29 femmes. Elle est à renouveler en mars 2012 normalement.

Il y a trois grands partis, le LCP (Lesotho Congress for Democracy) actuellement dirigeant, le BNP (Basotho National Party) et le BCP (Basotho Congress Party). Et ce tripartisme - sans omettre les cinq autres partis -, pose problème de façon renouvelée. Un "comité de veille et de suivi" a d'ailleurs été mis en place par l'ONU cette année pour les prochaines élections de 2012, afin de faire face en cas de nécessité. On espère donc des élections pacifiques et crédibles, différentes des élections controversées de 2007 avec la question de la distribution des sièges au Parlement de Maseru. La médiation nationale est portée par le Conseil Chrétien du Lesotho (la population est chrétienne à environ 80%) et la Communauté de Développement de l'Afrique Australe. L'importance des catholiques (40%) explique la venue du Pape Jean-Paul II en 1989, mais des troubles avaient eu lieu avec le détournement d'un autobus qui comptait 71 pélerins.

Après avoir subi comme le monde entier la crise financière de 2008, ce pays a retrouvé les voies de la croissance (5,6 % en 2010) du fait de la hausse du prix du diamant-valeur refuge (mines réouvertes) et des grands projets hydro-électriques. Et l'on estime qu'en 2012 son déficit budgétaire devrait à peine dépasser les 3%. L'agriculture (sur 15% du territoire) et la filière textile - très dépendante de la demande américaine - joue un grand rôle dans son PIB. L'eau du fleuve Orange qu'il exploite avec l'Afrique du Sud, du nord au sud-ouest du pays, et l'excédent en devises à hauteur de 40% du PIB - envoyées par ceux nombreux qui travaillent en Afrique du Sud -, sont ses points forts. Son hydro-électricité assure déjà son indépendance énergétique. Cette année a commencé la construction d'encore un nouveau barrage, celui de Metolong, qui sera terminé en 2013, et la grande perspective d'ici 2020 est le Projet de mise en valeur des Hautes Terres du Lesotho au nord. La monnaie est le loti qui vaut environ 0,10 Euro (à peu près comme le rand sud-africain).
Mais, ce petit pays, qui a su naguère éviter l'apartheid sud-africaine grâce à l'ancien protectorat britannique, reste si dépendant de son puissant voisin (l'Afrique du Sud), que certains à Maseru militent pour qu'il devienne sa dixième province.





On le voit, l'hypothèse du film de Roland Emmerich pour 2012 tomberait assez mal, compte tenu de la tradition des chaudes élections au Lesotho et des remous qui s'ensuivent. Les rescapés des éventuelles arches risqueraient d'arriver "comme des cheveux sur la soupe". Mais peut-être n'y aura-t-il pas trop de "rififi" cette fois-ci, pendant et après les élections de 2012 ?

Egalement, les Lesothans n'ont sans doute pas forcément envie d'être envahis, même de cette manière. Leur histoire par rapport aux Zoulous et aux Boers a toujours été de préserver farouchement leur indépendance. Et c'est la raison pour laquelle les minorités Zoulous ou Boers, mais également chinoises et pakistanaises, doivent parler l'une des deux langues officielles du pays, le sesotho ou l'anglais.

Le sesotho possède un alphabet latin introduit par les missionnaires chrétiens protestants. Une particularité est que le "l" se prononce "d". Normalement ce que Roland Emmerich a prévu dans son film n'est que de la fiction, mais à tout hasard, donnons quelques termes usuels. "Bonjour" et "Comment ça va ? " se disent respectivement "lumela" (dumela) et "u phela joang ?", et "léopard" se traduit par "nkoe". Un autre mot fort utile pour un premier contact inopiné est sans doute "khotso" (paix), qui figure dans la devise du pays, "Paix, pluie et prospérité". Enfin "au revoir" se dit "sala hantle" !

