lundi 31 janvier 2011

L'alternative aux faux semblants et aux bravados : le réveil d'Alexandre !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique


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On assiste de par le monde à un déferlement de bravados (bravades) et de faux semblants, tous plus risibles les uns que les autres. Les gens les plus moyens se prennent au jeu du chef, voire du super-chef. Ils ne comprennent pas que la force d'un réseau, quel qu'il soit et aussi puissant qu'il soit en apparence, n'est que la force de ce réseau, et pas la leur en propre. Car au plan individuel, il n'y a rien en fait. Dès que le réseau de pouvoir tombe, tout chute, avec les acerbes critiques des opposants ou des opposantes, jusque là gardées sous le boisseau par crainte (et non par admiration béate). Les modifications géopolitiques profondes de l'Afrique, en ce moment même, et qui ne font que commencer soulignent parfaitement cela : la "République Universelle" n'est pas pour demain.
Le plus difficile pour ce genre de personnes (hommes ou femmes), est donc de ne pas sombrer en même temps que leur réseau de pouvoir. Sinon, tout finit par un "Fluctuat et mergitur" (ça flotte et ça coule) !



A l'opposé, même si un lion semble domestiqué ou prisonnier (ce qui revient au même), il reste à jamais le Roi des animaux. Qu'il lape une écuelle de lait comme un simple chat, ou lèche sa maîtresse ne change nullement son statut naturel, son caractère inné.
D'ailleurs, tous les dompteurs (ou dompteuses), savent que si l'on peut tourner le dos à neuf tigres domptés, jamais, ô grand jamais, il ne faut s'amuser à faire cela avec ne serait-ce qu'un seul lion ! C'est pour cela qu'on l'étourdit généralement avec des produits soporifiques, mais le risque reste très réel néanmoins. Car la Nature est bien plus forte que l'homme.
Par ailleurs, le lion comme l'éléphant peut se montrer assez susceptible et chatouilleux, et sa mémoire, son discernement, ainsi que sa rapidité d'exécution sont sans pareille lorsqu'il passe soudainement à l'attaque, lacère de ses griffes non rétractiles, ou déchire d'un seul coup de dents carnassières. Donc vis-à-vis des Humains ou des Humaines, sa puissance reste très actuelle, même si l'on ne perçoit pas - ou ne comprend pas - quand il va en faire usage, tel l'énigmatique Sphinx de Gizeh.


De nos jours, quantité de gens prêchent la paix - en apparence - mais veulent en réalité hypocritement jouer à la guerre. Ce n'est pas la paix qu'ils veulent, mais un statu quo qui les avantage, ainsi que leur entourage, en fait. Et c'est pour cela qu'ils ou elles se donnent de grands airs. Cela est rendu possible par l'absence de grands chefs de guerre, comme ceux de l'Antiquité. Mais est-ce si sûr, au fond, qu'il n'y en a plus ? N'y-a-t-il nulle part aucun descendant "caché de si longs siècles" d'Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.), l'invincible macédonien que nul ne vainquit jamais ?
On a parfois envie de dire à ces faux guerriers ou fausses guerrières : ne vous contentez-pas d'assommer les gens de mots, ni de jouer à la "guéguerre" en faisant les "virils" ou en imitant les "Amazones", montrez enfin ce que vous avez dans le ventre, en prenant de vrais risques, comme cela se faisait aux glorieux temps antiques !


Avec les changements incontrôlés qui affectent l'Afrique, et l'Egypte singulièrement - si importante stratégiquement avec le canal de Suez, pour le pétrole entre autres -, l'occasion d'un vrai conflit pourrait bien se présenter.
Là-bas, il est peu évident qu'Omar Souleymane, le nouveau n°2 d'Hosni Moubarak, puisse assurer la transition post-Moubarak sans quelques heurts ou frictions, face à la détermination de Mohammed El Baradei (spécialiste onusien des armes de destructions massives), ou des Frères Musulmans en plein retour sur le devant de la scène. De toute façon, l'Egypte à la Nasser (1918-1970) est déjà à l'agonie, et va se retrouver sans "pharaon".
Les conséquences de cette remise en cause de l'histoire égyptienne des cinquante-neuf dernières années sont incalculables, ne serait-ce que pour ses voisins, comme Israël. L'ère de paix initiée avec les accords de Camp David de 1979 risque de disparaître, comme la fumée des bâtiments incendiés du centre du Caire.
L'axe antique Sumer-Egypte se répète une nouvelle fois, même si les gens ne le perçoivent pas.
Car le peuple dans ce genre de soulèvement n'est pas maître de lui-même, et comme partout ailleurs, sa volonté n'est qu'un prétexte commode : il fait ce que la loi du plus fort lui dicte "pour son bien".



