vendredi 12 février 2010

Le VIX, "indice de la peur" : même les marchés sont émotifs !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Le VIX (Volatility Index) est l'indice de volatilité du "Standard and Poors 500", sur le marché des options de Chicago, deuxième plus grande bourse américaine.
Quand le Dow Jones ou le Nasdaq américains, le "footsie" (FTSE) britannique, ou le CAC 40 français sont à la hausse, c'est bon signe.
Mais pour le VIX, c'est tout le contraire. Il agit en quelque sorte comme un thermomètre avec la fièvre, tel un "indice de la peur" : c'est une mesure de ce qui est anticipé du marché au plan de la volatilité pour les 30 prochains jours, que ce soit à la baisse ou la hausse d'ailleurs.
Du fait de son caractère nettement prédictif, il se présente impavide et inexorable. Et à ce titre, il engendre la crainte chez les investisseurs du monde entier et à toute la surface de la planète, d'où la plupart des critiques à son encontre.

Du 4 au 5 février 2010, il est passé de 21,6 à 26,11. Et en ce moment, il semble se stabiliser en dessous de 25. Pour mieux apprécier la situation, il faut préciser que sur longue période, de 1990 à 2008, sa moyenne était de 19,04, et donc inférieure à 20. Techniquement, entre 10 et 20, la volatilité est considérée comme faible, entre 20 et 30 comme forte, et au-delà comme très forte, voire angoissante.
Les records atteints en 2008 (on est passé de 31,7 le 15 septembre 2008 à 89,59 le 24 octobre 2008), après la chute de Lehman Brothers, sont liés à la crise non résorbée des subprimes. Or celle-ci a été initiée en réalité en 2007, et si elle a touché de plein fouet le Royaume-Uni et l'Irlande, sa propagation à la Grèce est maintenant acquise (elle couve toujours en Espagne, au Portugal, ...voire même en France).

Le VIX apparaît ainsi comme un indice d'incertitude dont l'amplitude fait écho à l'"émotivité" plus ou moins grande des marchés. Et il appelle de vastes opérations de couverture du risque ("hedging"), par le biais de ce qui peut apparaître comme des contre-opérations sur le marché des options.
Une option est un dérivé financier. Mais en fait, on peut l'analyser comme une assurance contre un risque. La prime demandée par le vendeur d'option, qui peut également être une option de change (Euro/Dollar par exemple), dépend donc du risque anticipé par les marchés.
En d'autres termes, il mesure le comportement irrégulier et erratique des marchés. Mais normalement et heureusement, les périodes de volatilité très hautes sont de courte durée.

Le VIX a connu un grand succès en tant qu'instrument de mesure : il a été fréquemment transposé sur d'autres marchés d'options dans le monde. Il est ainsi devenu un outil standard au service de l'investisseur institutionnel ou non, par rapport à ses craintes de pertes et à ses attentes de profits.
De cette manière, à l'instar du VIX, sorte d'indice-mère, on utilise par exemple le LPBX pour les obligations, telles que celles de la Grèce dont le budget est sous le contrôle de L'Union Européenne et du FMI depuis le 11 janvier 2010. Car l'exposition au risque obligataire, avec effet de contagion, est considérable actuellement, pour les pays détenteurs comme le Royaume-Uni, l'Irlande et la France surtout - et à un degré moindre pour l'Allemagne, l'Autriche, et singulièrement la Suisse.

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