samedi 19 novembre 2011

Fourberie-sur-Seine V : des malchanceux à qui la vraie vie se refuse, pour Casanova !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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En ce moment, Casanova (1725-1798), l'aventurier italien aux multiples facettes connaît un fort retour en vogue. Mais comment pourrait-il percevoir la société de Fourberie-sur-Seine, à l'aune de sa vision du XVIIIème siècle ?
Capables de sourire effrontément, en susurrant des propos souvent désobligeants pour les autres, mais surtout affligeants pour eux-mêmes en fait, les habitants de Fourberie-sur Seine vivent une vie souvent rude, insipide, et vide de grandes joies. Leur rire joyeux pas si fréquent marque souvent leur plus grand désarroi, même ces malheureux jeunes laissés sans perspectives, qui deviennent "vieux" dès vingt ans. A trop "se faire des cheveux", certains ont ainsi prématurément des cheveux blancs, portent une perruque, ou ont la chevelure plus ou moins complètement rasée pour masquer une calvitie anormale. Pour les garçons, cette mode qui donne l'air "viril" serait donc trompeuse. Il y aurait de multiples causes, hormis les dysfonctionnements hormonaux : ainsi, la pollution atmosphérique parfois irradiante, ajoutée à un micro-climat assez instable, et au stress ambiant pourraient former un cocktail néfaste pour leur santé, qui affecterait la peau également.
Souvent passionnés par rien, l'oeil glauque, ils vont leur vie de dociles "zombies" - à ne pas réveiller trop brutalement -, comme d'autres escaladent les montagnes : en se cassant la figure, tels des malchanceux impénitents à qui la vraie vie se refuse ! Le problème c'est que pour les mener, ils n'ont souvent que des adeptes de la gestuelle dissimulée et furtive, ou des phrases ronflantes mais creuses.
Pour se donner l'air intelligent, beaucoup passent leur temps en jeux de mots plus ou moins déchiffrables. De toute façon, à quoi bon chercher à comprendre une logique "à la ramasse" ?
Voulant à tout prix montrer leur "mérite", ces personnes élargissent leurs épaules, ne laissent parler quiconque et bousculent tout le monde. Pourtant, de manière paradoxale, elles peuvent aussi faire preuve d'un conformisme politique étonnant et dérisoire envers une société qui va droit dans le mur.
Mais elles-mêmes ne sont guère convaincues d'avoir un tel "mérite", du fait qu'elles "copient" constamment les autres sans trop réfléchir.

Bien que - ou parce que - kabbaliste italien et franc-maçon "lyonnais", le grand Casanova ne croyait pas du tout au mérite (par trop subjectif, et si hasardeusement récompensé). Et c'est pour ça que sa vie fut malgré tout grandement comblée par l'intelligence, le charme et la chance, et que l'on parle encore de lui - même en se méprenant sur le vrai sens de sa vie.
Cet amoureux éternel et successif pensait au contraire de son époque, qu'hommes et femmes se valaient par les qualités mais aussi les plus grands défauts. Il est vrai qu'il avait de l'expérience pour se prononcer. Son secret était bien gardé : quoique devenu Chevalier de Seingalt de son propre chef, il n'était pas né noble. Mais les quelques duels qu'il eût à mener triomphalement contre des maris tyranniques et cocus, lui assurèrent incidemment cette reconnaissance tant recherchée de son nouveau statut. Il faut dire cependant que sa très grande taille (1,87 m) en imposait autant que sa grande habileté. Il avait un caractère tout à la fois sympathique, volubile, et susceptible ; il était également un "puits de science", et avait un goût prononcé pour les fraises bien rouges. Et ce n'est pas peu dire que son physique impressionna toujours beaucoup, en jouant un rôle déterminant sur ses succès, singulièrement auprès de la gente féminine.
Les femmes, il les aima parce qu'elles lui apportaient du réconfort et l'exaltation des grands sentiments, qui parfois le firent également souffrir. Il ne fut d'ailleurs jamais un Don Juan, au sens que lui donna un Mozart (1756 - 1791) obnubilé par la mort et la domination : de fait, les feuillets qu'il composa pour cet opéra afin d'adoucir le personnage tel qu'il était en vrai ne furent pas retenus. Et très paradoxalement, lui le violoniste séducteur, ne fut jamais "Don Giovanni", bien qu'associé à l'oeuvre !