Il est peu probable que l'on retrouve en Egypte la tombe d'Alexandre le Grand, officiellement située quelque part à Alexandrie, même à l'occasion d'excavations accidentelles consécutives à ces troubles populaires inopinés. Lui cependant, aurait clairement résolu la crise, à sa manière.
On sait qu'après ses douloureuses coliques (dues à un probable empoisonnement de son vin par Iolas, son échanson), il mit douze jours à mourir à Babylone le 13 juin 323 avant Jésus-Christ.
Iolas était le frère de Cassandre (fils du Général Antipater resté en Macédoine pour gouverner le pays). Or Cassandre avait parcouru 2500 kilomètres pour arriver de Virgina (capitale de la Macédoine) à Babylone en mai de cette année fatidique. Et il était porteur d'une fiole que lui avait remise Aristote (384-322 av. J.-C), l'ancien précepteur d'Alexandre, furieux qu'il ait tué son neveu, Callisthène d'Olynthe, dans un de ses accès de colère. De récents travaux de recherches montrent que le poison qu'elle contenait pourrait être de l'Ellébore blanche, qui ralentit considérablement le rythme cardiaque. Et en fait, il aurait été empoisonné à répétition avec ce produit, par le médecin qui suivant les usages de l'époque, utilisait une plume d'oiseau pour le faire vomir. Ladite plume aurait été elle-aussi imbibée de ce poison.


Quoi qu'il en soit, ce fut le Général Ptolémée (367-283 av. J.-C.), devenu deuxième pharaon européen d'Egypte après Alexandre, qui le fit inhumer en grandes pompes à Alexandrie selon les rites égyptiens. Il avait attaqué en 322 avant Jésus-Christ le convoi qui ramenait en Macédoine la dépouille sacrée d'Alexandre, et s'en était emparé par la force par loyauté pour exécuter ses dernières volontés . Quintus Curtius, le grand historien romain, le rappelle dans son "Histoire d'Alexandre le Grand". Curtius l'admirait tant qu'il avait à tout prix voulu préserver la mémoire et la survie de sa dynastie "sous les ombres". Il ne se considérait pas uniquement comme un historien, et voulait un jour "faire l'histoire". C'est pourquoi, il s'impliqua personnellement dans ce grand oeuvre, en y apposant son nom et son sceau. Par chance, le seul ouvrage qui fut conservé de lui est justement son oeuvre se rapportant à Alexandre. Certains le situent au Ier siècle avant Jésus-Christ, mais d'autres pensent qu'il aurait plutôt vécu sous l'empereur Claude (41-54 après Jésus-Christ). Cette indétermination temporelle n'est pas neutre, puisque ceux qui l'associent au règne de l'empereur Claude, savent qu'il l'accompagna en Gaule, où il serait d'ailleurs revenu pour régler une question privée d'ordre familial.

