lundi 18 octobre 2010

La théorie du sablier et la contre-théorie de "la contorsion hissante" : la victoire du mentalisme !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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La théorie du sablier est souvent citée par les sociologues behavioristes ou les adeptes ultra-libéraux du management. Elle semble contredire celle de l'organisation pyramidale de la société, même si en fait elle ne fait que la conforter. En haut, il y aurait les élites, en bas le peuple, et au milieu dans la partie la plus étroite du sablier, les classes moyennes ou les échelons intermédiaires voués à l'écrasement, ne serait-ce que par la forme même du sablier. C'est la position du milieu qui serait la plus difficile à tenir. De fait, le sable s'écoulant de haut en bas, il y aurait une tendance naturelle à la chute ou à la glissade plus qu'à l'ascension, d'où l'idée inexorable de "déclassement social", même s'il reste possible de faire le contraire en saisissant le bon moment. Car perçue sous un angle diamétralement opposé, on peut considérer au contraire qu'une partie médiane plus resserrée et étroite peut faire "marchepied" pour grimper.

Dans cette perspective, notre contre-théorie de "la contorsion hissante" part de l'axiome selon lequel il est toujours possible de dépasser l'esprit humain forcément limité - ou plus ou moins volontairement limitant. Vu de façon plus terre à terre, ce n'est le plus souvent qu'un simple constat.
En effet, l'homme (ou la femme d'ailleurs) est un être essentiellement binaire, et sa logique est idoine. Il s'enferme assez facilement dans des manières de voir qui ont une forte tendance à le piéger dans de faux raisonnements, car il adore les spéculations et les discussions byzantines. Il voit le point, mais pas le trait ni ce qui l'entoure - ou le regarde avec amusement.
Pour reprendre l'image du sablier, il faut bien constater que la vitesse d'écoulement du sable n'est pas uniforme, et qu'elle diminue grandement au fil du déroulement du processus. Par ailleurs, lorsque le sable s'est écoulé vers le bas, il devient particulièrement facile de prendre appui sur la partie basse, pour se hisser sans obstacle vers le haut, par des mouvements souples et amples, d'où l'idée de contorsion hissante.

Il suffit donc de penser créativement pour contourner aisément et patiemment ce qu'a pu concevoir un esprit humain. Car il ne pense généralement que de haut en bas, rarement le contraire, ou de façon latérale de gauche à droite, mais guère dans d'autres sens. A ce niveau, l'expérience peut devenir ludique et très amusante.
Appliquée à l'économie, qui fonctionne par essence sur la liberté tendancielle des flux (les entraver sans réfléchir peut engendrer des crises plus ou moins graves), la contre-théorie de "la contorsion hissante", tient presque de la danse.
Il faut donc être capable de réaliser des "figures" de style, ou des mouvements dynamiques, le tout sans hésitation - rendue inutile. L'avantage, c'est qu'on peut danser à deux, ou à plusieurs. Et être au moins en binôme est même mieux pour la suite, pour se faire la courte échelle entre autres : ainsi, on peut joindre l'utile à l'agréable.
Cette contre-théorie fait la part belle à notre mentalisme, en prenant bien conscience des multiples dépassements possibles de ce qu'a pu concevoir l'être humain - aux conceptions souvent monistes et étroites.

Ce qui semble nous limiter et nous contraindre, est parfois au contraire ce qui va nous permettre le libre passage, dans une perspective inversée d'utilisation maximale de l'environnement, et ce quelle que soit sa nature. Car notre liberté d'action réside dans le fait de lui assigner une "contre-fonction inusitée" jusqu'alors, en tant que créateur de notre propre monde mental. Et ce qui aurait pu être une défaite à l'échelle humaine devient alors une grande victoire du mentalisme.
De même, un sablier peut être positionné horizontalement, et pas forcément verticalement, en permettant le passage dans les deux sens, mais il est vrai que l'on touche là davantage au monde de la physique, avec sa zone intermédiaire de circulation ou de contact (sorte de "sas"), entre deux univers situés en parallèle.
Et à titre de stimulation pour l'esprit, nous dirons simplement qu'il est très naïf de la part des Humains qui vivent dans un monde déjà au moins tridimensionnel, de penser que l'univers ne puisse paradoxalement n'avoir qu'une dimension, et soit donc moins passionnant et moins étonnant que dans sa vraie réalité !...

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