La première image qu'il eût de Fourberie-sur-Seine fut son caractère de grande ville de la moquerie avec ses pseudo-humoristes souvent peu doués et lassants, mais aussi de la cupidité déguisée sous des bons mots d'apparente affabilité.
Il n'y retrouva d'ailleurs jamais la vraie liesse de Venise, où il voulait retourner malgré les grandes difficultés qu'il avait eues avec l'Inquisition (il fut emprisonné en 1755, dans la célèbre Prison des Plombs dont il s'évada). C'est dire !
D'ailleurs, il réussira à rentrer en grâce en 1774 auprès des autorités vénitiennes, et à être autorisé à revenir à Venise en toute sécurité quand il le voudrait.
L'intolérance de Fourberie-sur-Seine à l'égard des provinciaux ou des étrangers le frappa également : elle se glissait sous l'apparence facile d'un faux moralisme assez arriéré et fourbe, auquel il ne valait mieux pas trop se fier, la sécheresse verbale fréquente n'étant nullement de la franchise. Néanmoins, il aima vraiment la France royale de Versailles, "élégante et croulante" selon ses propres termes.
Mais le mérite de la zone "perdue" de Fourberie-sur-Seine, à la fois désabusée et profondément anti-chrétienne dans les faits, est de l'avoir paradoxalement réconcilié avec le coeur vrai du Christianisme : l'Amour !
En ne voulant pas ressembler à ses protagonistes, il garda l'esprit léger, et parvint tout de même dans sa quiétude à s'assurer de grands contentements, ainsi qu'à être reconnu par le roi de France lui-même, Louis "Le bien aimé".

Toujours pointilleux sur la langue française, que beaucoup parlaient pourtant si mal, ces gens lui paraissaient plus absurdes que les baldaquins d'un lit abandonné. Il écrivit en français pour faire une éblouissante démonstration de son brio à ces rustauds, aussi irrespectueux - mais également si peu respectés en retour - que peu doués pour vraiment séduire, ou encore créer la moindre richesse. Car c'est lui, en tant que mathématicien et homme d'affaires, qui aida Louis XV (1710-1774), dont il fut un temps l'agent secret, à restaurer ses finances, avec la Loterie de l'Ecole Militaire (1758) à laquelle succéda la Loterie Royale (1762) : elle est d'ailleurs l'ancêtre direct de nos jeux d'aujourd'hui. Mais ce peuple parfois trop parcimonieux qu'il aida tant à sa manière inédite lui fut assez ingrat. Il s'en rappela opportunément, bien après son départ de la France, lorsque la Révolution de 1789 et son cortège de mort et de ruines balayèrent tout : on ne peut finalement sauver que ce qui veut bien l'être, et ne s'auto-détruit pas par aveuglement ou mesquins calculs, se disait-il. Des économies inappropriées et inutiles, face au système déséquilibré et injuste de la ferme générale, et à d'excessives dépenses de guerre pour le prestige l'avaient durablement mise dans l'ornière. Pour autant, les spécialistes le savent : Casanova détesta profondément la Révolution française, ses horribles exactions et ses pendables mensonges façon "couperet" ! Il craignit même à cette occasion non pas uniquement le déclassement, mais le "démembrement" de ce pays, qu'il avait appris à aimer malgré tout.




"Heureux ceux qui savent se procurer du plaisir sans nuire à personne, et insensés ceux qui s'imaginent que le Grand Etre [Dieu] puisse jouir des douleurs, des peines et des abstinences qu'ils lui offrent en sacrifice..." ["Histoire de ma vie jusqu'en 1797", par Giovanni Giacomo Casanova, ouvrage très rare également titré "Mémoires de Jean-Jacques Casanova de Seingalt"]
Car il n'aimait pas ceux ou celles qui cherchant à entraver la vie des autres au lieu de s'occuper de la leur, se retrouvaient entravé (e) s ou secoué (e) s de façon inopinée par le juste retour des choses de la vraie vie, et un dieu pas si aveugle.