Une partie des spécialistes pensent que la momie de Saint Marc, transférée d'Alexandrie, et abritée dans la Basilique Saint Marc construite à cet effet par le doge Giustiano Participazio, ne serait pas celle du célèbre évangéliste. Le lion symbolique qui lui est associé y fait retentir dans le désert ses rugissements, au sens de la prophétie visionnaire d'Ezéchiel.
En effet, ce ne seraient pas les reliques du martyr, inhumé près du tombeau d'Alexandre à Alexandrie, qui auraient fait l'objet de la translation au Moyen-Age, mais tout simplement celles toutes proches d'Alexandre le Grand. Et le résultat de cette confusion aurait abouti à ce que le vrai patron de Venise depuis le IXème siècle, soit en fait le grand roi macédonien. Ce secret se transmettrait depuis lors sous le manteau. Quel honneur suprême pour ses doges et le conseil vénitien, ancien ou moderne, de le savoir ou de le penser parmi eux ! Or la "noblesse noire" - dénommée ainsi du fait de la couleur des toges -, vit sa puissance mondiale se développer soudainement à l'occasion de la lutte entretenue des Guelfes et des Gibelins (XIIIème et XIVème siècles), et surtout de l'aventure réussie de Marco Polo (1254-1324) jusque dans la Chine des Yuan. Elle doit donc être secrètement fière de cette proximité glorieuse.


A titre d'épilogue, il est tout à fait connu aujourd'hui que l'intrépide Alexandre le Grand, le grand conquérant universel, se préparait à attaquer l'Arabie, puis de là à se diriger vers l'ouest de l'Afrique, en remontant vers Carthage (devenue aujourd'hui Tunis), et surtout vers l'Italie jusqu'à la Gaule Cisalpine. Ce qui est moins connu, c'est qu'il avait eu vent par ses espions qu'un "petit soleil macédonien" (un fils à moitié amazone), grandissait en secret par delà cette contrée. Si Alexandre, roi de Macédoine et de Grèce, roi d'Asie, Pharaon d'Egypte, Shah d'Iran, et roi d'Afghanistan entre autres revenait aujourd'hui, il pourrait pousser une nouvelle fois son célèbre cri de guerre et de victoire : Alalalalai ! Alalalalai ! Alalalalai !
Car son puissant et énigmatique soleil luit à nouveau !

mercredi 19 janvier 2011

La résistible histoire économique du XXIème siècle : en arrière toutes...vers l'avant !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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En France, une simple inflexion de priorités économiques et sociales pourrait permettre d'avoir un taux de croissance d'au moins 3% cette année (au lieu des 1,5% espérés), en desserrant ipso facto la contrainte extérieure. Il suffirait de s'intéresser au marché porteur des infrastructures, dont beaucoup sont en mauvais état, voire en très mauvais état. L'entretien, les réparations et les travaux publics divers génèrent eux-aussi, et très rapidement, du PIB. Il est vrai que l'on n'est plus sous le Général de Gaulle (1890-1970), qui avait mis en avant "le partage des fruits de la croissance" : de 1958 à 1969, son taux oscilla entre 5 et 6% l'an ! On a aussi oublié que lorsqu'il revint au pouvoir en 1958, la France de la IVème République ne pouvait chaque mois régler ses dettes en devises, que grâce à l'aide américaine. C'est pourquoi l'on ne peut que déplorer les non-dits de la philosophie dominante actuelle, qui peuvent être résumés de la façon suivante : tant que la croissance stagne plus ou moins artificiellement, au moins il n'y a rien à partager ! La question du fort endettement extérieur, au vu de ce précédent historique fameux, n'a rien d'inéluctable ni d'insoluble en tout cas. Ceci dit, où trouver aujourd'hui un Jacques Rueff (1896-1978), ou encore un Antoine Pinay (1891-1994) ?

De même, un prix du pétrole aux alentours de 100 dollars le baril comme actuellement, ne serait pas favorable qu'à la Russie et à l'OPEP. Il pourrait permettre de lancer l'audacieux forage des couches profondes du Champ de Mars (à 2000 ou 3000 m sous Paris), par une voie inédite développée par la Compagnie pétrolière américaine Hess et la Société Toreador, le forage horizontal. Il s'ajouterait éventuellement à ceux prévus dans la région de Château-Thierry (Aisne), et pourrait à terme faire entrer la France dans le club des grands pays producteurs de pétrole. Car les projections qui ont été faites sont loins d'être petites : 40 milliards de barils, à confirmer néanmoins par ces fameux forages. Et dans le cas étonnant où ces estimations s'avéreraient effectivement exactes, notre consommation intérieure pourrait être assurée par nous-même en autosuffisance jusqu'en 2060. Mais rien ne dit que l'on mettra vraiment en place ce projet ambitieux, qui pourrait éventuellement faire de notre pays un nouveau Bahreïn.



