lundi 23 novembre 2009

La bulle spéculative des CDS ("Credit Default Swaps")

par Jean-Jacques Courtey, Docteur en Géographie Economique
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Une autre bulle spéculative bien plus importante que celle des crédits "subprime" menace d'exploser : celle des CDS ("Credit Default Swaps"), ou "Trocs sur défaillances de crédit".
Les CDS sont des dérivés sur événement de crédit, des contrats financiers de protection entre acheteurs et vendeurs. Et au plan des flux financiers, ils sont conçus comme des contrats d'assurance.
Mais le vendeur de protection n'a pas l'obligation de mettre de côté les fonds pour garantir la transaction, et c'est là que le bât blesse. Car s'il doit fournir des fonds in fine, l'opération s'avère particulièrement coûteuse.
De fait, la titrisation des CDS et la spéculation qui s'en est suivie ont démultiplié le risque d'effondrement financier suite à un "effet domino", qui est faramineux : il porte sur rien moins que 60 trillions de dollars, soit environ trois fois le montant de la perte estimée résultant de la crise mondiale des subprimes.
N'oublions pas la chute de l'assureur américain AIG (American International Group, Inc.) pour un montant de 440 milliards de dollars, évitée de justesse grâce à la Fed, l'année dernière justement !
C'est pourquoi les Etats Unis voulaient à toute force augmenter les capitaux propres des banques à l'échelle du globe, lors des discussions du sommet de Pittsburgh (24 et 25 septembre 2009). Et ils avaient tout à fait raison bien sûr.
Les Etats Unis restent très inquiets face au puissant séisme financier qui menace toujours. Pour eux - qui, il faut le dire s'en sortent mieux que prévu -, gérer cette crise revient à faire de l'équilibrisme sur un immense yoyo. On le voit avec le surnom d'"Helicopter Ben" donné amicalement dans son pays à Ben Bernanke, le président de la Fed.
La semaine dernière, un rapport de la Société Générale se faisait alarmiste, en disant que le pire de la crise était peut-être devant nous, du fait du poids insupportable de la dette publique et des bulles spéculatives. Et lui ne voyait nulle reprise à l'horizon, mais de l'hyper-inflation et une récession globale.
Chacun est libre d'en penser ce qu'il veut, et... de croire à la Providence. Car on dit souvent que c'est la foi qui sauve.

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