N'oublions pas que Casanova fut séminariste dans sa jeunesse vénitienne, et redevint chrétien convaincu à la fin de sa vie à Dux (Bohême, actuelle Tchéquie) : là, il fut le secrétaire-bibliothécaire du comte Joseph de Waldstein-Wartenberg (à partir de 1785), après avoir mené une vie de grande liberté et de voyages dans toute l'Europe. Il y mourut à 73 ans entouré de son estime et de son affection. Son plus grand amour fut certainement la belle Francesca Buschini, qui resta très longtemps sa correspondante enflammée, bien après la fin de leur ancienne et passionnelle vie commune. On lui a attribué une dernière conquête amoureuse, la fille du portier du château de Dux, la jeune et jolie Anna-Dorothea Kleer ; mais l'enfant qu'elle porta en 1786 fut reconnu par un certain Shottner - peintre de son état -, qu'elle épousa en 1787, tout en restant dans les parages.

Casanova connaissait bien l'Evangile de Saint Jean et la parabole de Jésus sur le lit d'un homme de 38 ans qui était malade depuis sa naissance (ayant peur du vrai monde), et ne pouvait marcher.
Un samedi, Jésus vint à lui et eût ces mots mémorables :
"Lève-toi, lui dit Jésus : prends ton lit, et marche.
Aussitôt, cet homme fut guéri ; il prit son lit, et marcha." [Jean, V- 8-9]
Casanova quant à lui marcha avec son lit jusqu'au bout...jusqu'à revenir s'inviter dans le monde présent, pour nous montrer le chemin parcouru en plus de deux siècles !

dimanche 13 novembre 2011

Vers un nouveau paradigme mondial : par delà l'utilitarisme excessif et le monde du chaos !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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"Pas bouger", diraient certains aux chaises, ce qui inclut ceux ou celles qui y sont assis !
Rassurez-vous, on veille sur vous : grâce à nous, ce que nous n'avons pas encore mis à bas ou détruit est le nouvel enjeu.
Nous vous avons mené au chaos sous prétexte de l'ordre et de la sécurité, mais faites-nous à nouveau confiance, sans trembloter, pour vous en sortir.
Si nous n'avons pas vraiment compris comment transformer le plomb en or, par contre nous savons très bien faire le contraire : après tout, ces deux éléments sont côte-à-côte sur la table périodique des éléments de Mendeleev.
Mais surtout, faites votre devoir : n'oubliez pas de voter pour nous ! C'est en gros ce que certains nous demandent sans aucune vergogne.
Or nous citoyens (ou citoyennes également), ne sommes pas intrinsèquement destinés à être des gogos.
La mise en place d'un nouveau paradigme, d'un autre modèle - de nouvelle avant-garde -, pourrait bien être à l'oeuvre en ce moment, même s'il a des liens évidents avec un passé antique.

De Babylone à nos jours, les règles qui régissent ce que l'on appelle le capitalisme, mais disons plus simplement le monde financier et commercial, n'ont pas vraiment varié.
Ce qui permit à un homme, comme Nemrod (le "rebelle", ou encore "le vainqueur de léopard"), de devenir riche et puissant, est toujours valable aujourd'hui en fait. Si le premier roi autoproclamé d'Assyrie (XVIème siècle av. J.-C.) revenait parmi nous, il ferait rapidement sa place, avec sa méthodologie si particulière, en ayant guère besoin que d'une simple remise à jour, voire même d'une petite période transitoire d'accoutumance !
Et il en est de même pour les principes qui génèrent la ruine soudaine d'une population à grande échelle (chute de la tour de Babel foudroyée par Dieu).
A la vérité, l'être humain évolue très peu dans ses constantes fondamentales : seul l'habillage, et l'environnement technologique changent quelque peu, en nous entraînant d'ailleurs souvent sur des chemins d'illusions.
La première règle qui assurait à Nemrod sa richesse croissante est toujours en vigueur. Mais il est sans doute préférable de ne pas la dévoiler pour l'instant : il ne faudrait pas la dévoyer, car même pour Nemrod elle fut à la fois trop simple et trop puissante, lui qui prétendit à tort pouvoir protéger son peuple de Dieu lui-même.
Ainsi rien ne nous oblige présentement à tomber dans "le panneau" de la crise grandement auto-générée de la Dette, qui est loin d'être exempte de calculs plus ou moins "clairs" ou d'arrière-pensées peu divines !