En France, la grande crainte est celle du déclassement pas seulement social, mais mondial (le Royaume-Uni a repris le 5ème rang mondial devant nous en 2010). Notre zone d'influence actuelle en Afrique est ébranlée avec la fin de certaines dictatures (Tunisie...), et nombre de régimes amis le deviennent de moins en moins désormais (Sénégal, Côte d'Ivoire, etc.). Toutefois, cela ne semble pas directement remettre en cause le système du franc CFA. Et au plan intérieur rien ne va réellement, du fait de la désindustrialisation nette du pays, ou des risques que pourrait faire peser la fin programmée de la PAC (Politique Agricole Commune), entre autres. L'économie reste morose, alors que sont en train de disparaître des grands pans du système économique et social, issus d'un héritage gaulliste pourtant amortisseur de crises. On s'agite (trop) autour du faux débat des 35 heures, alors que nos produits s'exportent de moins en moins bien et qu'il faut faire du "sur-stockage", mais de cette disparition risquée on ne débat guère. Et l'on ne se méfie pas assez des élans soudains de "pluripartisme unanimitaire" mal raisonnés.

Si 2010 a été orientée vers l'évitement du déclassement et de l'abaissement de la notation financière française qui n'est déjà plus AAA+, mais AAA (ce que certains nomment "la signature française"), la crainte de 2011 d'un simple AA ou pire d'un BBB, s'annonce rapidement avec l'extension de la crise portugaise ou espagnole. On veut éviter à juste titre le sort de la Grèce ou de l'Irlande. Le seuil de 7% de taux d'intérêts pour nos emprunts obligataires en Euros à l'extérieur, ne doit surtout pas être atteint. Car tout le monde considère qu'il a été létal à ces deux pays-témoins. Pourtant le renchérissement des CDS (Credit Default Swaps) de la France est déjà un fait sur les marchés.



La chute de l'Euro a pour l'instant été endiguée par l'intervention massive de la Chine, qui diversifie son portefeuille d'investissements, tout en cherchant à se préserver d'un décrochage brutal de l'une ou de l'autre des principales monnaies de la planète (le dollar bien sûr, et l'Euro) - voire des deux. Le Japon a suivi le mouvement imprimé par la Chine pour ne pas être en reste, et maintenir son rang de grande puissance économique. Ceci dit, on n'est vraiment sûr de rien, car la guerre des monnaies continue de plus belle. Et il faudra certainement suivre de près également les évolutions de parité du yuan, un peu réévalué, et du yen, ainsi peut-être que d'un nouveau venu, le réal brésilien. Et rien ne prouve qu'une "réinitialisation financière" n'aura pas lieu d'ici la mi-septembre, période que semblent affectionner les milieux financiers.



L'avènement d'un monde unipolaire autour des USA, à partir de la chute du Mur de Berlin (9 novembre 1989), puis de celle de l'URSS (Noël 1991), a mené au monde très instable dans lequel nous avons vécu bon gré mal gré. Et le renouveau du bipolarisme, conséquence du 15 septembre 2008, avec l'ascension vertigineuse de la Chine sur la scène internationale, lui aura paradoxalement rendu un certain équilibre. Le "G2" (Etats-Unis - Chine) symbolise ce nouveau dialogue Est-Ouest, franc et direct : plus de liberté individuelle d'un côté, et une meilleure répartition par habitant des richesses en terre capitaliste de l'autre.
Il a accidentellement et progressivement été rendu possible par l'effacement partiel de l'empire du Japon, qui subit encore les contrecoups d'une crise institutionnelle larvée, avec ses crypto-opposants religieux et nationaux qui abhorrent Meiji (30 mars 1995, Aum Shinrikyo et autres). Et ceci s'est produit corrélativement à sa stagnation économique et sociale depuis les années 1990, et au grand séisme de Kobé (17 janvier 1995) qui a touché le pays de plein fouet.



