mardi 20 avril 2010

Le monde animal en 2010 : y-a-t-il une sourde révolte mondiale contre les Humains ?

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Jusqu'à maintenant, l'homme a toujours considéré normales les paroles de la Genèse, qui lui donnent la suprématie sur les animaux. Et pour ce faire, il invoque la volonté supposée de Dieu, alors qu'il n'y a souvent pas plus darwiniste que lui. Mais qu'en est-il vraiment ? Dieu voulait-il vraiment cela, et ...en tout cas le veut-il toujours aujourd'hui ? Car la Nature, c'est Dieu lui-même, ne l'oublions pas.
On connaît le film d'Alfred Hitchcock, intitulé "Les oiseaux" (1963), avec la fameuse scène du raid de milliers de volatiles sur une école : des oiseaux toujours plus nombreux, et de différentes espèces, attaquent soudainement les héros, Mélanie Daniels (Tippi Hedren) et Mitch Brenner (Rod Taylor) dans la petite ville californienne de Bodega Bay.
Et ces dernières années, des faits similaires se sont vraiment déroulés, sans qu'on en trouve d'explications valables.
En 1994, une suite intitulée "Les oiseaux 2" a d'ailleurs été tournée par Rick Rosenthal pour la télévision. L'actrice Tippi Hedren y joue cette fois-ci un second rôle.
Car on assiste depuis quelques années à des comportements de plus en plus agressifs et concertés, semble-t-il, d'animaux de même type.
Ils ne respectent ni n'obéissent plus au genre humain, qu'il soit représenté par un individu lambda - maître ou non -, un dresseur ou même une dompteuse.

Ainsi en Inde ou en Thaïlande, on parle des "éléphants racketteurs", embusqués dans un col ou une gorge, qui font payer le passage d'une route aux humains avec des sacs de grain ou toute autre nourriture. Il y a encore ces éléphanteaux devenus adultes qui attaquent et piétinent tout un village en bande, pour venger les mauvais traitements infligés par un cornac à leur mère ou à leurs parents : ils se rappellent alors à son bon souvenir en le retrouvant quel que soit l'endroit où il se cache ! Car comme chacun le sait l'éléphant a une excellente mémoire.
Dans l'état du Kerala, du sud-ouest du Deccan, ce sont maintenant plusieurs "Mahouts" (dresseurs), ou carrément des fidèles des temples de Ganesh - ou Ganesha - qui se font tuer chaque mois par des pachydermes en furie, quand ils ne sèment pas la panique dans les trop pétaradantes cérémonies de mariage.
Ganesha, le dieu de la chance, de la prospérité et de l'argent, ne semble plus vouloir être propice. En clair, il ne protège plus forcément tout le monde de la malchance.
En Inde toujours, dans l'Etat d'Uttar Pradesh, les autorités viennent ainsi récemment d'interdire la présence des éléphants dans les temples et de limiter leur rôle à des activités plus encadrées.
Il y a même dans ce pays, ou d'ailleurs dans d'autres dans le monde, des "camps de rééducation" pour "éléphants délinquants".

Que se passe-t-il donc ? Car le vent de la révolte devient mondial et touche d'autres espèces, comme le dauphin, qui se met à attaquer les pêcheurs, ou les touristes qui s'approchent trop près. Et souvent, ce n'est même plus forcément pour protéger sa femelle ou ses petits. Il y a parfois de la hargne et de la colère insupportée dans son regard naguère rieur. Or les dents d'un dauphin (de 45 à 65 paires par mâchoire) valent celles des requins, qu'il peut tout à fait tuer en les éperonnant.
Les orques elles-mêmes qui sont rattachées à la famille des dauphins peuvent s'en prendre dans les parcs d'attraction aquatiques à leur dompteur ou à leur dompteuse. Un accident mortel le 24 février dernier au "Seaworld" d'Orlando en Floride (USA), a ainsi attiré l'attention des médias du monde entier : Tilikum, l'orque multirécidiviste a tué sa dompteuse. Or cette orque mâle de 30 millions de dollars et de 5,4 tonnes pour 7,6 m de long, notamment utilisée pour la reproduction, avait déjà tué une dresseuse précédente en 2005 au même endroit, lacéré à mort un nageur goguenard imprudent en 1999, et noyé une autre dresseuse en 1991. Apparemment, cet animal âgé de 30 ans (il peut vivre 100 ans) est sous le coup d'un stress particulièrement élevé depuis 1991. Peut-être serait-il judicieux à l'avenir d'y prêter attention en évitant les déjeuners publics qui semblent l'agacer, et de faire porter des cheveux courts à la nouvelle dresseuse ou au nouveau dresseur, qu'il a tendance à agripper ?
Rappelons qu'en 2007, l'orque Orky avait également tué sa dresseuse au "Loro Parque" des îles Canaries (Espagne).