L'analogie de la région parisienne avec la Mésopotamie, a déjà été faite depuis le XVIème siècle, avec la notion nostradamienne d'"exigue Mésopotamie", pour la zone géographique française que deux fleuves viennent arroser, la Seine et la Marne. Le terme "Mésopotamie" veut simplement dire "entre deux fleuves" (qui pour Babylone, ou l'Irak actuel, sont le Tigre et l'Euphrate).
De nos jours, comme en la lointaine époque qui vit l'ascension et la chute de Nemrod, puni par Dieu, il faut faire de plus en plus partie des privilégiés pour accéder aux soins, et donc préserver sa santé. Et c'est tout à fait anormal.
Certes, il n'y a plus de constructeurs de ziggourats ni de tours, comme celle impie de Babel, mais il n'y a guère d'acquis dénommés "sociaux" aujourd'hui, qui ne doivent être préservés par la lutte la plus âpre si nécessaire. Et cela ne saurait être l'apanage unique des partenaires sociaux, qui ont d'autres soucis en tête apparemment, mais bien de tout un chacun, lassé qu'on lui raconte des "craques". L'utilitarisme excessif avec toutes les limites de conceptions trop terre-à-terre, réserve d'importantes surprises et des retournements de situation inopinés, que même un romancier n'aurait osé imaginer. De plus, il apparaît inapproprié en ce qu'il mène de façon dangereuse à un indescriptible chaos. A trop vouloir tout contrôler, les gens ne contrôlent plus rien en fait, et ils tuent ce qui est à la base d'une saine économie, l'introuvable confiance. Or il nous faut d'urgence sortir de cette harassante structure de la confusion.

A l'instar du sujet de base de l'époque de Nemrod, le citoyen actuel doit cesser de se reposer constamment sur quelqu'un d'autre, souvent plus perdu que lui, pour défendre ses intérêts : il doit clairement reprendre le pouvoir - sous peine de ne plus en avoir du tout -, et chercher à imposer son mandat impératif plutôt que dévolutif par saine précaution. Après tout, il n'est pas si bête que ça !
Et tout bien réfléchi, il doit préférer être victorieux aujourd'hui, plutôt que le vaincu de demain.
Par exemple, nous payons individuellement fort cher pour une protection sociale, alors que le contrat - car c'est bien un contrat -, est de plus en plus mal respecté. Ne nous laissons pas embobiner par le baratin politique de ceux ou celles qui veulent masquer leur impuissance d'aujourd'hui en érigeant des "têtes de turcs" : nous nous éviterons ainsi nous-même le néant de demain ! Et laissons-les vaticiner avec leurs mauvaises solutions et leur propre néant, loin de nous !
Là aussi nous citoyens, devrions imposer le mandat impératif pour notre propre survie, sinon autant instaurer le tirage au sort des candidats sur les listes électorales, comme certains utopistes le suggèrent, mais bien avant...un improbable 2112 !
En tout état de cause, quelle que soit la forme que prendra la participation des citoyens à la mise en place du monde nouveau, elle ne pourra plus s'identifier au néant, ni à d'illusoires abstractions terminologiques. Tous autant que nous sommes, nous pourrons alors ressentir la fierté de participer à quelque chose de personnel, de génial et de grand : l'édification de notre propre avenir, tels les lauréats du nouvel essor national, et pourquoi pas mondial.





L'ordre du monde tel qu'il résultait encore discrètement de l'époque du commerçant et aventurier vénitien Marco Polo (1254 -1324), ou du poète et politicien florentin Dante Alighieri (1265- 1321), fils d'un agent de change et prêteur d'argent, a sans doute changé radicalement hier samedi. Avec la démission de Silvio Berlusconi, l'ex-Président du Conseil italien (né en 1936 à Milan), c'est une partie de l'ancien ordre du globe terrestre qui finit dans les livres d'histoire, même si personne ne semble vraiment le réaliser.