Il est aussi remarquable que l'allemand Marx (1818-1883), revisité par Mao Zedong (1893-1976), et surtout Deng Xiao Ping (1904-1997) avec le tournant historique de 1979, ait pu continuer à influencer la Chine du XXIème siècle, nouvelle superpuissance au néo-capitalisme et au libéralisme partiels. D'autres Etats en Occident ont au contraire rangé le grand Karl, qui avait failli devenir pasteur, au rayon des vestiges historiques. Et même si la crise du 15 septembre 2008 a bien provoqué "le grand soir" prophétisé, nul n'en a vraiment tenu compte à ce jour. Car on a confondu l'expérience bolchevique avec ses théories économiques. Et l'on a oublié qu'il procédait par étapes assez longues.


Le grand Thorstein Bunde Veblen (1857-1929), qui a donné son essor à l'Ecole de Chicago, était relativement d'accord sur ses analyses critiques du capitalisme, en parlant même de "barons du brigandage" pour certains grands hommes d'affaires, mais pas sur ses conclusions. Lui pensait que l'ouvrier ou le prolétaire ne cherchaient pas au final à renverser le patron ni le capitaliste, mais au contraire à l'imiter. Veblen, dont on n'avait pas voulu dans sa communauté d'immigrants norvégiens comme pasteur, fut membre de l'Alliance Technique, devenu le Mouvement Technocratique. Il n'est que peu mentionné de nos jours, alors qu'il est fondamental, avec sa théorie de la consommation ostentatoire et l'effet économique qui porte son nom : l'effet Veblen ou effet de snobisme, avec le gaspillage qu'il sous-tend à travers l'expansion faramineuse de la consommation.


Alors y-a-il vraiment un sens de l'histoire, ou au contraire n'est-elle finalement qu'une série de cycles s'imposant à l'humanité (et aux capitalistes prédateurs), malgré elle, ou même à son dépit ? L'histoire du XXIème siècle, comme celle du précédent, sera immanquablement faite d'allers-retours successifs, avant de s'orienter résolument vers un monde encore inconnu. Les Humains doivent donc avant tout dépasser une certaine appréhension, fort légitime cependant !

Entre Marx l'énigmatique, qui finit par déclarer à la fin de sa vie "je ne suis pas marxiste", et Veblen, le froid fantaisiste eccentrique qui eût toute sa vie l'impression de s'adapter à une terre de primitifs, mais fut soutenu par les "Veblen Girls" (son fan-club), l'économie a eu de grandes heures qu'il serait dommage d'oublier. Peut-être que si Néanderthal revenait aujourd'hui, il serait surpris des grognements de l'homme moderne, lorsqu'il bombe le torse !

jeudi 6 janvier 2011

Entre sidération et "substitutions" manquées : la crainte du Grand Retour, par temps nuageux !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Dès après le Nouvel An 2011, la Terre a assisté éberluée à plusieurs pluies d'oiseaux...ou de poissons, également échoués sur les rivages marins, avec un pic d'activité les 4 et 5 janvier. Les rationnalistes toujours prompts à "dégainer" les explications toutes faites semblent pour une fois avoir quelque mal à expliquer cela. Néanmoins quelques "contorsions" byzantines ont été trouvées.
Il n'en reste pas moins que sur différents endroits du globe, des oiseaux morts (carouges, étourneaux...) ou des poissons sans vie, le plus souvent éborgnés, jonchent ici les autoroutes américaines de l'Arkansas à la Louisiane (USA), et là les rivages de Chesapeake Bay (Maryland, USA), de Nouvelle-Zélande, de Suède (Beebe), ou du Brésil.
Ainsi, au Brésil ce sont les poissons-chats si emblématiques, et les sardines qui sont de cette sinistre partie. A ce titre, il faut tout de même rappeler que le poisson est depuis 2000 ans, le symbole même du Christianisme. On assiste donc à des faits surprenants, annonciateurs d'une année assez particulière, un Nouvel An de sidération !

