lundi 7 février 2011

Fourberie-sur-Seine V : les détours malicieux de la société qui se conspue !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

________________________


Tous les jours, à Fourberie-sur-Seine, nous sommes littéralement "bombardés" par des messages subliminaux, pas uniquement publicitaires, fondés sur des assertions tranchées. Car c'est le seul langage que notre subconscient reconnaît et assimile instantanément. Et la vérité n'a rien à voir là-dedans. C'est en quelque sorte le défaut de fabrication humain. En effet, le travers presqu'automatique de l'esprit humain est de compléter la ou les phrases qui se terminent par des pointillés...car il a peur du vide - la demeure primordiale de Dieu. Cela l'angoisse au plus haut point. Il lui faut donc à tout prix se rassurer de cette manière qui le transforme un peu en "automate" malgré lui.
Parallèlement, l'objectif de nos grands orateurs - ou même de nos petits de la vie quotidienne -, est presque systématiquement le lobe occipital, siège du subconscient - de ceux ou celles qui l'écoutent, et également leur cerveau limbique (le cerveau affectif), et fort rarement leur cerveau cortical (celui qui raisonne, analyse et critique).
Pour éviter le brouillage des idées opposées ou différentes, qui font automatiquement et nécessairement appel à notre "conscient" cette fois-ci, il est recouru à une astuce suprême : le "non-sequitur". Mot à mot il désigne "ce qui ne se suit pas", mais qui en l'occurence va quand même se suivre, en empruntant le détour du "canal analogique". Il n'y a aucun vrai lien entre les prémisses et la conclusion, mais ce qui importe c'est que nous comblions de nous-même instinctivement les "trous".

Le processus s'appuie sur le fonctionnement interne de l'homme ou de la femme, qui croient à ce qui est dit avec suffisamment de force: cela bloque leur lobe occipital. De fait, c'est une réaction physique provoquée par les ondes sonores qui se propagent dans leur cerveau avec la fulgurance d'un tsunami. Or personne ne peut lutter contre un tsunami.
Le célèbre philosophe écossais David Hume (1711-1776) avait compris cela en critiquant la notion de causalité, et en attaquant frontalement les non-sequitur. Sa théorie qui est en fait une méthode de liberté, en détend les ressorts cachés en les émoussant presque complètement.
Hume était ainsi l'anti-Descartes (1596-1650), avec son scepticisme radical quant aux "perceptions de l'esprit". On le considère en effet comme le fondateur de l'empirisme moderne, et de ce qui allait devenir la phénoménologie.

Hume distingue clairement causalité, ressemblance et contiguïté. Il se défie singulièrement des idées supposées générales, dérivées selon lui d'impressions pas réellement objectives. Pour lui, l'homme a tendance à rajouter du sens à ce qui n'en a pas forcément, voire à donner un sens différent à travers la généralisation de la pensée. Ainsi à la notion de causalité, il a tendance à substituer celle de probabilité. Il insiste sur le fait que notre instinct de l'habitude nous entraîne à considérer un peu rapidement que le futur doit ressembler au passé par nécessité logique, en nous appuyant sur le postulat de l'induction.

L'individu qui veut être libre et penser de même doit donc développer un sens de l'attention particulièrement aiguisé, prompt et actif. Avec l'habitude, il se rend vite compte du défaut de la cuirasse chez l'utilisateur (ou l'utilisatrice) des non-sequitur qu'on lui assène, et peut le pointer ou le mettre en échec avec succès.
Les logiques concentriques de type slave ou circulaires comme la logique polonaise inverse en mathématique empruntent beaucoup à Hume sans le savoir. Elles peuvent perturber complètement les utilisateurs ou utilisatrices habituels de "non-sequitur". On sort ainsi de la "pensée-capuchon", qui joue clairement le rôle d'oeillères.

A cet égard, le vrai paradoxe de Fourberie-sur-Seine réside pourtant dans une attitude sociétale visant presque maladivement à se débarrasser de ses valeurs. Cette société ne s'aime pas, et elle cherche donc fondamentalement à se renouveler... quitte à détruire son socle, plus ou moins consciemment. Elle veut gagner à tout prix, ...même celle de sa disparition finale qu'elle semble elle-même avoir quasiment "programmée".
La société de Fourberie-sur-Seine se conspue car elle se méprise profondément. Elle a souvent honte de ce qu'elle fait avec ses protagonistes, mais elle le fait quand même. C'est la raison profonde du diktat de l'urgence qui s'impose presque toujours, de façon un peu absurde et peu raisonnable. Le danger de cette méthode assez suicidaire est d'engendrer un "véritable casse-tête" pluridécennal, un nouveau "Léviathan" sociétal.

Cependant tous ces détours malicieux engendrent une profonde culpabilité latente, ce qui n'est pas sans dommages. En effet, l'autre pendant de cette société fourbe est bien la honte qu'elle ressent, dans presque tout ce qu'elle fait ou génère...surtout quand ça dégénère. Et cela arrive souvent. Elle truque, ment, altère, et désinforme sans vergogne. Son leitmotiv est : "Qui veut la fin, veut les moyens". Et ensuite, elle a le culot de jouer les "hyper-moralistes", notamment avec ceux ou celles qui ont compris que l'on se moquait du monde. Elle s'appuie sur une représentation ou une représentativité assez fausse de la population, mais qui peut se montrer particulièrement agressive et vindicative à l'occasion -non sans effet boomerang immédiat et inattendu. Car nul ne doit savoir qu'elle a honte d'elle-même et se sent si ridicule, pour ne pas perdre ses adhérents ni la manne financière qu'ils apportent !

La société de Fourberie-sur-Seine n'aime pas, mais alors pas du tout son propre reflet. Ce n'est pas "Miroir, miroir dis-moi que je suis la plus belle !" Au contraire, c'est " Surtout tais-toi et regarde ailleurs, sinon fais gaffe à tes oreilles !" Or pour son malheur, son grand problème réside dans ce qu'elle a elle-même des oreilles qui peuvent être "taillées en pointe". De toute façon, elle n'est nullement isolée du reste du monde, avec son symbole de la nef d'Isis, qui flotte mais ne coule pas jusqu'à maintenant. Ne se voulait-elle pas la "capitale du monde" par reflet égyptien ?! Or pour une fois, il est tout à fait possible que son voeu soit entendu, mais uniquement quant à un reflet égyptien non attendu !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire