lundi 8 mars 2010

une société de l'asservissement panoptique : voulons-nous vivre dans un monde de "rats" ?

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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L'asservissement panoptique est un procédé aussi vieux que le monde, et il peut se passer de satellites, même s'il s'en sert parfois.
Il vise à contrôler, contraindre, entraver et asservir autrui par la surveillance visuelle, quasiment en continu et si possible de manière maladroite. Et il est fondé sur une fausse éthique ou même un mépris total de toute morale, et bien entendu des libertés fondamentales qu'il foule rageusement au pied.
Il se connecte très souvent à un maillage très serré par quartier, vieille méthode issue du Moyen-Age, notamment en France. Il n'est donc nullement l'apanage des dictatures ou oligarchies identifiées comme telles.
Quelle est la légitimité de cette méthode ? Très franchement aucune, sinon à la base, un besoin et un souci maladif de l'autre. Car il faut franchement n'avoir rien d'autre à faire pour la pratiquer jour après jour.


Au travail, on peut considérer que les personnes dont ce n'est pas le métier et qui passent leur temps à faire ça, pour elles-mêmes, mais le plus souvent sur ordre, volent littéralement ce temps sur leur temps de travail non effectif. Peut-être tout simplement, leur vrai travail les ennuie-elles, ou le méprisent-elles profondément, pour avoir un besoin irrépressible de ce dérivatif facile, peu honorable et glauque.
Et la pause-cigarette ou "crapottage" prolongée sera souvent l'occasion rêvée d'accomplir cette "fonction" moucharde miteuse. Il faut cependant dire qu'il peut y avoir des "heures sup'" après le travail ou les jours non ouvrables, pour ces personnes qui n'ont aucune vie personnelle ou la trouvent si vide et inutile.
Mais au royaume de la punaise et du cafard, rien n'est trop laid, pour survivre de façon "blafarde".


Cette société sans âme est l'héritière de celle des sombres années 40, où entre deux et trois millions de "bons français ou de bonnes françaises" dénonçèrent allègrement les compatriotes qui avaient l'insigne malheur de les côtoyer ou de les connaître.
Impuissantes dans leur vie, ces personnes ont des pulsions de "tueuses ou de prédatrices de l'ombre", même si le plus souvent elles sont particulièrement visibles à la lueur du soleil : tout le monde ne peut pas être doué.
Cachées dans les angles morts, elles ont des destins de "coins de rue", car elles affectionnent les carrefours, telle la cruelle Hécate à triple tête de lion, de chien et de jument sur un corps de femme de l'antiquité grecque.


Elles souffrent d'"espionnite aiguë" toutes ces personnes qui ne seront jamais Octopussy, ni James Bond.
Et l'on se plaît parfois à rêver d'un vrai retour de la Guerre Froide, "façon" John le Carré, pour qu'elles aient enfin à prendre quelques risques, et à frémir un peu dans leur activité malsaine, ou en allant se coucher.
Car nous vivons malheureusement tous dans une société profondément grincheuse et malade, à la "Tatie Danielle". L'excès de sécurité provoque souvent la plus grande insécurité, un malaise diffus mais non moins réel, et un stress volcanique à provoquer des chaînes d'infarctus du myocarde.


Cette fausse société de la performance pourrit et gâte tout ce qu'elle touche. Elle cherche pernicieusement à "délégitimer" les droits de chacun en nous opposant les uns aux autres. Elle est délétère, sans espoir, et sans avenir.
Son leitmotiv réel est la ségrégation masquée derrière les mots doubles de la "langue de coton", ou les paroles brutales et trompeuses des adeptes du "parler vrai" !
Elle débouche sur l'"apartheid" douloureux et démentiel subi par une partie grandissante de la population, et ce quelle que soit son origine, sa religion, sa couleur, ou même ce qui est de plus en plus "toqué", sa classe sociale quelle qu'elle soit - tant on a tendance à baigner dans un absurde monde de "rats".


Peut-on décemment souhaiter que ce type de société perdure ?
Non, il ne saurait en être question ! Pouah, quelle horreur !
Quelqu'un doit enfin avoir le courage de dire "stop !", et de proclamer souverainement que c'est terminé désormais !
Car cette société "qui marche sur la tête" doit irrémédiablement disparaître, pour laisser place à quelque chose de meilleur, de plus équilibré et de plus sain. C'est l'intérêt de tous et de toutes.
Il y en a marre de cette société de médiocres où les plus minables se font passer pour des "anti-héros" ou des "anti-héroïnes", et squattent les meilleures places, parce qu'ils sont des adeptes de la "peau de banane" sur laquelle ils glissent parfois eux-mêmes inopinément.
Ils ne sont tout simplement rien, point : décidons-le une bonne fois tous ensemble, par Saint Denis et par Saint Jean !

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