Les explications des scientifiques sont pour une fois vraiment "à la peine". Et ceux qui se lancent dans des histoires de pétards de Nouvel An ou d'électrocution par des lignes à haute tension (même où il n'y en a pas) pour en conclure que les oiseaux sont morts de peur, devraient voir un peu plus loin. Car chaque année des pétards explosent sans rien provoquer de tel, et pour les lignes à haute tension, cela fait belle lurette qu'elles sont installées. De si peu convaincantes explications sont d'autant plus vaines, qu'elles ne pourraient de toute façon concerner que les oiseaux, et certainement pas les pluies de poissons, ni le fait que ces derniers s'échouent sur certaines plages par bancs entiers ! Rien que dans la baie de Chesapeake, c'est environ 2 millions de poissons qui ont été retrouvés morts, et tous en même temps semble-t-il.
Ces événements, très rapprochés dans le temps, sont d'une visibilité suffisante pour être marquants. Ils sont brutaux, spectaculaires, incroyables et massifs, et frappent l'imagination humaine. Et cette fois-ci, on n'est plus dans le domaine de l'anecdote vite oubliée.
L'hypothermie subite avancée pour les poissons, avec pour arrière-fond le dérèglement climatique, n'explique pas grand chose, lorsqu'ils volent et tombent littéralement du ciel. Car les différences de température n'ont jamais fait voler les poissons, qui en l'occurence n'étaient pas des exocets.
L'explication par les ondes sonores ou les "chocs sonores", pour les oiseaux est intéressante si on ne la limite pas aux pétards et aux feux d'artifice du 31 décembre (ce qui est un peu en décalage temporel)...ni aux oiseaux.

Faut-il avoir peur de tout cela ? En fait, il est libre à chacun ou chacune d'être effrayé (e) ou non. Mais les explications absurdes "pseudo-scientifiques" pour "castors juniors" en herbe, ne donneront pas même de certitudes rassurantes à ceux qui les avancent trop hâtivement. Car on peut littéralement employer le terme de "substitutions" manquées pour ces raisonnements peu crédibles. L'explication biblique du Grand Retour de Jésus est quant à elle rejetée par a priori, car trop encombrante. Et puis quoi encore ! Plus d'un sixième des habitants de la Terre sont chrétiens, mais beaucoup n'y croient guère. Tant de gens annonent dans les messes ou les offices qu'il y aura des signes, qu'ils ne veulent pas les voir s'ils sont éventuellement sous leurs yeux. Le plus paradoxal, c'est que le reste de la planète semble davantage à l'écoute, ce qui est déjà un mieux. Il est vrai que Dieu peut convertir les gens très vite s'il le désire, et sans intermédiaires trop nébuleux ni émaciés, même dans le suffisant Kansaï naguère prospère : avant, il y eût le Yamataï, et auparavant, ce que l'on reverra avec certitude.

Mais l'explication pourrait être non pas seulement dans la Bible (la fameuse Apocalypse de St Jean), mais également dans des textes qui en ont été rejetés par la plupart des églises, ceux d'Enoch : de la même façon, les oiseaux et les poissons...seraient rejetés et dispersés à la surface de la Terre par le Créateur courroucé, et fortement agacé de l'incrédulité et de l'ignorance humaine. Le Livre d'Enoch prévoit clairement le retour malcommode d'Enoch (le prince sumérien Enmeduranki), au moment où les humains doivent être jugés par Dieu. Il faut savoir pour être précis que le Créateur a horreur des incultes et de ceux qui ne lisent pas de livres. Dans ce curieux ouvrage, il en fait même une condition préalable pour pouvoir postuler pour le ciel : "Je maudis l'ignorance !", dit-il. Et tant pis pour les réfractaires les plus borné (e) s ! Car contrairement à la Genèse tronquée et modifiée que nous avons apprise, le vrai Dieu veut et exige que l'on se cultive, ce qui est plus sensé. Libre à nous ensuite de penser ce que nous voulons, en connaissance de cause cette fois-ci !