Un nouvel univers à construire (ou à reconstruire) s'ouvre devant nous nolens volens, tel un ouvrage inachevé. Il est inquiétant parce que ce sont des pages vierges qui restent à écrire. Mais en même temps, il est rassurant parce que tout un chacun peut être appelé à participer à ce nouveau récit, voire à cette nouvelle épopée de l'humanité toute entière plutôt qu'à son néant. Simplement il faut en être conscient, pour y apposer sa plume. Il faut donc se montrer humble avec cette tâche immense, et marquer une certaine équanimité avec la période précédente qui fut excessive et insouciante sans doute, mais ô combien flamboyante et parfois cocasse.

C'est bien du devenir de la planète entière qu'il s'agit, car le monde ouvert réintroduit par Marco Polo avec la Chine, et nombre d'autres pays de la Route de la Soie, reste une donnée essentielle.
Simplement, pour qu'il retrouve son essor, le vrai pouvoir ne peut plus uniquement être détenu par un ensemble de familles plus ou moins apparentées avec le temps, jusque dans les pays anglo-saxons.
Il doit désormais être globalement partagé et rééquilibré, y compris avec l'Afrique, mais aussi la vieille France souffrante trop oubliée ou la toujours plus moderne Chine - voire l'Asie dans son ensemble. Notre avenir peut très bien être beau, avec l'aide de Dieu !

vendredi 4 novembre 2011

Le "katun Cauac" III : l'inédite rencontre d'une économie mondiale fébrile avec l'astronomie en 2012 !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Ce jour, le vendredi 4 novembre 2011 à 14 heures (heure de Cannes, France), la présidence du G20 passe des mains du président français au président mexicain.
Il s'agit d'une étrange coïncidence comme le ciel aime en réserver aux êtres humains, puisqu'avec le Belize, le Honduras et le Guatemala, le Mexique est le successeur du pays des Mayas qui défraient tant la chronique en ce moment.
Rappelons que le G20 est cette instance économique et financière mondiale créée avec peu de succès en 1999, et réactivée à l'occasion de la crise financière de 2008, à l'initiative de la France.
Il regroupe 19 nations en fait, dont tous les membres du G8 (USA, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada et Russie), la Chine et l'Inde, ainsi que l'Arabie Séoudite, plus l'Union Européenne qui est le vingtième membre. Et cet ensemble représente les deux-tiers de la population mondiale, pour environ 90% du PIB mondial, et 85% du commerce mondial.
Le continent qui y est le moins représenté, alors que c'est lui qui possède les plus importantes ressources minières et énergétiques de la planète, est l'Afrique. Son seul membre est l'Afrique du Sud, qui est un Etat multiculturel d'influence occidentale, alors que la Guinée, par exemple, aurait tout à fait pu également être retenue. Mais il est vrai qu'un autre Etat africain, l'Ethiopie, est un invité permanent cependant.
L'Asie quant à elle est assez bien représentée avec les pays déjà cités, plus la Turquie, la Corée du Sud et l'Indonésie.
Pour l'Amérique Latine, trois pays émergents en font partie : le Brésil, l'Argentine, et bien sûr l'objet de cet article, le Mexique, principal successeur du pays maya avec sa grande superficie (1 958 301 km2).

La particularité économique du Mexique est qu'il fait partie de l'ALENA (Accord de Libre-Echange Nord-Américain, NAFTA en anglais), avec les USA et le Canada, depuis le 1er janvier 1994. Depuis le début, il y a d'ailleurs des discussions informelles renouvelées entre ces trois pays pour le choix ou la création d'une monnaie commune. Et cette option a été remise en avant depuis la crise financière de 2008, avec "l'améro", qui ferait le pendant à l'euro, mais sans les inconvénients d'une dilution et d'une auto-limitation - interdisant toute politique keynésienne de relance avant dix ans.
Notre monnaie est donc particulièrement étudiée, pour voir ce que serait le projet d'un "améro" optimal, ainsi que les écueils à éviter. Il est évident que la "Federal Reserve Bank" américaine (la "Fed") y jouerait un rôle central de référence pour la création monétaire, en vue de la mise en place éventuelle d'une banque centrale commune, ce qui la distinguerait très nettement de la BCE (Banque Centrale Européenne). Par exemple, dans une situation comme celle de l'euro au regard de la crise de la Dette, ses économistes feraient jouer à cette banque centrale commune un rôle plein et entier de prêteur et de garant en dernier ressort à la capacité théorique illimitée, plutôt que de passer par les limitations inévitables d'une structure intermédiaire ad hoc comme le FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière, 2010).
En d'autres termes, ils ne chercheraient pas à transformer l'or en plomb mais l'inverse, ce qui est plus avantageux : cela passerait forcément par une succession d'étapes et des objectifs vraiment atteignables, et de préférence réalistes (à la différence de ce qui est contre-productivement imposé à la Grèce). Là le but serait clairement de booster l'expansion, plutôt que de créer une zone exsangue, par insuffisance de flux.
Il est en effet à la fois étonnant et peu judicieux, de provoquer la contraction du PIB d'un pays dont on veut qu'il rembourse ses dettes. Mais peut-être y-a-t-il une explication peu perceptible portant sur un autre but, qui viserait en fait à faire oublier ce qu'il représente historiquement et culturellement, pour réinitialiser le monde et introduire de nouveaux paradigmes ?

