vendredi 22 octobre 2010

Dieu ou le Soleil peuvent être facétieux II : il ne faut pas trop les titiller, ni oublier Vénus !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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L'être humain a un gros problème avec Dieu, mais aussi avec le Soleil, voire Vénus . Il pense vraiment que c'est son esprit qui leur donne une plus grande substance, et que sans lui ils n'ont guère de véritable intérêt, voire presque d'existence valable, ce qui est à la fois présomptueux et ridicule. Par exemple, Dieu n'existe pas seulement parce que nous croirions en lui, mais nous existons parce que lui croit en nous les Humains, du moins jusqu'à maintenant...Car cette conception humaine du créateur est très souvent sensiblement athée dans son mécanisme, ce qui est un comble. Elle dériverait d'une disposition presque neurologique, puisque liée au fonctionnement du cerveau humain. Mais chacun sait que l'être humain est tout ce qu'il y a de plus subjectif, et qu'il croit aisément en des idées soit-disant "raisonnées" qui ne sont fréquemment que des illusions. Or il peut aller très loin pour ces creuses et très prosaïques illusions qui lui donnent souvent la dimension d'une "chose". Egalement, le Soleil qui pourtant n'est pas un leurre, du fait qu'il est à l'origine de toute possibilité de vie sur terre, ne serait qu'un très gros astre passif. Il feint d'ignorer la puissance des tempêtes, des vents, et des flots de plasma solaires, comme si cela pouvait les diminuer. Quant à Vénus ce serait une planète morte, ...aux couleurs pourtant variées et donc si têtue dans son affirmation à exister malgré nous ! Ainsi, la soeur de "l'Etoile bleue" (la Terre), à la rotation exactement inverse, est en train de se rappeler à nous nolens volens - là encore conformément aux lois de l'astrophysique que les Humains ont tendance à nier naïvement.

Hier, un article publié sur Slate.fr, titrait "La fin du monde n'est plus pour 2012 ", ce qui montre qu'on y croit quand même "dur comme fer" sous des dehors persifleurs. Et d'avancer que les écrits mayas auraient mal été décryptés par les Espagnols lors de leur conquête du Nouveau Monde au XVIème siècle, et que la datation serait fausse du fait que depuis 1582 nous sommes dans le système du calendrier grégorien et non plus julien. Pour mémoire, le pape Grégoire XIII (1502-1585) ordonna alors que le jeudi 4 octobre 1582 soit immédiatement suivi du vendredi 15 octobre 1582, afin de rattraper une erreur sur le cours du Soleil de 10 jours depuis l'époque de Jules César (101 - 44 av. J.-C.). La réforme du calendrier ordonnée par Jules César (en 708 de l'ère romaine, soit 45 av. J.-C.), descendant direct de Vénus selon sa biographie d'époque, et grand admirateur du Soleil (Apollon), fut donc abandonnée. Le plus remarquable, dans cette hypothèse récurrente d'erreur de calcul (en juin dernier, Slate faisait déjà passer le 21 décembre 2012 au 23), c'est son imprécision notable. En effet, le nouvel article concernant 2012 avance un écart de 50 à 100 ans, ce qui n'est pas possible. Ou un spécialiste fait un nouveau calcul si possible juste, mais forcément arithmétique, avec un écart ridicule qui ne saurait de toute façon être 50 ni 100 (les cycles du calendrier vénusien des mayas sont de 52 ans), ou on tombe dans la fantaisie d'avancer n'importe quoi parce que 2012 dérange. En fait, Slate n'a tout simplement pas repris son calcul du 23 décembre 2012, qui correspond à son hypothèse de décalage calendaire, en précisant à 8 h 47 du matin !

Il y a deux types de prophéties de Chilam Balam : celles qui sont presque concomitantes avec la venue des Espagnols en 1519 et avertissent l'empereur aztèque Montézuma (1466-1520), et les suivantes auxquelles Slate fait référence sans le savoir, qui lui sont postérieures. Ces dernières ont été rédigées au Mexique dans les deux siècles qui ont suivi la conquête espagnole, en yucatèque avec des mots et une grammaire mayas, mais en caractères latins justement : l'objectif de cette reprise était qu'elles puissent être déchiffrées...afin de faire peur aux Espagnols et à l'Occident chrétien. On se situe donc bien après 1582 et la réforme du calendrier par Grégoire XIII. Il y est rappelé en effet, que la victoire des conquistadors avait été prédite par les prêtres mayas avant leur venue, Hernan Cortès (1485-1547) ayant été identifié confusément avec le dieu Quetzacoatl. Egalement et surtout, on y prévoit la revanche vénusienne sur la civilisation occidentale venant d'Europe certes...mais aussi sur l'évolution future (et dorénavant présente) de la Terre. Et cette revanche dont on ressent déjà les prémisses avec le "réavènement" de l'Amérique Latine via son émergence économique, le cycle "anti-subventions" de Doha initié par le Brésil, un Mexique industrialisé, riche en énergie et assertif, ou le Vénézuela pétrolier d'un Chavez fier de ses racines autochtones, est déjà tout ce qu'il y a de plus perceptible.

