lundi 23 mai 2011

Islande 2010-2011 : l'incertitude règne sur le prochain volcan à exploser du côté de l'Atlantique-Nord !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Que se passe-t-il exactement en Islande depuis l'année dernière ? Un deuxième volcan, le Grimsvötn, vient de se réveiller avant-hier samedi (succédant à l'Eyjafjöll l'an passé).
Son éruption s'est traduite par un énorme panache de 20 km de haut dans le ciel islandais, qui a paralysé le trafic aérien islandais jusqu'à lundi après midi.
C'est la neuvième fois en quatre-vingt ans que ce volcan entre en éruption, mais c'est la première fois sur cette période qu'elle se montre d'une telle puissance. Ce volcan qui est plus particulier que l'Eyjafjöl, se situe dans le sud-est du pays. Il est clairement le plus actif d'Islande. Et son nuage de cendres a déjà recouvert la capitale, Reykjavik, située à plus de 400 km. Il apporte la nuit soudaine là où il passe et se propage.

La menace sur le ciel européen se concrétise à nouveau, mais de façon moindre pense-t-on. Dès demain le ciel écossais sera touché (un grand nombre de vols viennent d'être annulés en Ecosse de 17h ce jour à demain midi). Même le président Obama en visite en Irlande aujourd'hui a dû écourter son séjour en revenant sur Londres, en attendant d'aller au G8 de jeudi et vendredi prochains à Deauville (France).
Et jeudi justement, c'est l'espace aérien français et espagnol qui sera touché par les cendres volcaniques. Le ciel européen est à nouveau chargé de particules vitrifiées, dont une grande partie sont plus lourdes que celles de 2010, et donc censées se propager moins loin en retombant plus vite au sol. Ainsi son panache ne se situait plus qu'entre 8 et 12 km de hauteur aujourd'hui, et il devrait se dissiper d'ici peut-être une dizaine de jours.

L'Islande, petit pays dynamique de 103 000 km2 pour 320 000 habitants, risque vraiment de devenir une hantise pour le transport aérien en Europe et dans le monde, ou au contraire un havre d'aventure pour les touristes avides de sensations fortes. Tout le monde pense : oh non, ce n'est pas vrai, encore un volcan islandais qui fait des siennes !
Il faut dire que l'année 2011 a déjà été riche en catastrophes, révolutions, crises, guerres, séismes, tsunamis, accident nucléaire majeur, revirements abrupts de situations, et désastres les plus divers mais aussi les plus traumatisants. Les records de 2010 sont battus. Et nous ne sommes qu'au mois de mai, et même pas encore en 2012 ! Un peu plus de sept longs mois restent à courir jusqu'à la fin de cette année précurseuse.
Il reste que le Grimsvötn fait aussi peur que l'Eyjafjöll l'année dernière presque à la même période, pour les mêmes raisons, alors qu'elles devraient être différentes compte tenu de sa singularité.



L'Islande est vraiment un univers insulaire surprenant, qui ressemble à un pays en gestation, et donc en devenir éternel : elle est essentiellement constituée de volcans, de caldeiras ou de cratères, avec des geysers.
Le problème avec ses volcans, qu'il s'agisse de l'Hekla (1491 m), du Katla (1512 m), ou d'un autre, c'est qu'on ne sait jamais lequel va entrer en éruption, ni à quel moment, même si le processus tellurique semble s'enchaîner et s'accélérer.
Ainsi, après l'Eyjafjöll (1666 m), l'année dernière, les spécialistes avaient plutôt envisagé que ce serait le tour du Katla, qui peut provoquer un panache autrement titanesque que ce que l'on a connu jusqu'à aujourd'hui. On sait également qu'il peut engendrer un énorme tsunami de 5 à 10 m de haut au minimum en Mer du Nord, et que cela peut arriver incessamment.
Pourtant, c'est le Grimstvötn (situé à 1725 m au dessus du niveau de la mer) qui s'est réveillé cette fois-ci.


Or le Grimstvötn n'est pas un simple volcan parmi d'autres, mais une caldeira en réalité. Et ce n'est pas du tout bon signe pour le futur proche, et pas seulement en Islande.
Une caldeira est une dépression circulaire ou elliptique, arrondie en tout cas, laissée par l'explosion précédente d'un volcan, qui s'est affaissé et est tombé en sommeil en quelque sorte.
Elle peut être le siège d'un "super-volcan", comme celui de Yellowstone (volcan gris) aux USA, dans le Wyoming, dont la dernière éruption remonte à 1350 avant Jésus-Christ selon les vulcanologues. Dans cet environnement de geysers également, la prochaine peut être...demain tout simplement.
On trouve aussi une célèbre caldeira sur l'île de Sao Miguel (Açores), "la Caldeira das Sete Cidades" - ou Caldeira des Sept Cités, sous-entendu englouties - sur ces restes portugais...d'Atlantis pour un grand nombre de spécialistes depuis l'époque du prince Henri le Navigateur (1394-1460). Nous en avons déjà parlé dans un article du 1er septembre 2010, intitulé :' "Wanax Heinrich" et "Wanaxa Sophia" II : les Hittites, Troie et le secret atlantique'.