L'année 2012 va être celle d'une rencontre inédite entre l'économie et l'astronomie, et pas uniquement pour la question de l'importance de la Dette des Etats, par rapport à leur PIB.
L'astronomie vient en effet à la rencontre de l'économie, à travers la coïncidence maya, et son singulier calendrier vénuso-terrestre.
Rappelons que le 22 décembre 2012 sera le premier jour du "katun Cauac" qui va faire entrer le monde dans un "sixième Soleil", absolument pas envisagé par les prêtres jaguars devins, sans qu'on sache vraiment pourquoi. On peut traduire "katun Cauac" par "temps des tempêtes" (cf. nos deux précédents articles sur ce sujet percutant), une période qui va durer environ vingt longues années. Si dans l'astronomie maya, le passage d'un Soleil à un autre est quelque chose de gigantesque, avec ses signes annonciateurs qui montrent en quelque sorte la couleur de ce qui va suivre, son passage vers l'inconnu l'est encore plus.
En tout état de cause, il n'est pas évident de savoir comment va se traduire ce télescopage entre l'astronomie et l'économie mondiale, voire l'humanité dans son ensemble. Mais, il est extrêmement probable qu'il ait bien lieu avec des effets inattendus, multiples et sans doute tout à fait paradoxaux !
Les loups vont pouvoir tout aussi bien se manger entre eux, que les agneaux faire vraiment "ami-ami" avec les loups, sans se faire dévorer. Une autre possibilité encore plus incroyable serait que les agneaux se mettent à attaquer les loups ou les louves, et les effrayent par leur soudaine audace !
Traduit en termes économiques ou politiques, cela pourrait signifier que des inversions faramineuses et hallucinantes vont se faire entre pauvres et riches, ainsi qu'entre faibles et puissants.




Il va sans doute falloir revoir ce qu'on met sous le vocable de "pouvoir". Car juste avant le sommet du G20 de Cannes des 3 et 4 novembre courants, la Grèce a montré sa présence surpuissante, malgré son endettement et donc sa faiblesse : paradoxalement, elle a retrouvé à travers cela un rôle qu'elle n'avait pas eu sur le cours des affaires mondiales depuis Alexandre le Grand (356 - 323 av. J.-C.) !

Pratiquement tout l'agenda de la rencontre lui a été prioritairement consacré, en tant qu'invitée impromptue - le peu qui restait étant dévolu à l'Italie, sa continuatrice, dans un environnement de soudaines pluies torrentielles. La Grèce a créé un "buzz" mondial avec son référendum annoncé puis abandonné, sur le plan de Bruxelles des 26 et 27 octobre derniers, en se montrant digne du grand tragédien Sophocle (v. 495 - 406 av. J.-C.) !

Et à n'en pas douter, le Mexique des Mayas devrait réserver quelques surprises de taille également, pour une année unique dans l'histoire des hommes : 2012.
L'avènement prochain du "katun Cauac" si redouté (le lendemain du 21 décembre 2012), est déjà dans les esprits. D'ailleurs, tous les regards de la planète vont se focaliser fiévreusement sur ce pays d'Amérique Centrale de 111 millions d'habitants, en quête d'une réponse ultime que l'on espère ni définitive ni par trop foudroyante !