lundi 12 septembre 2011

Un monde en collision : entre le cocasse et la tragi-comédie !

par Jean-Jacques COURTEY, Docteur en Géographie Economique

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Souvent dans les vies terrestres, le conflit avec le cosmos est le grand oublié.
On trouve davantage de conflits internes, interpersonnels ou à vocation globale.
Le premier n'est rappelé qu'incidemment du fait de son caractère hautement improbable.
En ce moment par exemple, un satellite de la NASA nommé "UARS" (Upper Atmosphere Research Satellite) lancé en 1991 - dont on a perdu le contrôle parce qu'il ne dispose plus de carburant pour le mouvoir à distance -, erre au-dessus de nos têtes dans l'attente de chuter quelque part. On ne sait pas où exactement, puisqu'il faudra attendre fin septembre ou début octobre semble-t-il, pour le savoir...deux heures avant seulement ! De toute façon, le risque de collision d'un débris de ce satellite d'environ 10 mètres de long et d'un poids de 6 tonnes avec nos têtes, n'est que d'une chance sur 3200 selon la NASA. Ce n'est pas vraiment rien, mais normalement ce type de débris a la politesse "cosmique" de tomber dans une zone tout à fait inhabitée de la Terre !
Car jusqu'à maintenant, le cosmos s'est montré suffisamment courtois pour ne pas dépouiller l'homme ou la femme de la rue de leur monde ordinaire.
Cela serait dû au fait qu'ils n'occupent que 10% de la surface de la planète, malgré leur propension à s'étendre partout où ils le peuvent.

La toute puissance de l'être humain sur le monde terrestre n'est que très rarement remise en question. Ce qu'il ne perçoit pas n'existe tout simplement pas. Et sans doute est-ce mieux ainsi finalement. Sinon il passerait son temps à vivre dans le tragique en s'angoissant pour la disparition des étoiles, trop de nuits sans Lune, ou les facéties calorifiques d'un Soleil farceur.
Même le tourbillon austral en S de Vénus l'indiffèrerait, s'il ignorait totalement les fraîcheurs soudaines qu'il provoque.
Pour l'être humain, tout est toujours sous contrôle en ce monde où rien ne lui obéit vraiment.
Grâce à son raisonnement très terre à terre, il arrive à réduire à des évidences très prosaïques les incongruités cosmiques. Que des étoiles qui ne devraient pas être là ou que des astres cachés coexistent contre toute logique - sa logique limitative bien sûr -, ne saurait l'étonner puisqu'il ne le sait pas. Il serait juste à côté d'un trou noir qu'il ne s'en rendrait même pas compte, tant il est insouciant. Gaiement, il va en sifflotant vers un destin où il lui semble avoir tout planifié. "Singing in the rain !"

Ainsi, l'homme (ou la femme) peuvent apparaître comme des êtres particulièrement cocasses dans la relative inconscience qu'ils ont de l'univers qui les baigne. Tels des enfants espiègles, ils jouent avec les règles du cosmos qu'ils ne connaissent pas.
Les Gaulois ne craignaient, paraît-il, qu'une seule chose : que le ciel leur tombe sur la tête ! On en a eu connaissance par les Romains, leurs ennemis, qui se moquaient d'eux avant de les soumettre par la force militaire du dieu Mars. Contrairement à ce que l'on entend souvent, les Gaulois avaient bien une écriture, mais elle reste l'affaire d'érudits en quête de déchiffrage d'artefacts celtiques.
C'est pourquoi le druidisme, par le peu qui nous en est parvenu sous ses aspects plus ou moins civilisés, visait à éviter cette chute du ciel par tous les moyens. La cueillette magique du gui avec la serpe d'or et les cérémonies champêtres, l'invocation du dieu Cernunnos ou de la déesse Epona, visaient surtout à se rendre le ciel propice, pour le Grand Celtique. La déesse de la fécondité Sequana protégeait même une petite flaque d'eau à Alise Sainte Reine en Bourgogne, qui en se mêlant à d'autres flaques grossissait tellement par monts et par vaux en arrivant sur Lutèce (Paris), qu'on lui donna son nom, devenu la Seine.




L'un des bons points de l'être humain reste tout de même sa grande curiosité, et peut-être également sa capacité d'humour.
Il tâtonne souvent, mais même en tâtonnant on peut arriver à trouver des éléments de connaissance dignes de valeur, en semblant jouer parfois.

Egalement, son sens de l'extrapolation, lorsqu'il n'est pas inutilement freiné ou amoindri, lui permet tout autant de s'évader joyeusement que d'établir des hypothèses audacieuses. Il en fait alors rêver plus d'un (e) dans la tragi-comédie de la vie.

Le grand changement de notre époque, c'est sans doute qu'elle est enfin prête à accepter et à accueillir de nouvelles idées, ne serait-ce que pour résoudre ses problèmes autrement insolubles. Et ce déclic actuel est certainement l'amorce de quelque chose de fondamentalement nouveau, avec les craintes certes, mais aussi tous les espoirs que cela autorise !

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