jeudi 4 mars 2010

Eloge d'une solitude finalement acceptée : sur un fleuve étincelant de sérénité malgré tout !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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Perdre un être cher, c'est également perdre une partie de soi-même.
On y est souvent attaché au-delà même de ce qu'on aurait pu concevoir, par delà le temps et l'espace. Mais ce n'est pas si surprenant, dès l'instant où on l'avait pressenti au premier regard.
Tout le monde n'a pas la chance d'avoir rencontré son âme-soeur en cette vie. Et quand on a eu cet incroyable don de Dieu, ou des dieux, on sait en apprécier toutes les saveurs, grâce à la puissance d'évocation des souvenirs. Il est difficile d'expliquer cela aux partisans de la "Bobo life" (vie bourgeoise), tenants d'une vie de "posture" préécrite, quelque peu "m'as tu vu ?", politiquement correcte et "friquée", eux les "futur(e)s oublié(e)s" de l'histoire.
Mais ce n'est que justice, puisque ces gens pensent à tort, de façon un peu hâtive, que personne n'est irremplaçable. Or sans s'en rendre compte, ils se contemplent dans un miroir usé, en citant à l'envi et hors de son contexte parlementaire la phrase de Georges Clémenceau (1841-1929), devenue "un lieu commun".

Pour paraphraser Bouddha (VIème siècle av. J.-C.), autant il est dur de vivre sans ceux ou celles qu'on a aimés, autant il est préférable de ne pas choisir de vivre avec ceux ou celles que l'on n'aime pas. On évite ainsi de faire des efforts vains et de se rendre malheureux pour une personne égoïste, froide et distante, ou encore toujours absente ou "indisponible" quand nous avons besoin d'elle.
Et surtout, on finit par se rendre compte qu'il est tout de même possible de réédifier son bonheur sur le souvenir des merveilleux instants restés intacts dans notre esprit. En même temps, on peut rendre un hommage renouvelé à une personne qui le méritait vraiment, et dont on peut parfois arriver à sentir la présence amicale.
De cette manière, l'amour que nous avons éprouvé peut traverser le néant et s'imposer à lui, pour acquérir une dimension d'éternité. Il devient alors un trésor intime dont nul(le) ne peut nous priver, parce que totalement immatériel et impalpable. Ainsi, notre être n'est plus jamais seul, et ne passe pas à côté d'un bonheur serein sans le voir.

C'est mille fois mieux que d'avoir à supporter une nouvelle personne lunatique qui ne sait rien faire de ses dix doigts, et se donne des faux airs d'intellectuelle, comme on en trouve tant ici. On voit tellement de ces personnes "précocement âgées", dont certaines commencent à avoir des cheveux blancs à 25 ou 26 ans - et les maux qui vont avec !
Elles hésitent sur tout, parce qu'elles ne peuvent se référer à rien de solide. Il leur faut "dix ans" pour prendre une décision et s'y tenir.
Et elles ne sont même pas sûres d'avoir pris la bonne, tant elles sont ballotées par les attentes de la famille, de leur entourage qui ne veut soit-disant que leur bien, ou encore d'"unetelle" ou d"'untel", en émettant les grands "Pffou ! Pffou!..." d'un insoutenable effort. Car l'aspiration à la "Bobo life", peut plus ou moins rapidement se transformer en une vie de carcan étouffante : l'exténuante "Pffou!!! life".

Si elles devaient assurer la renaissance quotidienne du soleil, comme Eôs (la déesse de l'Aurore) aux doigts de rose, dans la mythologie religieuse grecque, il y aurait un risque pour l'humanité de rester plongée dans le noir plus que nécessaire.
Eôs, fille du Titan Hypérion et de la Titanide Théia, était en effet la soeur d'Hélios (le Soleil) et de Séléné (la Lune ), selon la "Théogonie" d'Hésiode datant de 371 avant Jésus-Christ. Elle s'était attirée la colère d'Aphrodite (Vénus), parce qu'elle avait dormi avec Arès (Mars).
Bien qu'elle fut mariée à Astraeos, elle fit de nombreuses conquêtes amoureuses. Et après avoir connu Ganymède (le Verseau), elle s'amouracha de Tithonos - ou Tithon -, le fameux prince royal de Troie qui fonda par la suite la ville de Suse en Assyrie, devenue notamment célèbre pour ses mariages mixtes alexandrins.

Il est dit que la belle Eôs, après sa course quotidienne pour ramener le soleil sur le monde, était pressée lorsqu'arrivait le crépuscule, de venir s'allonger et se blottir auprès de Tithon, bien que sa barbe ait blanchi. Et elle restait près de lui jusqu'au petit matin désolée de devoir repartir pour accomplir son devoir en tant que l'"Aurore".
Elle est souvent représentée sur des vases grecs poursuivant de ses assiduités et de son désir Tithon, "le rhapsodiste" de la lyre, qui semble curieusement réticent. Cela ne les empêcha pas, à dire vrai, d'avoir deux enfants (des garçons), Aemathion et Memnon.

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