Pour aller plus loin, que se passerait-il si les cochons d'Inde (communément appelés "cobayes", parce qu'on s'en sert pour faire des expériences cosmétiques notamment) devenaient à leur tour féroces ?
Leurs petites dents acérées coupent en effet comme des rasoirs.
Qu'adviendrait-il si la Nature reprenait ses droits en s'unissant pour détrôner son ennemi farouche, l'Homme, en une polyphonie de la libération ?
Même l'inoffensif chihuahua pourrait vous attendre au retour du travail tapi dans l'ombre du corridor, plutôt que lové sur le sofa du salon.
On n'en serait plus au rire moqueur des chats siamois, qui selon les moines tibétains, ne cessent de se gausser de l'homme et de ses tordants travers.
Même si nous ne pouvons - ou ne voulons - guère communiquer avec les animaux, eux au contraire communiquent beaucoup et très facilement à notre insu, et au-delà des aspects darwinistes de la prédation auxquels nous réduisons leur vie.
De plus, les animaux ne sont pas aussi prédateurs que ça. Ils ne font que le nécessaire indispensable pour survivre, et se sont tout à fait rendus compte qu'il y avait bien plus prédateur qu'eux !
De même, peut-être en ont-ils assez de boire le calice de l'amertume des Humains, et désirent-ils que ces derniers le boivent eux-mêmes à leur place ?


Dit autrement, les animaux peuvent établir des communications "inter-espèces", alors que l'homme en semble généralement incapable : il a déjà tant de mal à se comprendre avec la sienne propre, lui qui s'autoproclame "génie de la création".
Les oiseaux, les éléphants, les dauphins ou encore d'autres espèces, sont-ils aptes à prendre des décisions concertées à l'instar de l'homme ou de la femme ? Nous ne répondrons pas à cette question, que certain (e) s trouveront absurde par a priori - bien que nous ayons une idée assez claire sur ce point. En fait, nous espérons amener l'être humain à réfléchir à des interactions plus douces et équilibrées avec le monde animal.
Dans cette perspective, il ne faut pas oublier que l'animal a normalement des sens supplémentaires par rapport à l'homme : il capte les infra-sons et les ultra-sons, ainsi que les infra-rouges, peut être nyctalope comme le chat, les félins, voire le chien. Même l'odorat d'un chat, certes moins développé que celui d'un chien, est quarante fois supérieur à celui d'un humain. Egalement, l'animal peut parfois converser à grande distance avec les siens (donc à plusieurs) comme le dauphin ou l'orque, au moyen de son sonar et de son écran internes, étant à la fois émetteurs et récepteurs.

Et c'est justement là qu'est le problème. Car le dauphin par exemple, dont on dit que le QI est supérieur à celui d'un humain, a l'extraordinaire particularité de "télé-transmettre" non seulement des images et des sons, mais encore des sensations, comme le goût (des poissons, des calmars...) ou des odeurs entre autres...voire le ressenti affreux de sa propre mort dans les filets dérivants des pêcheurs ! Et il est clair que pour lui l'homme apparaît de moins en moins comme un ami, mais plutôt sous l'angle de celui qui trahit sa confiance pour le massacrer, d'où la tendance à une nouvelle réaction grégaire inattendue.
Il ne faut pas oublier que ce mammifère supérieur est notamment utilisé par l'armée américaine, pour ses dons justement, et qu'il possède souvent un grade d'officier dans les services de renseignement. Il est donc bien informé. Ses états de service peuvent comporter aussi bien la guerre du Vietnam (1962-1975), que celle du Golfe (1990-1991).

L'Homme n'est sans doute pas au bout de ses surprises avec un monde animal en réalité mal connu - et trop entrevu sous le seul angle de la domestication - , qu'il traite souvent si mal ou de manière inappropriée : car les animaux pourraient bien lui rendre la monnaie de sa pièce, s'ils sentent qu'il ne les aime pas ou se trouvent injustement exploités.
Son seul rempart a résidé jusqu'ici dans les animaux de compagnie, qui peuvent au contraire être chouchoutés à l'excès. Mais beaucoup sont également maltraités ou abandonnés, alors...
Même la Genèse, plus ou moins bien recopiée sur les écrits suméro-babyloniens, avec sa servitude animale n'est plus immuable, les animaux semblant de plus en plus refuser dorénavant cette suprématie humaine qui engendre souffrance inutile et extinction silencieuse !

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