lundi 19 septembre 2011

Par Zeus, Poséidon et Hadès : l'aquatique triplicité de l'Olympe refait surface !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Zeus (Jupiter) est le souverain des dieux et maître de l'Olympe. Il est célèbre pour ses colères, qui peuvent parfois s'apaiser soudainement.
Poséidon (Neptune), son frère, règne sur les flots et tout ce qui est aquatique. Les tempêtes de toute nature, quand elles ne procèdent pas directement de son aîné, maître de la foudre et des éclairs, sont gouvernées par lui. Il peut donc déclencher ouragans et raz-de-marée. Son visage lui est d'ailleurs si ressemblant, que souvent on les prend l'un pour l'autre.
Hadès, qui est laid quant à lui, est le maître des Enfers, divisés entre le Tartare et l'Erèbe : ils ont pour confins les "Champs Elysées" à l'Occident, réservés quant à eux aux bienheureux. Ce troisième dieu commande aux volcans et à l'activité tellurique, parfois sous-marine d'ailleurs. Il ambitionne secrètement de prendre le pouvoir de Zeus : il a déjà essayé une fois lors de la révolte des hommes dirigée par le roi d'Argos. Et il s'en est fallu d'un cheveu qu'il y parvienne. Mais c'était sans compter avec l'intervention assez involontaire et pourtant contraire au départ de Persée, fils de Danaé et de Zeus, qui avait pris le parti des hommes. Mais il est vrai qu'il bénéficia de la drachme d'or de ce dernier pour payer Charon, et aller décapiter Méduse dans les Enfers. Finalement d'ailleurs, Persée put vaincre le "cracken" en le pétrifiant avec l'horrible face de Méduse : il s'agissait d'un redoutable monstre marin façon "Léviathan" qu'Hadès avait libéré, avec l'autorisation de Zeus, pour punir les Humain (e) s impies. A la fin de cette épopée, et grâce à Persée, il devint soudainement évident à Zeus qu'Hadès préparait un coup de force contre lui une fois la révolte humaine résolue. Mais son plan échoua in fine et Zeus l'avait désormais à l'oeil. Hadès prend le nom de Pluton (Pluto) chez les Romains, d'où dérive le terme de ploutocratrie pour désigner le gouvernement de la richesse. Mais en ce domaine également, Zeus possède un pouvoir d'action foudroyant, en tant que roi des dieux.

A eux trois, Zeus, Poséidon, et Hadès forment donc l'aquatique triplicité, et étendent clairement leur puissance à la Terre entière. C'est d'ailleurs pour cela qu'on fait aussi référence à ce qui se trouve au-delà du Caucase dans cette mythologie. Vu sous cet angle, la mythologie gréco-romaine apparaît comme intrinsèquement liée à la vie quotidienne des êtres humains sur la Terre. Les interactions olympiennes n'y sont d'ailleurs jamais considérées comme anodines ou neutres, ce qui paraîtrait absurde. Et paradoxalement, la puissance qui en ressort serait d'autant plus grande que l'on n'y croit plus de nos jours. Lorsque les hommes et les femmes n'honorèrent plus les dieux de l'Olympe dans la haute Antiquité, en voulant une fois pour toutes s'abstraire de leur pouvoir, ils partaient d'une idée simple soufflée par Hadès : le pouvoir des Dieux disparaîtra si l'on ne croit plus en eux. Leur idée était en effet que seule leur foi irréfléchie alimentait leur puissance, et leur donnait vie. Tout partait donc de la naïveté des humain (e) s et de leur besoin inné de croire. Mais ce n'était qu'un piège habile d'Hadès pour prendre le pouvoir de Zeus. Et, dans la mythologie gréco-romaine, c'est exactement le contraire qui s'avéra vrai, pour la plus grande humilité des êtres humains. Car, après l'épisode du combat entre Persée et le "cracken", la paix et l'ordre divins revinrent sur le monde. Les préoccupations divines auraient donc une correspondance avec celles plus terrestres des humain (e) s, même si elles semblent très prosaïques. Cela laisse songeur, au moment où tous les yeux sont braqués sur la Grèce et l'Italie justement.

L'aliment ou le breuvage qui assurait l'immortalité aux dieux de l'Olympe était l'ambroisie, qui venait de la partie la plus éloignée de l'Occident. Elle pouvait être aussi bien solide que liquide apparemment. On ne sait pas trop ce que cela désignait puisqu'en lui-même ce terme d'origine grecque signifie seulement "immortel". On pense que la boisson était fermentée, et sucrée comme le miel, et garantissait de toute maladie et de toute blessure. Cela fait d'ailleurs penser au soma iranien, dont parlait Zarathoustra, le fondateur de la religion mazdéenne. Au Moyen-Age, on a essayé d'imiter ce breuvage avec l'hydromel, mais il ne fait que s'en approcher. Les déesses grecques utilisaient également l'ambroisie pour se faire belles et plaisantes. En tout état de cause, Zeus et les siens n'étaient pas des tristes. Les dieux et les déesses savouraient ainsi le nectar et l'ambroisie à l'occasion de la réunion de leur grand conseil par Zeus, dans une ambiance plutôt joyeuse et festive : Zeus y tenait par dessus tout, pour oublier quelques éclats de voix parfois inévitables avec ses frères. Très logiquement, le conseil des dieux se tenait sur le mont Olympe en Grèce.
Ce mont très embrumé à certains moments de la journée, ne redouterait pas les brumes nordiques. Elles ne feraient que se mélanger à celles de l'Empyrée. Et de toute manière, l'aquatique triplicité a toujours protégé la Grèce (Hellas) ou l'Italie (Italia) et leurs dignes héritiers, même si c'est de façon singulière, étrange, et assez inopinée : elle sait refaire surface si les circonstances l'exigent en apportant ses solutions inédites, auxquelles nul n'aurait pensé. Une goutte d'eau gelée peut faire éclater la roche qui la maintient prisonnière !



La mythologie gréco-romaine contient de puissantes allégories qui sont autant d'archétypes pour tous les hommes et toutes les femmes. Ces représentations mentales rendraient les choses plus fluides, et donc plus liquides en quelque sorte.

L'aquatique triplicité de Zeus, Poséidon et Hadès, recèle bien des mystères qui n'ont jamais été révélés au profane. Tout comme dans les Mystères d'Eleusis, leurs mots les plus sacrés sont "Konx Ompax !"

Zeus, le souverain suprême de l'Olympe, ne cherche pas spécialement à susciter un nouveau Léviathan, façon "cracken". S'il le faisait, il s'adresserait d'ailleurs plutôt à Poséidon qu'à Hadès dont il n'a pas oublié la sournoiserie. Laissez-les dire que même les Enfers n'échapperaient plus alors à son pouvoir d'action foudroyant et ultime !

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