Les Açores, célèbres pour leur anticyclone (zone de haute pression climatique, symbolisée par un A par les services de la météo), sont situées au sud de l'Atlantique-Nord, tout comme l'ancien pays maya d'Amérique Centrale - dont l'essentiel est représenté par l'actuel Mexique. Avec l'Islande, ces trois zones forment un triangle isocèle sur un planisphère, et si l'on y ajoute la caldeira de Yellowstone, on obtient même un puissant quadrilatère.
Le fait que par le passé, les Mayas singulièrement, soient passés d'un calendrier de 260 jours (calendrier vénusien), à un calendrier de 365,24 jours (terrestre), tout en maintenant une liaison étroite entre les deux par des cycles combinés de 52 ans, vient peut-être aussi de ce qu'ils avaient pris conscience de la relativité de l'environnement terrestre.
L'Islande quant à elle se situe à l'opposé, à la limite septentrionale de l'Atlantique-Nord, donc dans le même ensemble "géo-climatique". Sur la carte du climat que nous voyons tous les jours à la télévision, elle est affublée d'un D, pour zone dépressionnaire (courant d'air froid).



Il y eût la NAO ("North Atlantic Oscillation" ou Oscillation Nord-Atlantique) qui fut mise en évidence à la fin des années 1990. Alors qu'elle était contestée, elle trouva brutalement son existence démontrée par la "super-tempête" qui débuta le 26 décembre 1999 sur l'Europe Occidentale. Cette terrible tempête reste dans nos mémoires avec d'autres, parce que l'anticyclone des Açores ne pût pour cette fois-ci, jouer son rôle traditionnellement protecteur sur le Golfe de Gascogne (France) : rien ne pût donc empêcher la tempête de s'engouffrer tel un immense tourbillon prenant de la vitesse, à travers toute l'Europe, comme dans un couloir où tout fut dévasté.
Le mouvement continu reliant l'air chaud en provenance des Açores, venant se refroidir au niveau d'une zone d'air froid située entre le Groenland et l'Islande, et repartant sous l'eau en direction des Açores, forme ce que les climatologues nomment un "tapis roulant".
Il faut donc également se demander ce qui se passe sous l'eau. En effet, les plaques tectoniques de l'Atlantique Nord ne sont absolument pas visibles à l'oeil nu. Il en existe trois types actuellement à l'oeuvre : les divergentes, les convergentes et les "transformantes", ces dernières étant appelées ainsi parce qu'elles transforment effectivement la géologie d'une zone donnée.

Que se passe-t-il exactement avec les plaques "transformantes" qui peuvent modifier puissamment la géologie terrestre ? Eh bien, il faut savoir que l'écorce terrestre (la lithosphère) repose sur un lit de matériaux essentiellement liquide que nous ne voyons pas en réalité. Et les scientifiques l'étudient, ou devraient l'étudier avec intérêt. Or, le manteau terrestre glisse de plus en plus. Ainsi, quand la lithosphère se met subitement à bouger, elle peut le faire d'un coup sec, et pas uniquement de manière progressive comme nous avons tendance à le croire. Elle se déplace alors éventuellement "d'un bloc" à la surface de la terre : cela peut même affecter la latitude des terres émergées, d'où l'idée claire et imagée de "plaques" qualifiées de "transformantes".
Notre environnement géographique familier peut donc se transformer et changer, alors même que paradoxalement nous n'avons pas bougé. Il s'agit là d'une conception nouvelle, bien que fort ancienne en réalité, que les gens doivent intégrer nolens volens. Et l'Islande en est un excellent exemple, avec ses îles qui peuvent disparaître en une nuit dans les flots de manière brusque et furtive, ou au contraire émerger subitement des éléments aquatiques, comme si elles venaient de nulle part.







L'Atlantique-Nord pourrait être moins concerné cette fois-ci par ce qui se passe "dessus" (en surface) avec un impact plus faible sur le trafic aérien, que par ce qui se passe "dessous" (dans l'aire sous-marine).
L'on se souvient encore des 100 000 vols annulés en avril 2010, et du panache de dangereuses cendres vitrifiées de l'Eyjafjöll qui avait duré environ un mois et cloué au sol plus de 8 millions de voyageurs : cela coûta 1,6 milliard d'Euros aux compagnies aériennes. A titre de comparaison utile, ce montant représente l'équivalent de 60% de la dette islandaise issue de la crise de 2008.


Mais ce n'était qu'une éruption de faible ampleur, par rapport à ce que fut celle du terrible volcan Laki, qui a laissé de grandes fissures volcaniques à 1725 m de hauteur, en 1785, c'est-à-dire un peu avant la Révolution Française. Il peut même en être considéré comme une cause méconnue mais directe, puisque les mauvaises récoltes et les difficultés alimentaires successives qui en résultèrent pour le pain entre autres, furent déterminantes sur le mécontentement populaire français. Sans un tel volcan, la Révolution aurait très probablement été évitée.

Les expériences scientifiques américaines de connaissance de l'ionosphère au pays des elfes, de type "HAARP" (High frequency Active Auroral Research Program, ou Programme de Recherche de Haute fréquence Active Auroral), seraient peut-être à ralentir ou à éviter à l'orée de 2012. Sinon Atlantis, va peut-être réellement resurgir des flots, entre autres événements absolument incroyables !

Egalement, l'Islande comptant 200 cratères ou caldeiras, et 130 volcans terrestres pour le plus grand nombre, mais également quelques uns sous-marins (Jölnir, Surtla, Syrtlingur...), il est très facile de se tromper sur le prochain à exploser si c'est là ! Ce qui est cependant remarquable, c'est que les éruptions les plus terribles ont concerné jusqu'ici des volcans situés dans une zone est - sud-est du pays, c'est-à-dire sur la façade de l'Europe Occidentale, la nôtre donc !

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