dimanche 28 août 2011

Le bonjour d'Alexandre (356-323 av. J.-C.) : la chevauchée épique continue !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique
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La Grèce sera très problement sauvée du marasme financier par la Chine, bien plus que par l'Europe à laquelle elle appartient pourtant. Cela se fera certainement en mémoire des premiers rapports - pacifiques - entretenus il y a plus de 2 300 ans entre Alexandre le Grand (356 - 323 av. J.-C.), extrêmement admiré en Chine encore aujourd'hui, et le roi de X'ian.
La Chine n'acceptera sans doute pas la chute la Grèce, "mère" de l'Occident, ni son humiliation par les Occidentaux eux-mêmes. Elle l'aidera donc vraisemblablement à se relever pour restaurer la mémoire de ce qui fut. La grandeur d'Alexandre et celle de la Grèce ne mourront pas, il ne saurait en être question : c'est très clair. C'est Hermès, le dieu-messager de l'Olympe aux sandales ailées qui l'a dit !

Le grand rêve de fraternité humaine d'Alexandre le Grand ne mourra pas. La chevauchée épique de ce grand conquérant continue, par delà l'espace et le temps. Et son "soleil bleu" spiralé est bien vivant quant à lui. Il inspire toujours le monde, qu'il s'agisse de cet antique allié que fut le "pays des soyeux" (la Chine), ou de contrées de son ancien et vaste empire comme ceux du Golfe Persique, à l'instar du Qatar. Ce dernier vient en effet de soutenir la fusion d'Eurobank et d'Alphabank, respectivement deuxième et troisième banques du pays. Grâce à un fonds Qatari, en effet, ce projet de création de la plus importante banque des Balkans peut voir le jour, pour une prise de participation minoritaire qui pourrait atteindre 16%.

Alexandre le Grand régnait aussi sur la Libye (dénomination générique des géographes grecs pour l'Afrique), entre autres zones conquises. De nos jours, en Afrique justement, "le masque de fer" des droits de l'homme mis en avant par l'Occident ne convainc pas tout le monde. Beaucoup craignent la mise en place de nouveaux "protectorats", façon "Cyrénaïque italienne" (1912-1947). Car les "révolutions arabes" ne paraissent pas perdues pour tous, singulièrement en Libye pour ceux qui sont à l'affût des grands contrats liés à la reconstruction et à la remise en route des raffineries de pétrole. Mais la façon subtile dont Mouammar Khadafi (né à Syrte en 1942) a su s'esquiver du pouvoir et de son bunker, aux alentours des 21 ou 22 août derniers, pour peut-être mener une guerre "inversée", n'est pas forcément le gage de succès garantis dans un pays non apaisé.

La mystérieuse opération de l'Occident, baptisée "Sirène" - en fait peut-être "Cyrène " -, qu'on donne plutôt comme terrestre, a entraîné la chute de Tripoli, mais n'a pas permis pour l'heure de capturer le furtif colonel, ni d'ailleurs de garder prisonnier son héritier familial et politique, Saif Al Islam Khadafi (né en 1972). Peut-être vaudrait-il mieux s'adresser, à l'instar d'Alexandre en son temps, à l'oracle de Siwa (Libye), pour savoir où ils sont exactement et ce qu'ils font ? Le côté rusé et fantasque du Guide, souvent décrit comme cruel, chez qui la force du discours demeure présente, restera sans doute marquant dans l'histoire face à des rebelles considérés comme assez peu doués pour l'art militaire. Pour ce qui est du nouveau gouvernement, celui du C.N.T. (Conseil National de Transition), il faudra voir avant de juger, même si l'exemplarité en matière de respect des droits de l'homme s'imposera d'autant plus. Le moins évident va certainement être de tenter une réconciliation nationale, alors que Syrte, loyaliste, n'est pas du tout tombée et n'a pas encore répondu à l'ultimatum du CNT qui expire samedi.

Il est toutefois certain que le rôle de l'Occident en Libye va être tout à fait prédominant. Il faut débloquer les fonds libyens gelés pour le CNT, mettre en place toute une superstructure gouvernementale en attendant le vote d'une nouvelle constitution et la tenue d'élections, restaurer les administrations, former de nouvelles forces de sécurité, éviter qu'un autre conflit n'éclate inopinément avec l'Algérie qui n'a pas encore reconnu le CNT, etc.
La France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada quant à eux vont faire oeuvre d'ouverture envers les pays qui n'ont pas participé à la campagne militaire, à l'occasion de la "Conférence des amis de la Libye" de Paris du 1er septembre prochain. Cela concernera surtout la Chine et la Russie qui entendent préserver leurs intérêts, mais également l'Allemagne qui porte un grand projet spécifique, "Désertec"(pour l'exportation d'énergie électrique de toute l'Afrique saharienne, et également du Moyen-Orient).



De la Basilique Saint Marc de Venise (Italie), où son corps repose peut-être en lieu et place de Saint Marc depuis sa "translation-imbroglio" d'Alexandrie (Egypte) en 828, Alexandre le Grand pourrait contempler le monde avec sa vision de plus grand stratège de l'Antiquité.
Le chaos présent serait peut-être pour lui quelque chose de très cohérent au contraire. Ne pourrait-il résonner comme un écho antique de son mystérieux et royal appel à un héritier resté sous les ombres du temps présent ? Alalalalai ! Alalalalai ! Alalalalai !

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