Les conquistadors étaient convaincus de leur supériorité militaire entre autre, et ne cherchaient guère à connaître en détail les indiens brutalement soumis, si ce n'est pour leur prendre leur or, leur argent, leurs pierres précieuses...ou leurs mines et leurs richesses. Et il en fut de même au Brésil avec la conquête portugaise. C'est pourquoi, la toute récente épopée des 33 mineurs de San José (Chili) miraculeusement rescapés d'une mine du désert de l'Atacama, situé à 720 mètres sous terre, après deux mois d'efforts d'ingéniérie intense, a stupéfié le monde. La petite cabine utilisée pour remonter les mineurs dans le puits de secours, ressemblait fortement à une cabine spatiale, et les lunettes noires données aux mineurs avaient tout du film "Men in black". Ainsi, la petite ville de Copiapo toute proche est-elle devenue en un temps record une "ville star", en attirant les plus puissants médias de la planète : il n'y a là rien que de plus normal cependant, puisque l'étoile (traduction du mot "star"), est le symbole de Vénus, protectrice de l'Amérique Latine.

L'essentiel des travaux portant sur le calendrier vénusien des mayas - mais des Incas également - s'est fait au XXème siècle, soit sous l'empire du calendrier grégorien. Et les calculs concernant l'après cinquième soleil sont donc tout ce qu'il y a de plus fiable, même s'ils en font frémir quelques uns. Mais il est vrai qu'ils reprennent tout à fait logiquement les prophéties du "Jaguar devin" (sens littéral des mots "Chilam Balam"). Car le mystérieux jaguar est un animal féroce, doté d'une très grande acuité de perception. A cet égard, il peut être utile de rappeler que d'autres prêtres ont prévu la même chose, ceux qui ont pu vivre dans le secret le plus total de la jungle et des cimes nuageuses, complètement ignorés du conquérant espagnol qu'ils observaient silencieusement, dans le site de Machu Picchu (Pérou). Et cet endroit magique et étrange de la vallée du Rio Urubamba, situé près de Cuzco ("le nombril du monde" littéralement) ne fut découvert du ciel et révélé au monde ébahi qu'en 1911, par l'archéologue et homme politique américain Hiram Bingham (1875-1956). Cette date du 21 décembre 2012, concernant la prophétie du cinquième soleil est donc tout à fait juste !

Ce qui est par contre à entrevoir différemment, est sans doute la notion même d'apocalypse que les gens apeurés ont en tête. Une nouvelle fois, ce mot d'origine grecque n'a pas le sens de "fin du monde", ni de "destruction totale". Il n'a jamais voulu dire que "révélation" : il vise la révélation de ce qui était jusqu'alors caché ou ignoré, avec tout l'impact psychologique voire socio-économique que cela implique pour l'historicité et la géographie du monde entier, il est vrai. Car pour qu'un nouveau monde se révèle, il faut bien que l'ancien disparaisse dans les nimbes du passé. Il s'agirait donc tout au plus de "la fin d'un monde" : tout un chacun peut d'ailleurs déjà l'observer quotidiennement avec les préoccupations écologiques ou désormais politiques et internationales pour la survie de la planète. C'est donc bien de maintenant qu'il s'agit. Et il n'y rien de plus actuel en fait même pour "nos devins modernes", les prévisionnistes ou les spécialistes de la prospective !


L'induction qui est à l'origine du glissement sémantique du mot apocalypse, est accentuée par la croyance diffuse ou inquiète aux "144 000 élus". Là où les gens font erreur, c'est sans doute sur l'idée que ces 144 000, forcément des humains - qui plus est "auto-élus"-, seront visés par un sauvetage de Dieu. Car 144 désigne bibliquement le chiffre de l'ange, et a un rapport étroit avec les Néphilim, Anakim, Rephaïm ou autres dénominations dont parle la Genèse et le livre intitulé Nombres justement.
Que penser de tout cela, sinon que l'épilogue va de toute façon venir très vite, et que nous serons tous alors fixés...à moins d'attendre un nouveau message d'espérance inattendue du "Serpent à plumes" - Quetzalcoatl -, des "Chevaliers-Aigles" de l'Amérique précolombienne.

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