De toute manière, la Bible a complètement hâché ce qui était très simple au départ. Même la question de l'accouplement et du mariage des Anges avec les filles des hommes, qu'une partie des premiers trouvèrent à leur goût (toujours selon le Livre d'Enoch) a été déformée. Car dans la mythologie sumérienne, c'est tout bonnement Enlil, le frère d'Enki, et non son père An (le régent céleste), qui se met en colère contre les Anges amoureux et leurs compagnes, en les poursuivant de sa vindicte, origine du mythe de la "chute" d'un certain nombre d'anges emmenés par Schémiaza ; d'autres l'appellent Azazel, l'inventeur du maquillage, des armes et de l'agriculture. Or Enlil n'était pas habilité à faire cela. Car il n'était nullement le dieu suprême des Sumériens, et encore moins le Créateur de quoi que ce soit : c'était au contraire un destructeur, d'où la raison de son assimilation à Satan, en tant que Satam (administrateur littéralement, et sous sa forme moderne Saddam) de Mésopotamie justement. Il y a là une claire confusion et même un contre-sens qui n'a que trop duré.

Une dernière possibilité non avancée jusqu'à maintenant, plus météorologique celle-là, mettrait en relief le rôle inattendu et inopiné de l'aspératus. Ce nuage d'un type nouveau - similaire à ceux rencontrés à l'origine sur la planète Jupiter normalement - pourrait être responsable de ces morts massives d'oiseaux et de poissons, tout simplement. On sait que sa charge électrique est fort puissante, qu'il peut altérer les notions d'espace et de temps ainsi que les transmissions de tous types, et provoquer des tempêtes aussi soudaines que fugaces, pouvant transporter sur des distances appréciables des volatiles ou des poissons soulevés des flots agités. Ce nuage qui aura bientôt officiellement 4 ans, émet également des ondes sonores qu'on n'a pas vraiment eu le temps d'étudier dans leur impact, son identification étant trop récente. L'être humain aime tant tout tourner en dérision avec ses phrases stéréotypées, qu'il est complètement désemparé et méchamment surpris quand c'est lui qui devient dérisoire, parce que ses connaissances ne lui autorisent que l'angoisse de l'inexplicable. Il sent confusément que ce qui lui avait été offert avec bonté, sans arrière-pensée, mais qu'il (ou elle) a refusé ou longtemps négligé, peut lui être dénié désormais.


Le débat n'est pas clos de toute façon. Et pour en revenir au Livre d'Enoch, il faut savoir que Jésus lui-même s'y référait très fréquemment. Il le tenait dans la plus haute estime, notamment lorsqu'il promettait le ciel à ceux (ou à celles) qui l'écouteraient et le suivraient. Or, on a retrouvé un exemplaire authentique de cet ouvrage très rare et si précieux aux yeux de Dieu - il est le joyau du dialogue "Dieu-homme choisi" -, en Israël à Qûmran en 1947, dans la grotte n°4.
Dans cet ouvrage, Enoch est littéralement enlevé de la Terre par Dieu et transporté dans sa grande bibliothèque, avant de revenir sur Terre pour peu de temps. Parce qu'il allait jeter les bases de la Connaissance (calendrier solaire, astronomie et écriture cunéiforme), certains l'ont ensuite assimilé à Hermès Trismégiste.
Si l'on suit ce curieux enseignement primal, Dieu s'ennuie depuis trop longtemps seul au dernier ciel dans sa grande bibliothèque, et sans une belle compagnie féminine. Ainsi il a décidé de dialoguer directement avec les Humains (ou les Humaines). Mais le plus irritant pour lui, serait qu'ils ne comprennent même pas qu'il veut juste causer un peu pour tromper son ennui et rompre un si long isolement. Ils ne font aucun effort, si ce n'est parler par "stéréotypes-réflexes". Dieu que ce manque de jugeotte est navrant : Enoch, dont l'esprit tutélaire est un "homme-poisson", et Jésus-Christ, ne sont donc pas de trop pour ce monde nuageux, qui cherche toujours à avancer dans un épais brouillard, plutôt que de choisir le moment de l'inévitable éclaircie !